- Andrea Borgarello – Greek Crisis
Quelques photos de la crise grecque, qui touche les vrais gens IRL
- bartaz/impress.js
Pour réaliser des slides comme Prezi mais en HTML5 / CSS3 via une lib.
(via Korben)
Monthly Archives: June 2012
Mes trouvailles du jour : 28 June 2012
- Diem CMF/CMS Core – Widgets – Diem Project Community
Comment définir des widgets 100% custom dans le CMF Diem.
- Les banquiers détestent l’Islande | Bakchich
Un retour sur les dernières décisions _démocratiques_ en Islande.
Un exemple à suivre, le point de départ indispensable reste : convocation d’une assemblée constituante dont les représentants sont tirés au sort (et ne sont surement pas les élus et oligarques de ce jour) - Alzheimer: quatre médicaments à oublier | Slate
Pour en savoir plus sur le fonctionnement des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM), regardez l’excellent documentaire : les médicamenteurs
- The Ultimate Useless Machine – YouTube
Génialissime, il m’en faut une !
Disponible en kit ou directement montée ici :
http://frivolousengineering.com/?page_id=750 - 20 Things I Should Have Known at 20
20 conseils de vie. Certains points sont tout à fait intéressants, d’autres un peu plus discutables à mon goût.
- Google présente Android 4.1, la Nexus 7, le Nexus Q, les Google Glass…
Google est vraiment en train de devenir le Buy’N Large de Wall-e…
Mes trouvailles du jour : 27 June 2012
- Mme Figaro donne son nom à son blog, Madame Figaro menace | Rue89 Eco
Putain de droit des marques, droit des société, droit de la connerie oui !
- AnonBin
De la lecture pour cet été…
(via http://sebsauvage.net) - Game Boy – lëkki
Des gameboys remasterisées 🙂
Back to the past ! - Adminer – Database management in single PHP file
Le remplaçant ultra light de phpMyAdmin (et en plus compatible Mysql, PostGre, SQLite, MSSql !)
(via http://www.sebsauvage.net) - Prestashop – Mise à jour automatique des stocks
Comment mettre à jour automatiquement des stocks via import automatisé dans Prestashop
- Intermarché épinglé pour publicité mensongère et greenwashing – Bioaddict
Bravo Intermarché ! Vraiment, c’est superbe… Quand vous voudrez bien cessez de prendre les consommateurs pour des cons, vous nous passez un coup de fil ?
Paf, pris la main dans le filet pour leur chalutage en eaux profondes :
– parasitage de logo (pour qu’il ressemble au logo de pèche durable)
– faut débat non scientifique
– brouillage de l’opinion
– auto-label non transparent et non vérifiable
– … - Souscription d’Acrimed : le compte n’y est pas ! – Acrimed | Action Critique Médias
Acrimed (Action-Critique-Médias) a besoin du soutien de ses lecteurs.
Du journalisme critique de qualité, toujours intéressant en ces temps de ligne éditoriale unique (croissance, chômage, pédophile, foot, people, politweeq, …) - Banni de la page d’OLF pour… argumentaire ? – Le cancre est là
Rien de pire que la négation du début par la censure.
Pourtant ce sujet (la prostitution), toujours sensible, mérite largement d’être débattu, les arguments avancés sont très intéressants.
(via http://aldarone.fr) - Religious circumcision of kids a crime – German court — RT
Enfin… il était temps ! On va voir la montée au créneau des lobbies musulmans et juifs, ça ne devrait pas traîner.
(via http://sebsauvage.net) - How do I add an empty directory to a git repository – Stack Overflow
versionner un répertoire sans contenu sous Git
- Asus EeePC 1015CX : Un 10 pouces Ubuntu à 229€ blogeee.net
Les ultra-portables avec Ubuntu sont de retour…
Dégoûté de Windows et de ses contraintes débiles imposées (taille disque maxi, mémoire maxi, etc.) ?
Conclusion du G20
Retour sur le dernier G20. Oui vous savez, le sommet qui réunit les hommes politiques des pays qui représente 90% du PIB mondial. Du lourd, du très lourd…
Olivier Berruyer et plusieurs lecteurs ont traduit le communiqué final du G20 et le plan d’action.
Le résultat est téléchargeable sur son blog : http://www.les-crises.fr/communique-final-du-g20-2012
Voici quelques pépites morceaux de montagne contenus dans ce compte rendu ultra high level :
- Les membres du G20 s’assureront que la production de pétrole suive la niveau de la demande du côté des pays producteurs
Alors là, c’est du super lourd. Oui parce qu’en 2012, ne toujours pas avoir compris que le pic pétrolier était passé (ou en plein dedans) et qu’il allait falloir s’organiser avec de moins en moins d’énergie fossile est tout simplement hallucinant. N’y a-t-il pas des conseillers ? Au moins un gars pour relire et éviter ce genre d’absurdité totale ? Pour rappel, le stock de pétrole, c’est comme une vessie (à usage unique), une fois que vous avez fini d’uriner, vous avez beau forcer, y a plus de pipi qui sort. C’est plus clair comme ça ? Le pétrole c’est pareil… Pour rappel, les humains consomment par leurs activités 84 millions de baril de pétrole… par jour, soit le modeste volume de 13,5 milliards de litre… par jour !
- Nous continuerons de nous concentrer sur des mesures visant à accélérer le rythme de la reprise de l’emploi et de la réduction du chômage
Ça ne mange pas de pain de le dire, mais en pratique ça donne quoi ? Ah oui, c’est détaillé juste ensuite… Toujours du mega fat, 2000% des Apports Journaliers Recommandés.
- Nous sommes fermement engagés à libéraliser le commerce et l’investissement, l’expansion des marchés et à résister au protectionnisme sous toutes ses formes, qui sont des conditions nécessaires pour la reprise économique mondiale soutenue, des emplois et le développement
Bon alors les gars, réunion au sommet ! Pour info, on a un chômage de masse qui explose, tous les indicateurs sont au rouge, mais clairement, je vous propose pour améliorer la situation de… continuer comme on fait depuis 30 ans ! Ça ne fonctionne clairement pas, on a gratté un max de libertés individuelles, on a rogné partout où on pouvait le droit du travail, on a bien précarisé les habitants, chacun est devenu un consommateur avant d’être un citoyen responsable, on a mis un système d’esclavagisme moderne via les pays émergents, on a bouffé toutes les ressources de la planète, … Mais ce n’est pas grave, de toutes les façons ne vous inquiétez pas, le marché s’auto-régule !
Allez, rendez-vous au prochain sommet !
Procès des Déboulonneurs de pub : et la liberté de (non) réception ?
Sauvegarde de cet article du monde
Le Monde.fr | • Mis à jour le
Par Guillaume Dumas, Mehdi
Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth,
chercheurs en sciences cognitives et sociales
“Il serait inique que des barbouilleurs animés par un esprit
civique de dépollution des images soient poursuivis et condamnés, alors
que tant d’ignominies dues à la recherche du profit maximum sont
tolérées.” Edgar Morin.
Le 3 avril, huit personnes du collectif “les Déboulonneurs” comparaissaient à la chambre d’appel correctionnelle de Paris pour avoir barbouillé des panneaux publicitaires. Lors du procès,
le réquisitoire du procureur a largement reposé sur l’argument d’une
atteinte à la liberté d’expression des annonceurs. Le jugement devant
être rendu mardi 26 juin, il nous est apparu urgent de rappeler
les éléments montrant que la publicité, par ses mécanismes mêmes, porte
atteinte à certaines libertés de l’individu et qu’elle peut avoir des effets nocifs sur la société en termes de santé publique (surcharge cognitive, stress, obésité…).
Les sciences cognitives et sociales (neurosciences, psychologie et sociologie notamment), disciplines dont nous relevons, tendent à montrer
que la publicité biaise nos comportements les plus automatiques, y
compris de façon inconsciente. Et si l’émergence des techniques
d’exploration du cerveau nous permettent de mieux comprendre ces mécanismes, nous voulons montrer
ici que ces nouvelles connaissances et leur appropriation par le
domaine publicitaire (en particulier via le neuromarketing) requièrent
un débat le plus large possible sur la présence de la publicité dans
l’espace public.
INFLUENCE DE LA PUBLICITÉ SUR NOTRE COMPORTEMENT ET NOTRE CERVEAU
Rappelons tout d’abord l’origine historique de la publicité. Le premier grand saut technique s’opère au début du XXe
siècle, en passant d’une simple répétition mécanique du message à une
méthodologie élaborée de persuasion des masses. L’un des principaux
pionniers de cette “manufacture du consentement” s’appelle Edward Bernays et n’est autre que le neveu de Freud. Il décide d’utiliser les découvertes de la psychanalyse pour parvenir à une “manipulation consciente, intelligente des opinions et des habitudes” par des “chefs invisibles” (The Century of the Self, 2002).
L’exemple le plus frappant de cette nouvelle démarche publicitaire est
la diffusion dans la presse de photos de jeunes femmes belles, modernes
et indépendantes, fumant des cigarettes appelées “torches de la liberté”. En incitant les femmes à fumer à une époque où ce comportement était réprouvé, Bernays se vanta d’avoir doublé la taille du marché potentiel de l’industrie du tabac !
Grâce à l’imagerie cérébrale, les neuroscientifiques ont récemment
commencé à s’intéresser à l’effet de l’image de marque d’un produit sur
nos cerveaux. Dans ce contexte, on se focalise sur le système de
récompense, un ensemble de régions du cerveau évolutionnairement très
ancien. Ce système fait interagir émotions et prises de décision
de telle sorte que ces dernières échappent à la rationalité pure.Il se
révèle aussi très sensible à certains signaux de notre environnement qui
peuvent influencer nos comportements même quand ils ne sont pas perçus consciemment (ce dont on peut s’assurer en laboratoire).
A partir
de ces connaissances, une équipe de chercheurs américains a comparé
l’activité cérébrale du système de récompense chez des individus invités
à goûter deux marques de sodas. Lorsque le test se fait en aveugle, les
deux marques de boissons sont autant appréciées l’une que l’autre et
activent le système de récompense de façon équivalente. Par contre,
lorsque les étiquettes sont rendues visibles, l’un des deux sodas active
soudainement beaucoup plus le système de récompense et est préféré par
la majorité. Cette étude fut la première à montrer par la mesure de l’activité cérébrale comment l’image de marque construite par la publicité peut biaiser les préférences des consommateurs.
Depuis lors, les études visant à mesurer
ces préférences au moyen de l’imagerie cérébrale se sont multipliées
sous la bannière de ce que l’on appelle le neuromarketing. Jusqu’à
présent, cette approche a essentiellement cherché à calibrer le message publicitaire de façon à activer le plus possible le système de récompense. Bien que le neuromarketing soit aujourd’hui vivement critiqué pour son absence de rigueur scientifique, il pourrait devenir, avec les progrès des neurosciences, un véritable outil d’ingénierie publicitaire.
ENJEUX SANITAIRES DE LA PUBLICITÉ À GRANDE ÉCHELLE
Le ciblage de notre système de récompense par la publicité doit aussi
être considéré en termes de santé publique. On sait que le système de
récompense est plus vulnérable chez certains individus. Les personnes
souffrant d’obésité par exemple voient leur système de récompense activé de façon anormale
par des images de nourriture ultra-calorique. La publicité exploite
leur vulnérabilité et renforce leurs comportements de surconsommation.
Les enfants ayant un système nerveux encore en développement sont aussi
très sensibles à la publicité. Sur la base de multiples études issues
des plus grands journaux médicaux, l’Agence de l’alimentation britannique demande, pour ces mêmes raisons, que “les enfants aient le droit de grandir à l’abri des pressions commerciales, lesquelles encouragent la consommation d’une nourriture trop riche, trop sucrée et trop salée qui fait courir un risque pour la santé actuelle et future des enfants”.
Les estimations menées aux Etats-Unis
montrent ainsi que l’obésité infantile pourrait être réduite de près
d’un tiers en régulant mieux la publicité des produits alimentaires.
Plus généralement, on sait maintenant que la dérégulation du système de récompense accompagne de nombreux troubles psychologiques et psychiatriques.
Dans l’attente de travaux scientifiques évaluant l’effet de la
publicité sur les populations à risque, il nous semble indispensable
d’en appeler au principe de précaution pour réguler les messages commerciaux à destination de nos concitoyens les plus fragiles.
ENJEUX ÉTHIQUES DE LA PUBLICITÉ AU XXIE SIÈCLE
Tous ces éléments révèlent que ce qui est en jeu s’avère beaucoup
plus complexe que la simple liberté d’expression invoquée pour le
publicitaire. Or cette liberté-là ne va sans une autre liberté
complémentaire de la première : la liberté de non-réception. Il s’agit
de garantir à chaque citoyen le droit de choisir où et quand il souhaite accéder à de l’information publicitaire. Ceci pour lui permettre de se protéger de son influence ou simplement de se reposer de la surcharge d’information. Selon les estimations, les enfants sont exposés quotidiennement à plusieurs dizaines de spots publicitaires, voire plusieurs milliers aux Etats-Unis.
Face à ce bombardement quotidien, la liberté de non-réception des
citoyens doit être assurée, en particulier dans l’espace public. L’Etat
se doit en effet d’y être le garant de la neutralité commerciale autant
que de la sureté psychologique de tout un chacun.
Or, selon nous, les évolutions récentes sont inquiétantes. Par exemple, les usagers du métro parisien auront pu constater le remplacement progressif des affichages sur papier par de très larges écrans plats.
Cette technologie exploite le fait que toute image en mouvement dans la
périphérie du champ visuel capture automatiquement l’attention de
l’individu. Cette réaction automatique, héritage de notre évolution au
cours de laquelle le danger pouvait surgir sans prévenir, s’accompagne d’une augmentation du niveau d’alerte et de stress qui favorise la mémorisation du message. En outre, l’intégration dans ces écrans de capteurs mesurant l’intensité du regard peut transformer, à leur insu, les passants en cobayes d’expérimentation publicitaire à grande échelle.
Nous déplorons que les usagers des transports
n’aient pas été consultés, ni même informés, de cette évolution qui
touche directement leur environnement visuel et entraîne la collecte
d’informations sur leur comportement. A cela s’ajoutent les dizaines de
milliers d’enquêtes d’opinion que les régies publicitaires ont déjà
accumulées (depuis leur apparition, dans les années 1960). Ce traçage
prend aujourd’hui un essor sans précédent avec le développement des technologies numériques (puces RFID des badges en tout genre, GPS des smartphones, réseaux sociaux
omniprésents, etc.). Aujourd’hui ce “temps de cerveau disponible”,
profilé et géolocalisé est vendu au prix fort par les afficheurs : la diffusion d’un message publicitaire est quantifiée en Occasion de voir (ODV), facturée à l’unité entre 0,1 et 0,7 euro. Ainsi une personne vivant en Ile-de-France rapporte une cinquantaine d’euros par jour à l’industrie publicitaire, sans même le savoir.
En l’absence de débat citoyen, le politique cède trop facilement aux pressions des annonceurs et afficheurs, réclamant toujours moins d’entraves pour faire davantage de profits. Ainsi, loin d’en limiter la présence dans l’espace public, la loi du 12 juillet 2010 issue du Grenelle de l’environnement laisse place, selon le ministère lui-même, à “un
développement important de secteurs comme ceux du micro-affichage, des
bâches, des dispositifs innovants, des publicités sur aéroports ou gares
[…], permettant d’envisager une progression de 10 à 30 % des chiffres d’affaires des entreprises investissant dans ces domaines d’activité”.
SOLUTIONS ET ALTERNATIVES
Pourtant, réduire la place de la publicité dans l’espace public n’est
pas une simple revendication idéaliste. En 2006, le conseil municipal
de la ville de Sao Paulo a voté à une quasi-unanimité une loi “Ville propre” bannissant tout affichage publicitaire dans l’espace public. Cinq ans après son entrée en vigueur, un sondage montre que 70 % des résidents de Sao Paulo ont trouvé les effets de cette loi bénéfiques.
Devant les enjeux révélés par les dernières avancées scientifiques, nous souhaitons encourager
toute démarche de régulation du système publicitaire actuel et en
premier lieu dans l’espace public. En barbouillant des publicités, le
collectif des Déboulonneurs a osé un acte de désobéissance civile afin
d’être entendu par la collectivité et de pousser le politique à accepter une ré-ouverture du débat. A travers eux, c’est la liberté de non-réception des citoyens que nous devons défendre.
Guillaume Dumas est chercheur à la Florida Atlantic University ;
Mehdi Khamassi est chercheur au CNRS ;
Karim Ndiaye est chercheur à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière ;
Yves Jouffe est chercheur à l’université Paris-Est ;
Luc Foubert est docteur de l’Université Pierre et Marie Curie-Paris-VI ;
Camille Roth est chercheur au CNRS.
Les auteurs remercient Célya Gruson-Daniel pour son aide.
Guillaume Dumas, Mehdi
Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth,
chercheurs en sciences cognitives et sociales
“Le scénario de l’effondrement l’emporte”
Sauvegarde de l’article de Libération
Interview Dès le premier sommet de la Terre de 1972, le chercheur américain Dennis Meadows partait en guerre contre la croissance. A la veille de la conférence «Rio + 20», il dénonce les visions à court terme et dresse un bilan alarmiste.
En 1972, quatre jeunes scientifiques du Massachusetts Institute of Technologie (MIT) rédigent à la demande du Club de Rome un rapport intitulé The Limits to Growth (les Limites à la croissance). Celui-ci va choquer le monde. Leur analyse établit clairement les conséquences dramatiques d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. En simulant les interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres, ces chercheurs élaborent treize scénarios, treize trajectoires possibles pour notre civilisation.
Nous sommes avant la première crise pétrolière de 1973, et pour tout le monde, la croissance économique ne se discute pas. Aujourd’hui encore, elle reste l’alpha et l’oméga des politiques publiques. En 2004, quand les auteurs enrichissent leur recherche de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement. Et ils sont convaincus que le pire scénario, celui de l’effondrement, se joue actuellement devant nous. Rencontre avec l’un de ces scientifiques, Dennis Meadows, à la veille de la conférence de Rio + 20.
Le sommet de la Terre démarre mercredi à Rio. Vous qui avez connu la première conférence, celle de Stockholm, en 1972, que vous inspire cette rencontre, quarante ans plus tard ?
Comme environnementaliste, je trouve stupide l’idée même que des dizaines de milliers de personnes sautent dans un avion pour rejoindre la capitale brésilienne, histoire de discuter de soutenabilité. C’est complètement fou. Dépenser l’argent que ça coûte à financer des politiques publiques en faveur de la biodiversité, de l’environnement, du climat serait plus efficace. Il faut que les gens comprennent que Rio + 20 ne produira aucun changement significatif dans les politiques gouvernementales, c’est même l’inverse.
Regardez les grandes conférences onusiennes sur le climat, chaque délégation s’évertue à éviter un accord qui leur poserait plus de problèmes que rien du tout. La Chine veille à ce que personne n’impose de limites d’émissions de CO2, les Etats-Unis viennent discréditer l’idée même qu’il y a un changement climatique. Avant, les populations exerçaient une espèce de pression pour que des mesures significatives sortent de ces réunions. Depuis Copenhague, et l’échec cuisant de ce sommet, tout le monde a compris qu’il n’y a plus de pression. Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais.
Vous n’y croyez plus ?
Tant qu’on ne cherche pas à résoudre l’inéquation entre la recherche perpétuelle de croissance économique et la limitation des ressources naturelles, je ne vois pas à quoi ça sert. A la première conférence, en 1972, mon livre les Limites à la croissance (dont une nouvelle version enrichie a été publiée en mai) avait eu une grande influence sur les discussions. J’étais jeune, naïf, je me disais que si nos dirigeants se réunissaient pour dire qu’ils allaient résoudre les problèmes, ils allaient le faire. Aujourd’hui, je n’y crois plus !
L’un des thèmes centraux de la conférence concerne l’économie verte. Croyez-vous que ce soit une voie à suivre ?
Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert. Tout comme les termes soutenabilité et développement durable, le terme d’économie verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux. La plupart du temps, l’expression est utilisée pour justifier une action qui aurait de toute façon été mise en place, quelles que soient les raisons.
Vous semblez penser que l’humanité n’a plus de chance de s’en sortir ?
Avons-nous un moyen de maintenir le mode de vie des pays riches ? Non. Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective, on se dira : «Je me souviens, avant, il suffisait de sauter dans une voiture pour se rendre où on voulait», ou «je me souviens, avant, on prenait l’avion comme ça». Pour les plus riches, cela durera un peu plus longtemps, mais pour l’ensemble des populations, c’est terminé. On me parle souvent de l’image d’une voiture folle qui foncerait dans un mur. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le déclin est inévitable.
En 1972, à la limite, nous aurions pu changer de trajectoire. A cette époque, l’empreinte écologique de l’humanité était encore soutenable. Ce concept mesure la quantité de biosphère nécessaire à la production des ressources naturelles renouvelables et à l’absorption des pollutions correspondant aux activités humaines. En 1972, donc, nous utilisions 85% des capacités de la biosphère. Aujourd’hui, nous en utilisons 150% et ce rythme accélère. Je ne sais pas exactement ce que signifie le développement durable, mais quand on en est là, il est certain qu’il faut ralentir. C’est la loi fondamentale de la physique qui l’exige : plus on utilise de ressources, moins il y en a. Donc, il faut en vouloir moins.
La démographie ne sera pas abordée à Rio + 20. Or, pour vous, c’est un sujet majeur…
La première chose à dire, c’est que les problèmes écologiques ne proviennent pas des humains en tant que tels, mais de leurs modes de vie. On me demande souvent : ne pensez-vous pas que les choses ont changé depuis quarante ans, que l’on comprend mieux les problèmes ? Je réponds que le jour où l’on discutera sérieusement de la démographie, alors là, il y aura eu du changement.
Jusqu’ici, je ne vois rien, je dirais même que c’est pire qu’avant. Dans les années 70, les Nations unies organisaient des conférences sur ce thème, aujourd’hui, il n’y a plus rien.
Pourquoi ?
Je ne comprends pas vraiment pourquoi. Aux Etats-Unis, on ne discute plus de l’avortement comme d’une question médicale ou sociale, c’est exclusivement politique et religieux. Personne ne gagnera politiquement à ouvrir le chantier de la démographie. Du coup, personne n’en parle. Or, c’est un sujet de très long terme, qui mérite d’être anticipé. Au Japon, après Fukushima, ils ont fermé toutes les centrales nucléaires. Ils ne l’avaient pas planifié, cela a donc causé toutes sortes de problèmes. Ils ont les plus grandes difficultés à payer leurs importations de pétrole et de gaz. C’est possible de se passer de nucléaire, mais il faut le planifier sur vingt ans.
C’est la même chose avec la population. Si soudainement vous réduisez les taux de natalité, vous avez des problèmes : la main-d’œuvre diminue, il devient très coûteux de gérer les personnes âgées, etc. A Singapour, on discute en ce moment même de l’optimum démographique. Aujourd’hui, leur ratio de dépendance est de 1,7, ce qui signifie que pour chaque actif, il y a 1,7 inactif (enfants et personnes âgées compris). S’ils stoppent la croissance de la population, après la transition démographique, il y aura un actif pour sept inactifs. Vous comprenez bien qu’il est impossible de faire fonctionner correctement un système social dans ces conditions. Vous courez à la faillite. Cela signifie qu’il faut transformer ce système, planifier autrement en prenant en compte tous ces éléments.
La planification existe déjà, mais elle ne fonctionne pas. Nous avons besoin de politiques qui coûteraient sur des décennies mais qui rapporteraient sur des siècles. Le problème de la crise actuelle, qui touche tous les domaines, c’est que les gouvernements changent les choses petit bout par petit bout. Par exemple, sur la crise de l’euro, les rustines inventées par les Etats tiennent un ou deux mois au plus. Chaque fois, on ne résout pas le problème, on fait redescendre la pression, momentanément, on retarde seulement l’effondrement.
Depuis quarante ans, qu’avez-vous raté ?
Nous avons sous-estimé l’impact de la technologie sur les rendements agricoles, par exemple. Nous avons aussi sous-estimé la croissance de la population. Nous n’avions pas imaginé l’ampleur des bouleversements climatiques, la dépendance énergétique. En 1972, nous avions élaboré treize scénarios, j’en retiendrais deux : celui de l’effondrement et celui de l’équilibre. Quarante ans plus tard, c’est indéniablement le scénario de l’effondrement qui l’emporte ! Les données nous le montrent, ce n’est pas une vue de l’esprit.
Le point-clé est de savoir ce qui va se passer après les pics. Je pensais aussi honnêtement que nous avions réussi à alerter les dirigeants et les gens, en général, et que nous pouvions éviter l’effondrement. J’ai compris que les changements ne devaient pas être simplement technologiques mais aussi sociaux et culturels. Or, le cerveau humain n’est pas programmé pour appréhender les problèmes de long terme. C’est normal : Homo Sapiens a appris à fuir devant le danger, pas à imaginer les dangers à venir. Notre vision à court terme est en train de se fracasser contre la réalité physique des limites de la planète.
N’avez-vous pas l’impression de vous répéter ?
Les idées principales sont effectivement les mêmes depuis 1972. Mais je vais vous expliquer ma philosophie : je n’ai pas d’enfants, j’ai 70 ans, j’ai eu une super vie, j’espère en profiter encore dix ans. Les civilisations naissent, puis elles s’effondrent, c’est ainsi. Cette civilisation matérielle va disparaître, mais notre espèce survivra, dans d’autres conditions. Moi, je transmets ce que je sais, si les gens veulent changer c’est bien, s’ils ne veulent pas, je m’en fiche. J’analyse des systèmes, donc je pense le long terme. Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins.
Partout dans les pays riches, les dirigeants promettent un retour de la croissance, y croyez-vous ?
C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique «perpétuelle», nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête. Nous sommes dans une période de stagnation et nous ne reviendrons jamais aux heures de gloire de la croissance. En Grèce, lors des dernières élections, je ne crois pas que les gens croyaient aux promesses de l’opposition, ils voulaient plutôt signifier leur désir de changement. Idem chez vous pour la présidentielle. Aux Etats-Unis, après Bush, les démocrates ont gagné puis perdu deux ans plus tard. Le système ne fonctionne plus, les gens sont malheureux, ils votent contre, ils ne savent pas quoi faire d’autre. Ou alors, ils occupent Wall Street, ils sortent dans la rue, mais c’est encore insuffisant pour changer fondamentalement les choses.
Quel système économique fonctionnerait d’après vous ?
Le système reste un outil, il n’est pas un objectif en soi. Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux ! Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas. De même, l’environnement a de la valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.
Mes trouvailles du jour : 26 June 2012
- RSS ATOM twitter
Suite au topo complet repéré par SebSauvage (http://sebsauvage.net/links/?JgFBfw), je me suis rendu compte que le flux RSS généré par Twitter n’était pas correct via l’accès :
https://twitter.com/statuses/user_timeline/<username>.rss
(pourtant, le XML généré est affiché correctement dans Firefox, mais RSSLounge (et donc SimplePie) ne veut rien savoir)En passant par cette URL par contre, mon lecteur RSS accepte le flux :
http://search.twitter.com/search.atom?from=<username> - $ ssh -T git@github – permission denied (public key) – Stack Overflow
À savoir, un reboot est nécessaire pour que la clé publique soit prise en compte (je viens d’en faire l’expérience)
- Adding a remote to existing git repo – Caius Theory
Ajouter un repot distant (type github) à un projet git existant
- ODT to HTML conversion — Gist
Script PHP de conversion d’un document ODT vers HTML
- Poppler
Utilitaire pour transformer un PDF en HTML
(les résultats sont parfois étranges, mais si c’est le contenu textuel qui intéresse, c’est suffisant) - How can I convert a docx document to html using php? – Stack Overflow
2 moyens de convertir en document DOCX en XHTML (via webservice externe ou via lecture du DOM XML)
- How movie theaters SHOULD be laid out – The Oatmeal
XLOL ! Ça sent le vécu, et c’est vrai qu’à titre perso, je suis le premier à ronfler contre les autres qui bouffent, boivent, regardent leurs mails, discutent, au lieu de… regarder le film !
(via http://www.sebsauvage.net) - 3 attaques HTML5 à surveiller
D’excellents exemples d’attaques en HTML5. Plus de liberté implique plus de responsabilité… 🙂
Mes trouvailles du jour : 25 June 2012
- Zythom – Blog d’un informaticien expert judiciaire: Mentions légales
Un exemple de "mentions légales" pour un site (basées sur celle de Maître Eolas)
- NFC – Attention à vos CB | Cachem
L’appli Android qui va rapidement faire le tour du web… Pas la peine de la supprimer du Google Play ou de GitHub, la faille est là, point barre.
- [Phoronix] Sponsoring Open-Source Drivers For $1 Per Day?
Une approche kick-starter pour développer des drivers open source ?
- MIT – Guide de crochetage – Fr (MIT – GUIDE DE CROCHETAGE.pdf) – Fichier PDF
Un ebook (PDF) gratuit sur le fonctionnement des serrures et les techniques de crochetages
- La Quincaillerie de l’Urbex — Lockpicking
Tout pour le lock picking, à un prix très accessible.
Point intéressant, il y a des serrures d’entraînement pour mieux visualiser son apprentissage. - Extra Folder Columns :: Add-ons for Thunderbird
Comment voir d’un coup d’oeil la place occupée par tous les répertoires d’une boîte mail sous Thunderbird. Cette extension devrait être intégrée d’office dans TB.
- Quelques erreurs tordues et leurs solutions en Python | Sam & Max: Python, Django, Git et du cul
Un retour sur quelques erreurs classiques en Python et la solution explicative
- Linux Manua: StartPage = Google + Anonymat
Un autre moteur de recherche s’appuyant sur Google mais en version anonyme
- Reporterre.net – La croissance à la matraque
Et voilà la "démocratie". La 1er ministre JM Ayrault a un aéroport à construire, des manifestants pacifistes qui gènent, on envoie donc la cavalerie des CRS. Bel usage du pouvoir et beau signe d’impartialité.
- Le Bigorneau.fr | Boot-Repair : Fini les problèmes de dual-boot Windows / Linux !
Comment réparer son dual boot via un utilitaire très simple.
- [Infographie] OpenSourcing livre ses résultats sur le recrutement en ligne | Lifestyle | Locita
Une étude intéressante sous forme d’infographie sur les recruteurs et les candidats par rapport aux outils existants (CVThèque, etc.)
Mes trouvailles du jour : 23 June 2012
- Sequester | Puzzle & Skill Games | Play Free Games Online at Armor Games
Un jeu style Limbo…
A tester
=> Edit : rien à voir avec Limbo, certes c’est un petit bonhomme qui se promène dans un univers onirique, mais la comparaison s’arrête là. L’ambiance et le fini de Limbo sont très loins devant…
Mes trouvailles du jour : 22 June 2012
- Théorème du singe – Wikipédia
Théorème très intéressant, et tout à fait présent dans nos sociétés / groupes humains.
"Et si l’un d’entre eux s’y essaye néanmoins, il est puni par les autres, sans savoir pourquoi cela est interdit et en n’ayant jamais subi de douche glacée." - Laravel – A Clean & Classy PHP Framework
Un autre framework PHP
- Les conspirateurs du tabac
Un autre article sur le bouquin de Robert Proctor.
"La cigarette, ce sont d’abord des chiffres. Des chiffres colossaux. Chaque année, la cigarette tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et plus que la somme des quatre. Plus de cinq millions et demi de vies emportées prématurément chaque année. Cent millions de morts au XXe siècle ; sans doute un milliard pour le siècle en cours."
Quand je pense à mes amis, mes voisins, mes proches et tous ces humains pris dans ce système narco-financier… Que de victimes !
- Le mot « décroissance », un « suicide politique » pour Dennis Meadows | Rue89 Planète
"Pour la première fois, d’éminents spécialistes des systèmes complexes avaient modélisé l’humanité et son développement, et prévenaient que des limites écologiques physiques viendraient freiner cette expansion."
Il y a encore une majorité (que dis-je, une écrasante majorité) de décideurs (politiques, industriels, …) qui sont encore biberonnés au pétrole et font donc les choix d’un monde de "croissance".