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Plongeon dans l’écume du temps

Thursday 31 October 2013 at 13:41

BL_Royal_Vincent_of_Beauvais

Les mains moites, le rythme cardiaque anormalement élevé, je me sens comme un acteur sur le point d’entrer en scène. Le trac !

Demain commencera le NaNoWriMo. Demain, je serai face au mur et forcé de jeter sur papier cette histoire qui trotte entre ma tête et mes carnets de notes depuis plusieurs années. Votre choix a été clair : la politique se prête mieux à des billets sur ce blog plutôt qu’à un livre. Vous préférez, en majorité, lire un livre de fiction.

Il va falloir être à la hauteur de l’attente, se montrer digne de l’enthousiasme dont vous faites part. J’ai une boule dans la gorge rien que d’y penser. Au moins, contrairement à un autre fou, je serai bien au chaud chez moi.

Communauté

Si vous voulez suivre mes progrès de près, participer à la communauté des supporters, vous pouvez bien entendu encore nous rejoindre. La seule différence étant que vous ne pouvez plus voter pour le sujet.

La communauté étant sur G+, je tiens également au courant par mail ceux qui n’ont pas de compte sur ce réseau (choix que je comprends tout à fait). Si vous êtes supporter et n’avez reçu ni mail ni invitation pour la communauté G+, envoyez-moi un mail !

Hibernation

Afin de me concentrer sur cet exercice intense qu’est le NaNoWriMo, ce blog va ralentir nettement son activité. Je ne garantis pas non plus la parution hebdomadaire des épisodes de Printeurs. Cela ne signifie pas zéro billet mais simplement un changement de priorité. Promis juré craché : tout rentrera dans l’ordre le premier décembre.

J’ai également fermé les commentaires pour un mois, rempli à ras-bord la gamelle du chat et fait une provision de pizzas.

Durant cette période, je vous invite à relire et à partager les articles plus anciens. En 9 ans de blogging, il y en a certainement qui ont du vous échapper. Je partagerai sur les réseaux sociaux les anciens articles qui semblent vous plaire.

Remboursements

Je suis bien conscient que certains supporters auraient préféré lire « Le monde pirate ». Un donateur m’a même demandé de ne pas participer au NaNoWriMo et de continuer mon blog normalement.

Ne pouvant pas satisfaire tout le monde, j’ai décidé d’instaurer la règle suivante pour tous les paiements liés à mon blog : vous pouvez demander remboursement dans les 15 jours sans justification. Je ne poserais pas de question.

Exception : je ne rembourserai ni les Flattrs, ni les sympathiques messages d’encouragement.

Merci

Bon, et bien. Voilà. Fini de procrastiner. Il faut s’y mettre. Il est temps de plonger avec Mats dans l’Écume du temps. Cela fait des années que j’attends ce moment et pourtant il me fait peur. Je sors de ma zone de confort. Sans vos encouragements, vos soutiens, vos partages, votre patience, je ne serais pas là aujourd’hui.

Alors, merci !

 

Sur ces mots, Ploum se taille en courant avec la caisse et disparaît à tout jamais…

 

L’image, moins innocente qu’elle n’en a l’air, est dans le domaine public. Relecture par Pit.

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Source: http://ploum.net/plongeon-dans-lecume-du-temps/


Le député qui n’existait pas

Tuesday 29 October 2013 at 12:36

laul

Suite aux dernières révélations de Wikileaks, c’est la stupeur généralisée en Belgique. Le député Laurent Louis ne serait qu’un canular du Gorafi.

Alors que le monde entier a les yeux braqués sur Snowden et le scandale de la NSA, Wikileaks publie une nouvelle fournée de documents pour dénoncer ce qui s’annonce comme une révélation fracassante au pays des frites et de Tintin.

Le sujet ? Laurent Louis, un député fantasque, hors norme qui se révèle être… une pure invention de l’équipe du Gorafi, le journal satirique bien connu. Laurent Louis n’existe pas, il s’agit d’un canular !

Contactée par nos soins, la rédaction du Gorafi s’est dit étonnée de la dénonciation mais a reconnu les faits.

« Cela devait bien s’arrêter un jour, nous confie Jean-Pascal Mouillon, journaliste au Gorafi et chef de la petite équipe qui a créé le personnage de Laurent Louis. Au départ, il s’agissait juste d’une blague pour se moquer de la complexité du système politique belge. Nous comptions publier les interviews d’un élu qui ne comprend pas lui-même comment il en est arrivé là. »

Pour ce faire, l’équipe invente un mécanisme absurde, qu’ils appellent l’apparentement. À l’annonce des résultats officiels, ils publient un communiqué de presse décrivant, de manière fort embrouillée, l’apparentement et la surprise du candidat élu, Laurent Louis.

« Nous avions choisi le nom après avoir appris qu’une famille de politiciens belges s’appelait les Michel, raconte Jean-Pascal Mouillon. Ça nous a fait sourire alors on s’est dit que ce serait sympathique de faire un clin d’œil. Ce n’est pas un hasard si nous avons choisi Louis. Au départ, la blague se voulait bon enfant. Laurent Louis devait être un personnage sympathique. Nous avions engagé un acteur canadien pour le jouer. »

Cet acteur, c’est Jeff Hecon. Rendu célèbre par l’interprétation du rôle de Choco dans « Les Goonies », il retombera dans l’oubli et l’alcoolisme pendant près de trois décennies avant d’être appelé par l’équipe du Gorafi.

« Le rôle de Laurent Louis, c’était une chance de relancer ma carrière, nous confie-t-il. Mais en étudiant un peu mieux le contexte, je me suis rendu compte que le personnage ne collait pas. J’ai écouté des discours de Modrikamen, j’ai lu le programme du Parti Populaire. J’ai dit à Jean-Pascal que si ce type était tête de liste pour le PP, il ne pouvait pas être sympa. Ça devait être un gros beauf. On a modifié le script original et on a foncé. J’ai créé un compte Facebook et j’ai commencé à tenir des propos vaguement racistes et populistes. »

laul2Au début, Jeff Hecon a tenté d’incarner un personnage sympathique.

La blague trouve de suite son public et un écho inattendu auprès de la presse belge. Personne ne s’offusque de l’existence d’un apparentement dont personne n’avait jamais entendu parler. Mais la cerise sur le gâteau vient du Parti Populaire lui-même qui ne se rendra à aucun moment compte de la supercherie.

« On avait un informateur au PP, nous confie Julie Sava, journaliste au Gorafi. Il nous avait dit à quel point le parti était complètement désorganisé. La liste des membres était un fichier Excel sur un vieil ordinateur sous Windows Millenium. Modrikamen rajoutait sans arrêt des faux membres afin de gonfler les chiffres. Comme il n’est pas très imaginatif, la liste était pleine de Jules Julien, Géraldine Gérard, ce genre de trucs. Du coup, Laurent Louis, ça paraissait presque crédible ! »

Le Parti Populaire étant divisé en deux factions, le camps Aernoudt et le camp Modrikamen, chacun pense que Laurent Louis appartient à la faction opposée. Aernoudt demande donc l’exclusion de Laurent Louis. Modrikamen, croyant que Laurent Louis est du clan Aernoudt, est tout d’abord décontenancé. Avant de l’exclure malgré tout. Tout cela pour un membre qui n’existe pas réellement !

« C’est un truc particulier chez les belges, continue Julie Sava. Ils ont tellement l’habitude de l’absurde que ça ne les choquait pas. L’apparentement, le candidat débile, ça leur semblait parfaitement plausible. Il faut dire que le PP nous avait particulièrement préparé le terrain. Les médias ont embrayé. Chez nous, ça n’aurait sans doute pas tenu plus de quelques heures. Ici, en Belgique, ça fait plus de trois ans et il a même sa page Wikipédia ! »

La petite équipe décide alors de pousser le bouchon de plus en plus loin, histoire de voir « jusqu’à quel point les citoyens peuvent avaler n’importe quoi de la part d’un politique ». Un nouveau parti avec un logo ressemblant à une paire de seins qui pendent, des vidéos tournées dans des caves, des listes communales qui semblent sorties de Dumb et Dumber. Mais le plus fort reste sans doute des participations réelles au parlement, une première dans l’histoire du canular politique.

Logo-officiel-MLDLe logo « paire de seins », inventé par un graphiste du Gorafi

« Je suis arrivé au parlement comme si tout était normal, se souvient Jeff Hecon. Comme les gens m’avaient vu à la télé ou dans les journaux, personne n’a osé m’empêcher de rentrer. Je me suis assis sur un siège vide dans le fond comme si j’étais parlementaire. Ça a marché ! Il faut dire que la plupart des parlementaires sont souvent absents mais ils ne veulent pas l’admettre. Du coup, ils ont tous fait comme s’il était normal que je sois là, comme s’ils me voyaient régulièrement. »

S’enhardissant, la petite équipe va jusqu’à participer au débat démocratique, créer des scandales, entrer au parlement en t-shirt et… déposer des projets de loi !

« On ne croyait pas ça possible mais on l’a fait, s’amuse Jean-Pascal Mouillon. On a découvert que les grands traumatismes de l’histoire belge étaient le Congo et l’affaire Dutroux. Du coup, on a décidé d’exploiter les filons. Franchement, c’est énorme. Jeff qui déclare en plein parlement vouloir régler les problèmes du Congo, pays indépendant depuis 50 ans, on n’en revenait pas, on se tenait les côtes de rire ! »

« On a quand même du arrêter, tempère Jeff Hecon. Les figurants qu’on avait engagé pour les clips où Laurent Louis apparaissait en sauveur du Congo en avaient marre de passer pour des abrutis. Ils se disaient que certains pourraient prendre ça au premier degré et généraliser à toute la communauté congolaise. »

laul_caveLa cave, un des meilleurs sketchs de la petite équipe, directement inspirée par l’épisode du frigo des Goonies. On reconnait la main de Jean-Pascal Mouillon.

Le canular Laurent Louis se fait connaître et se taille une bonne place auprès des ténors du genre.

« Nous avons eu un coup de fil de Tina Fey, se rappelle Julie Sava. Cette femme est géniale. Elle a créé de toutes pièces le personnage de Sarah Palin. N’importe quel être humain normalement constitué ne pourrait pas croire qu’une femme comme Sarah Palin existe. Cela défie les lois de l’intelligence. Mais Tina Fey y arrive ! Elle va jusqu’à jouer Sarah Palin qui joue Tina Fey ! Et le public se contente de dire qu’il y a une ressemblance. Son talent confine au génie ! Voir notre travail reconnu par Tina, c’est un peu une consécration. »

Autre star du canular long-terme, Dieudonné, qui décide de remettre une récompense à Laurent Louis.

« Cela fait 10 ans que Dieudonné est dans son rôle, confie Jean-Pascal Mouillon. En plus, contrairement à Jeff, il a gardé son nom. C’est le plus long one-man-show de l’histoire ! Il nous a promis une chute superbe si le FN se rapproche trop près du pouvoir. Un discours à la Chaplin où il expliquerait que si un noir dont le meilleur ami est un juif peut faire en sorte que des skinheads payent pour voir son spectacle, n’importe quel politicien démagogue peut vous faire avaler n’importe quoi. »

« Il y a juste Étienne Chouard qui est vrai, ajoute Julie Sava. En tout cas, personne n’est au courant du canular. Du coup, on a décidé d’arrêter la tendance Laurent Louis en partisan du tirage au sort. Étienne Chouard aurait fini par croire que quelqu’un croyait vraiment à ses idées, ce n’est pas très sympa. Il aurait pu le prendre mal. »

L’équipe commence néanmoins à se lasser du personnage, qui devient de plus en plus encombrant.

« On a décidé de pousser le bouchon au maximum, annonce Jean-Pascal Mouillon. On a décidé de transformer le petit raciste de quartier en islamiste radical. C’est tellement absurde. Mais Jeff a proposé d’aller un cran encore plus loin et de se faire membre d’un petit parti appelé Islam. Au départ, on était contre. On avait un peu peur pour lui. Mais il nous a convaincu. Il a même raconté sa circoncision sur Facebook ! La justification de cet acte est tellement absurde, irréaliste. On riait mais on tremblait à la fois pour Jeff. »

laul_facebookLaurent Louis introduit la circoncision fédérale au parlement belge

Jeff se souvient avec enthousiasme de ses réunions avec le parti Islam.

« J’avais l’impression d’avoir en face de moi l’équipe de bras cassés du film Four Lions. Les discussions étaient du même acabit. Au bout de deux réunions, j’ai réussi à faire en sorte qu’ils me cèdent tous les droits sur le parti. Incroyable ! Si il n’y avait pas eu la révélation de Wikileaks, je me demande jusqu’où on aurait pu aller ! »

Une belle blague potache sur laquelle Jean-Pascal Mouillon reste néanmoins mitigé.

« On a bien rigolé, ça c’est certain ! Mais en même temps, c’est un peu effrayant. On a proposé les lois les plus débiles au parlement, on a reçu de véritables messages de soutien. Imaginez ce qu’on aurait pu faire si on avait eu des mauvaises intentions ! Et si on avait décidé de camoufler notre canular de manière un peu subtile ! »

« Dans ce cas, on ne serait plus des humoristes, répond Julie Sava. Juste des politiciens comme les autres… »

 

Les images de cet article sont utilisées sans autorisation à titre parodique et restent la propriété de leurs auteurs.

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Source: http://ploum.net/le-depute-qui-nexistait-pas/


Lire rapidement sur le web

Monday 28 October 2013 at 19:06

reading

Internet met à notre disposition une quantité illimitée de contenus et d’idées. Mais encore faut-il pouvoir les consulter et les exploiter. Beaucoup de lecteurs m’écrivent en me disant apprécier mes textes sans avoir le temps de me lire. Dommage ! Aussi, je me propose de partager avec vous ma méthode. Je suis bien conscient que chaque individu est différent mais peut-être cela vous donnera-t-il des idées afin d’améliorer votre consommation de contenu.

Concentrez-vous sur la lecture

Personnellement, je ne regarde que très peu de vidéos et je n’écoute jamais de podcasts. Une vidéo force le public à suivre le rythme du narrateur. Beaucoup d’énergie est consacrée à construire des effets de narration, à introduire une tension dramatique pour, au final, très peu d’idées. De plus, une vidéo ne permet pas facilement de s’approprier certains passages, d’y faire des références explicites, de relire un paragraphe important.

Si une vidéo contient des idées vraiment intéressantes, elles se retrouveront forcément dans un texte écrit. Je laisse donc tomber la majorité des vidéos. Ceci dit, les podcasts peuvent avoir une grande utilité pour, par exemple, les trajets en voiture, les personnes souffrant de troubles visuels voire, tout simplement, pour les moments où nous souhaitons reposer nos yeux.

La collecte de contenu

Sur les réseaux sociaux ou au gré de nos pérégrinations sur le web, nous sommes confrontés à des articles, des textes voire des histoires qui « semblent intéressantes ». Mais, très souvent, nous n’avons ni le temps ni l’envie de nous arrêter pour se concentrer et lire. J’appelle cette étape « la collecte ». Je n’essaie jamais de lire, je ne passe pas plus de quelques secondes sur un article. À la place, je sauve l’article dans ma liste de lecture.

Séparer la collecte de la lecture permet de bien se concentrer sur ce qu’on souhaite réellement lire tout en évitant de passer du temps sur un article peu intéressant mais qui avait pour unique mérite d’être sous notre souris au bon moment.

Pour réaliser cela j’utilise le service Pocket. Grâce à une extension, je peux ajouter une page en un clic à ma liste de lecture, que ce soit depuis mon navigateur ou mon smartphone. Notons que si Pocket est propriétaire et centralisé, il existe un équivalent libre et installable sur votre serveur appelé Poche, que je vous invite à essayer.

En passant par un service intermédiaire, appelé IFTTT, il est possible de mettre automatiquement tous les articles d’un flux RSS dans votre liste de lecture Pocket. Si, par exemple, vous souhaitez que chacun de mes articles en français soit dans votre liste de lecture, il suffit d’utiliser cette recette. Il est également possible de s’envoyer des articles à lire par email. Pratique pour, par exemple, ne pas installer l’extension Pocket sur votre ordinateur de travail.

L’instant lecture

Grâce à l’application Pocket, ma liste de lecture est automatiquement téléchargée sur mon smartphone. Cela me permet de ménager des instants lecture. Afin de ne pas être dérangé, je peux même mettre mon téléphone en mode avion et continuer ma lecture. Un autre avantage de l’application Pocket est que je peux interrompre ma lecture quand je veux. Au lancement suivant, l’application se met par défaut à l’endroit précis que j’étais en train de lire.

Quand je suis dans un instant lecture, que ce soit dans la salle d’attente de médecin, dans un train, le soir dans mon lit ou debout dans la file du supermarché, je choisis au hasard parmi ma liste de lecture, selon l’intérêt des titres et mes envies. S’il ne s’agit pas d’une fiction, je lis rapidement le premier paragraphe puis je descends jusqu’au dernier et j’essaie de me faire une idée du contenu global de l’article.

À ce moment, plusieurs solutions s’offrent à moi. Soit l’article n’est finalement pas très intéressant ou est dépassé (par exemple si je l’ai ajouté dans ma liste plusieurs semaines auparavant), auquel cas je marque l’article comme lu. Soit lire l’introduction et la conclusion m’a donné une idée assez fidèle du contenu sans éprouver le besoin pressant de lire tous les détails : je marque comme lu. Enfin, l’article semble être vraiment digne d’intérêt : je commence à le lire. Un dernier cas de figure se présente lorsque l’introduction et la conclusion ne révèle aucune information sur le contenu. Dans ce cas, je considère que l’article est mal structuré et qu’il n’a donc presqu’aucune chance d’être réellement intéressant. Il s’agira très certainement de blabla. Dans le doute, je préfère économiser mon temps précieux.

Durant la lecture

Après ce premier filtre qui, avec l’habitude, peut se faire en quelques secondes, j’ai déjà éliminé une foule d’articles. Il me reste donc les articles qui semblent a priori intéressant et les fictions. Pour ceux là, je commence à lire, sur mon smartphone, de manière très linéaire. Cela fonctionne encore mieux sur une tablette.

Je m’autorise sans scrupule de sauter des paragraphes quand le texte me semble redondant ou lorsque je souhaite accélérer. Avec mon doigt, j’imprime une vitesse au défilement du texte et, sauf pour les textes particulièrement savoureux, je me force à ne pas ralentir avant d’avoir fini l’article. Cette vitesse peut, bien entendu, varier avec les articles. Au début, commencez avec une vitesse confortable mais, surtout, ne vous arrêtez pas ! Si vous avez l’impression de rêvasser et de rater des parties du texte, c’est que vous allez trop lentement. Accélérez !

Dans le pire des cas, vous pourrez toujours procéder à une seconde lecture. Mais en vous forçant à tenir le rythme durant la première lecture, vous saisirez l’essence du texte. Pour l’immense majorité des textes, une seconde lecture n’est en fait pas nécessaire. Lorsque c’est le cas ou lorsque le texte est tellement marquant que je veux le relire ou l’utiliser, je le marque comme favori dans Pocket. Et puis je le marque comme lu. Je peux ainsi le retrouver facilement sans qu’il envahisse ma liste de lecture.

Ceci dit, il arrive très souvent qu’un texte s’avère peu intéressant après quelques paragraphes. Je l’abandonne alors sans scrupule et le marque comme lu. Je fais de même avec les textes que j’ai déjà commencé plusieurs fois sans être parvenu à les terminer. C’est que le texte ne me convient vraiment pas.

Lectures plus conséquentes

Pour les textes plus conséquents, généralement les livres, je tente alors de me procurer une version au format Epub. À ce sujet, je recommande le site Team Alexandriz. Il existe une myriade d’applications permettant de lire les epubs sur votre smartphone ou tablette. Citons Aldiko, qui est très simple, et FBReader, qui est très complet et libre. Mais chaque lecteur a son logiciel fétiche !

Le problème de l’epub sur smartphone c’est que l’écran est très lumineux, souvent petit et que la lecture consomme beaucoup de batterie. Pour cela, je recommande très chaudement, si c’est possible, l’achat d’une liseuse électronique.

Pour le choix d’une liseuse électronique, un critère est primordial : il doit pouvoir lire vos propres epubs et ne pas imposer un catalogue précis. Pour le reste, tout est une question de goût. Mon choix s’est porté sur le Kobo Glo et j’en suis extrêmement satisfait. Il a néanmoins un défaut particulièrement irritant : si vous l’achetez via la FNAC, le Kobo remplace la couverture des livres par un logo FNAC lorsqu’il est en veille. Une petite manipulation permet d’éviter ce désagrément mais elle est à refaire à chaque redémarrage ou branchement de l’appareil. Rien que pour cette raison, j’ai décidé de boycotter définitivement les produits FNAC.

Notons que, pour mon plus grand bonheur, Pocket a annoncé une intégration future avec certains Kobo dont le Glo. Cette intégration n’a pas encore été déployée. Je le répète : le seul critère déterminant dans l’achat d’une liseuse est le support de vos fichiers Epub personnels. Tout le reste relève de vos goûts.

Update du 15 novembre 2013 : Vous pouvez télécharger la version 3.0 du firmware Kobo qui contient l’intégration avec Pocket et qui résout tous les problèmes que j’avais. Notons aussi que depuis cette mise à jour, je n’ai plus jamais vu réapparaître le logo FNAC. Je suis donc particulièrement heureux. L’intégration avec Pocket est encore meilleure que ce que j’imaginais !

Après la lecture

Une fois un texte marqué comme lu, il me semble logique de vouloir remercier l’auteur. Je me rends alors sur la page à la recherche d’un bouton Flattr. Pour les livres, j’ai récemment décidé d’envoyer une lettre aux auteurs encore en vie.

Je réfléchis également à l’opportunité de partager le texte, que ce soit publiquement, avec un cercle restreint voire à une personne précise. Certains de mes amis utilisant Pocket, je peux même ajouter du contenu directement dans leur liste de lecture. Si un texte est intéressant, il me semble important de le faire connaître autour de moi.

Une fois cette étape achevée, il ne reste plus qu’à… GOTO Collecte !

À vous !

Grâce à mon smartphone, Pocket et le processus que je viens de vous décrire, j’ai pu augmenter la quantité d’articles lus tout en y passant moins de temps et en y prenant du plaisir. J’ai appris à aimer les textes de fiction découverts au hasard d’un site web. Les temps morts du quotidien ne sont plus des instants perdus : je les ai transformés en une opportunité de lire, de découvrir des nouvelles choses. Comme vous avez pu le constater, nul besoin d’être un expert de la lecture rapide pour mettre en place cette stratégie. Si vous vous imposez une certaine rigueur au début, notamment dans la vitesse constante de défilement et dans le fait de ne jamais retourner en arrière durant une première lecture, vous constaterez que ce type de lecture deviendra un réflexe tout en apportant une nette amélioration de votre vitesse et de votre compréhension des textes.

Si, à cela, vous ajoutez un livre électronique que vous emporterez partout, vous vous découvrirez soudainement du temps pour lire ce que vous n’avez jamais réussi à caser dans votre emploi du temps, depuis l’epub de SF sous licence libre au grands classiques téléchargés sur le projet Gutenberg.

À vous de tester, bonne lecture !

 

Photo par Mo Riza. Relecture par Pit. Précision : je n’ai aucun intérêt envers Pocket, Poche ou Kobo.

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Source: http://ploum.net/lire-rapidement-sur-le-web/


Printeurs 10

Friday 25 October 2013 at 17:57

couloir de bunker
Ceci est le billet 10 sur 10 dans la série Printeurs

G12 mastique bruyamment en me regardant d’un air à la fois étonné et admiratif. Il a toujours été garde, du moins je le crois. Le concept d’ascension sociale le dépasse.
— Alors comme ça tu vas voir le grand patron ? Le contremaître en personne ?

Je ne réponds rien, je regarde humblement le bout de mes orteils. G12 me balance un coup de matraque dans l’estomac.
— Réponds quand on te cause, espèce d’enfoiré ! Ta mère t’a pas appris la politesse ? J’oubliais… Vous ne connaissez même pas votre mère vous les sous-merdes.

Fier d’avoir exprimé sa supériorité, il éructe un rire forcé. Je me suis légèrement plié sous l’impact mais, à part cela, je n’ai pas bougé un sourcil. C’est la première fois qu’un garde se sent obligé d’expliciter sa supériorité, de faire étalage d’une différence impalpable. Intérieurement, je souris à l’argument de G12. Malgré le rire et l’assurance forcée, il suinte la peur, l’inquiétude. Je les ai dépassés, je suis à l’étage supérieur.

Deux gardes dans un uniforme que je ne connais pas s’approchent de nous. Ils sont propres et se tiennent droits comme des planches. À leur vue, G12 s’est immédiatement mis au garde à vous. L’un deux lui adresse la parole d’une voix douce mais ferme. Les mots sont précis, assurés. Sa tête arrive à peine à hauteur du nez de G12 mais son regard est transperçant.
— C’est 689 ?
— Oui policier ! répond G12 d’une voix trop forte pour être naturelle.
— C’est bon G12. Nous nous chargeons de lui. Tu peux retourner à ton travail.

G12 ne se le fait pas dire deux fois. Je n’aurais jamais cru qu’il puisse avoir peur, qu’il respecte une quelconque autorité. Le policier se retourne vers moi et me fait un geste de la main :
— Viens, suis-nous !

Je reste un instant interdit. Sa voix ne comportait pas la moindre note d’agressivité. Ils n’ont même pas de matraques !
— Et bien ? Tu es sourd ? Tu veux vraiment qu’on se salisse les gants pour te traîner ?

Voilà un vocabulaire que je comprends déjà mieux. Sans relever la tête, fixant obstinément le plancher, je les suis à travers des couloirs que je ne connais pas. Nous franchissons une porte. La pièce est plus lumineuse que tout ce que j’ai jamais vu. De grandes lampes m’éclairent sous plusieurs angles et déchirent mes paupières. Il n’y a plus d’ombres, plus d’endroit ou se cacher. L’obscurité, mon royaume, a disparu ! Le sol est propre, dépourvu d’insectes ou de déchets. Un homme sans uniforme est assis derrière un bureau. F1 se tient à ses côtés.
— C’est l’ouvrier dont vous m’avez parlé ?
— Oui contremaître ! 689. Un excellent élément.

Le contremaître soupire.
— C’est pourtant contraire à tout le règlement de travail.
— J’en suis bien conscient, contremaître. Mais les ouvriers se reproduisent beaucoup. Nous avons de l’excédent. Par contre, nous avons de moins en moins d’arrivage de gardes. Sans compter que vous nous avez annoncé une augmentation de l’exigence de rendement. Tout cela entretient une possibilité de soulèvement. En élevant 689 à titre d’exemple, nous encourageons les autres ouvriers à se calquer sur son comportement et nous entretenons une forme d’espoir.
— Si j’ai bien compris, il a déjà été récompensé ! Il est devenu barreur !
— Barreur n’est qu’un titre de chef d’équipe. Il ne donne droit à aucun avantage si ce n’est d’imposer son propre rythme à la chaîne de production.

Derrière son bureau, l’homme semble hésiter. Levant la tête, il me scrute comme si je venais d’entrer dans la pièce. Semblant prendre une décision, il se dresse en appuyant ses deux mains sur le meuble.
— 689, est-ce que tu me comprends ?

J’hésite un instant sur la manière de répondre avant de choisir le traditionnel « chef ». Il a toujours eu un effet apaisant sur les gardiens, même les plus brutaux. D’une voix faible, je murmure :
— Oui chef.
— Nous allons te donner une chance. Une chance unique dans l’histoire de notre usine. Mais cette chance est très fragile. À la moindre incartade, au moindre doute de notre part, tu redeviendras ouvrier. Et je n’ose imaginer ce que les autres travailleurs te feront subir si cela doit arriver. Suis-je clair ?
— Oui chef.
— Nous allons te nommer gardien. Tu seras désormais G89. F1 va te donner ton uniforme et ta matraque. La consigne est simple : les gardes reçoivent les impératifs de rendement et font en sorte que les ouvriers les respectent. Si le rendement n’est pas atteint, votre équipe n’a pas de ravitaillement. Alors, démerde-toi pour tenir la cadence !
— Oui chef.
— Autre chose : les types comme ceux qui vous ont accompagnés ici sont des policiers. Leur parole est sacrée. Si un policier t’ordonne de t’écraser la tête jusqu’à ce que mort s’ensuive, tu t’exécutes et tu ne poses pas de question. Tu leur lèches les bottes et tu leur présentes ton cul dès qu’ils le désirent. Compris ?
— Oui chef.

Amusant. Ainsi les gardiens ont leur propres gardes. Mais pourquoi F1, chef des gardiens, parle-t-il directement avec le contremaître et pas avec les policiers ? Tout cela est nouveau et plus complexe que je ne le pensais. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir que les deux policiers me font sortir. F1 m’accompagne et les renvoie d’un geste de la main. Brusquement, il me plaque contre un mur du couloir.
— Écoute moi bien, 689. Que les choses soient claires. Tu restes une raclure, un moins que rien. Je t’ai fait cette fleur parce que j’ai pensé que tu valais un peu mieux que les autres merdes, que tu faisais un réel effort. Mais si le rendement n’augmente pas, tu vas regretter de ne pas être resté un simple ouvrier.

Il me lâche avant de me jeter une salopette et une paire de chaussures. J’ai senti les tressaillements de sa voix. La peur. Mon super-pouvoir est à l’œuvre !
— Enfile ça, G89. Et suis moi !

Nous arrivons dans une petite pièce. Plusieurs gardiens sont affalés sur des chaises. Ils mangent, ils boivent ou regardent des écrans. D’un geste, F1 impose le silence.
— Voilà G89. Il est à présent gardien comme vous. Je compte sur vous pour en faire un exemple auprès des ouvriers.

G17 s’approche de moi et me met amicalement la main sur l’épaule. Son sourire semble sincère.
— Bienvenue dans l’équipe !

G19 me regarde, renfrogné. Il lance un crachat qui atterrit devant mes pieds. Peut-être espère-t-il que je le prenne comme une marque de mépris ? Mais après tant d’années à me cracher au visage, mon super-pouvoir le force à reculer, à ne plus me toucher. Il a peur.

Nous sommes interrompus par des cris en provenance du couloir. G12 traîne le vieux sur le sol.
— Espèce de cafard dégénéré ! Tu n’en as pas marre de faire perdre le rythme à toute l’équipe avec ta merde philosophique ? Tu vas payer pour cet arrêt.

Sur le sol, 612 pleure, hurle, se recroqueville. Il supplie, appelle à la clémence et la bonté. G12 a dégainé sa matraque mais, d’un geste, F1 l’arrête. Il me tend une matraque. Pour la première fois de ma vie, je touche le manche de cet objet quasi-mystique, ce symbole de pouvoir dans notre univers. Un outil qui m’a déjà exploré tout le corps, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, par tous les orifices possibles. Mais que, jusqu’à présent, je n’avais jamais tenu en main. Une onde de puissance me parcourt. Je ressent une décharge électrique. F1 me regarde et me désigne un local isolé.
— À toi de jouer maintenant. Montre-nous ce dont tu es capable !

Sans un regard, la matraque dans une main, l’autre traînant le vieillard gémissant, je m’enferme dans le local. L’humidité suinte sur le murs. 612 me fait un clin d’œil.
— Bien joué, me souffle-t-il. Tu sais, nous sommes bien conscient du sacrifice que tu t’es imposé pour nous. Nous te soutenons tous dans ton projet.
— Mon projet ?
— Oui, la reconquête de notre liberté à tous. C’est extraordinaire, nous espérons tous !

Ma matraque s’est abattue. Du sang à giclé et s’écoule entre les aspérités du béton. Je tape.
— Oui, continue, souffle 612 entre deux cris de douleurs. Tu ne peux pas faire semblant. Tu dois aller jusqu’au bout. N’aie pas peur de me faire mal, je sais pourquoi tu le fais. Tu es noble. Je te comprends !

Je ne réfléchis plus. Ma matraque s’élève et s’abaisse. Je donne des coups de pieds, je hurle, je crache. J’ai perdu le compte du temps qui passe. Pauvre con 612 ! Tu ne comprendras décidément jamais rien !

 

Photo par Jesse Wagstaff.

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À mes écrivains favoris

Thursday 24 October 2013 at 19:32

lecteur

Chers écrivains,

Depuis ma plus tendre enfance, vous me bercez de vos rêves, de vos idées, de vos univers. Je suis né au milieu de vos livres et de vos histoires. D’ailleurs, mon tout premier achat dans mon premier appartement fut une bibliothèque. Vous marquez ma vie au point que je veuille vous imiter.

Pourtant, je dois vous faire une confidence.

J’ai constitué mon « mur de livre » pratiquement sans vous verser un centime. L’énorme majorité de mes livres a été acheté en seconde-main, dans les marchés aux puces, les bouquineries ou récupérés auprès de connaissances qui vidaient leur grenier. Depuis ma plus tendre enfance, je vous lis sans presque vous payer grâce aux emprunts divers et aux bibliothèques (qui vous reversent néanmoins une petite somme).

Cette manière de faire n’a jamais posé de problème au législateur et je suppose que vous n’y voyez pas non plus d’inconvénients.

Peut-être peut-on imaginer que j’ai le droit de lire un livre sans vous payer parce que celui qui vous a payé a lui perdu le droit de vous lire ? Mais, en tant qu’auteur, je suppose que cela vous attriste autant que moi de savoir que quelqu’un a perdu le droit de vous lire. Je n’arrive pas à m’imaginer un écrivain qui voudrait volontairement que son œuvre soit limitée à un nombre fixé de personnes, qui voudrait interdire d’être lu.

Piratage ?

Quand on y pense, je suis un peu un pirate de vos livres depuis ma plus tendre enfance. C’est amusant car on commence seulement à parler du piratage dans le cadre des livres. La musique et les films étant des œuvres numériques, elles ont été très rapidement partagées sur Internet. Les ayants-droits ont tenté de lutter contre ce partage en l’appelant piratage et en mettant en place des filtrages rendus possibles par la grande taille des fichiers échangés et la difficulté des les échanger.

Pour les livres, la situation est différente. Le piratage était anecdotique car la lecture sur écran est particulièrement désagréable. Les liseuses électroniques sont en train de changer la donne. Cependant, un livre électronique reste un fichier très petit, indétectable et très facilement échangeable. Les mesures prises, sans grand succès d’ailleurs, par l’industrie du film et de la musique se révèlent donc inapplicables dans le cas du livre. Sans compter que, selon certains militants, partager un livre pourrait relever de la liberté d’expression et serait donc sacralisé dans des pays comme les États-Unis.

En tant que lecteur, ma consommation de livres n’a jamais été aussi importante que depuis que j’ai une liseuse électronique. En tant qu’Internaute, je n’ai jamais eu autant de choix de lecture. En tant qu’auteur, vous devriez certainement vous réjouir de cette situation !

L’offre des livres électroniques

Je lis beaucoup d’auteurs décédés des siècles passés. C’est avec beaucoup de bonheur que je me suis plongé dans le projet Gutenberg.

Si le passé est riche, la liseuse électronique est également une opportunité de découvrir le présent. Mais en dehors de trop rares projets, j’ai été très étonné. Tout d’abord par le prix : certains livres électroniques peuvent monter à 20€ ! En dehors des livres universitaires, je ne me souviens pas d’avoir souvent payé un tel prix pour un livre. Quelle ironie de voir un fichier électronique coûter dix fois plus cher que son équivalent en arbres morts dans une de mes bouquineries fétiches.

Nonobstant le prix, j’ai surtout prêté attention aux conditions d’achat des livres électroniques. Je ne suis pas de ceux qui estiment « Je l’ai payé donc c’est à moi ». La propriété n’a, pour moi, pas beaucoup de sens en ce qui concerne une œuvre imaginaire. Mais je veux être sûr de pouvoir finir un livre, quelle que soit l’humeur d’un quelconque avocat ou quelles que soient les frontières que je franchis. Je veux également pouvoir faire découvrir ce livre à mes amis ou mes enfants, aujourd’hui ou dans dix ans. Il était donc or de question pour moi d’acheter des « droits de lectures temporaires » sur Amazon, Google Books ou la Fnac.

Je me suis tourné vers des librairies électroniques indépendantes qui fournissaient des epubs « garantis sans DRM ». Parfait, me suis-je dit ! Mais, surprise, j’ai découvert que chaque livre acheté était « marqué » à mon nom. Que ce soit de manière visible ou invisible. De cette manière, si mon exemplaire se retrouvait sur Internet, on pourrait me retrouver et me poursuivre.

J’ai été outré. Non seulement le partage a, de tout temps, été pour moi une expérience essentielle de la lecture, mais surtout, je ne me voyais pas payer pour avoir la chance d’être peut-être poursuivi en justice. Un comble !

J’ai alors découvert la Team Alexandriz qui accomplit, gratuitement, un travail extraordinaire pour promouvoir vos œuvres.

Rémunération

Le problème, nous sommes bien d’accord, est que je ne vous paie pas. Je ne le faisais pas non plus avant (je rémunérais le vendeur du livre ou le bouquiniste) mais peut-être est-ce l’occasion d’améliorer la situation.

Je ne suis pas intéressé par acheter une pile de papier. Ma bibliothèque est déjà pleine à, littéralement, craquer. J’ai pas non plus l’intérêt de payer une fortune pour un « droit de lire » qui va surtout engraisser les intermédiaires.

Aussi, je vous propose la solution suivante, que j’ai d’ailleurs mise en place pour mes propres écrits : laissez-moi vous payer ! Pas grand chose, quelques euros. Le prix que j’aurais payé dans une bouquinerie. Ou peut-être un peu plus suivant mon appréciation. Si vous estimez que d’autres personnes sont intervenues dans la réalisation du livre (éditeurs, traducteurs, relecteurs), vous êtes bien entendu libre de partager avec eux !

Je suis prêt à vous payer via Flattr (j’explique son fonctionnement ici), en bitcoins (que j’explique ici) ou via un transfert IBAN/SEPA. Étant  personnellement plutôt opposé à Paypal, que je n’utilise que lorsqu’il y a déjà de l’argent sur le compte, je suis prêt à vous aider à mettre en place Flattr ou Bitcoin.

Bien sûr, tout seul, je ne vais pas changer votre vie avec une poignée d’euros. Mais peut-être que vous pourriez donner l’idée à vos lecteurs de faire comme moi ? À mon humble niveau, j’ai tenté l’expérience et je peux vous avouer : mes lecteurs ont changé ma vie !

Peut-être que le plaisir de savoir ses écrits librement accessibles, être lu et en vivre ne sont plus antinomiques ? Je vous invite à essayer, on ne sait jamais que ça marche !

Avec toute ma gratitude et mon amour,

 

Photo par Jeff Werner. Relecture par Poussah, Nico

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9 ans de blog : le défi NaNoWriMo

Sunday 20 October 2013 at 15:31

happy_birthday

Nous avons une propension naturelle à aimer les chiffres ronds. C’est purement arbitraire mais je vais céder à la convention. Car, demain matin, ce blog entrera dans sa dixième année. Vous pouvez d’ores et déjà marquer le 20 octobre 2014 dans votre agenda. Il me reste un an pour trouver une idée de ce que nous ferons pour fêter une décennie de longs et indigestes billets prétentieux.

Vous avez pu constater que j’aimais écrire mais que j’étais un procrastinateur indécrotable. Et grâce à vous, qui me lisez, qui me partagez, qui me corrigez, j’ai trouvé une nouvelle motivation. Cela fait 20 ans que j’ai envie d’écrire mais il a fallu votre coup de pouce pour que je passe à l’action.

Et pourquoi ne pas commencer cette dixième année de blog en passant à la vitesse supérieure ? Pour cela, je me propose de participer au NaNoWriMo.

Le NaNoWriMo est un challenge bien connu sur Internet. Les participants s’engagent à écrire 50.000 mots d’une œuvre écrite durant le mois de novembre. À titre de comparaison, mes longs billets font généralement 1000 mots. Cela signifie que le défi est de taille : l’équivalent de 50 billets en 30 jours !

Mais ce challenge, je ne vais pas le réaliser seul. Car je fais appel à vous pour me tirer durant tout le long du mois de novembre.

Devenez supporter de mon NaNoWriMo

Pour devenir supporter, rien de plus simple. Il suffit de payer mais, comme à l’accoutumée, avec un prix entièrement libre. Vous m’envoyez un mail à lionel@ploum.net avec, en sujet [Supporter NaNoWriMo]. Je vous fait entièrement confiance quand à la contribution ou au paiement que vous apporterez : je ne vérifierai pas.

Peut-être avez-vous déjà suffisamment contribué à ce blog ? Peut-être voulez-vous relire et corriger mon orthographe ? Ou, tout simplement, vous m’envoyez des sioux par virement, Paypal, Flattr, Patreon ou tout autre de votre choix.

Car l’argent reste le nerf de la guerre. Par tranche de 100€ reçue pour ce projet, je prendrai un jour de congé dédié entièrement à l’écriture. Il est aussi évident que, durant un mois, je vais grandement diminuer la fréquence de mes billets même si j’espère pouvoir continuer Printeurs en parallèle.

Le suivi au jour le jour

En tant que supporter, vous aurez accès à une communauté privée (probablement sur G+, si vous n’avez pas de compte Google, signalez-le moi dans votre mail).

Vous aurez également accès au texte au fur et à mesure qu’il se construit, vous pourrez discuter avec les autres supporters, critiquer, suggérer et recueillir en temps réel mes anecdotes et mon ressenti.

Le résultat final sera publié gratuitement sur mon blog. Si le projet s’avère faire plus que 50.000 mots, ce qui est fort probable, je vous tiendrai informés jusqu’à la complétion du livre, même si le rythme pourrait se ralentir après Novembre.

Le choix du projet

En tant que supporter, vous avez le droit de choisir, parmi deux projets très différents, le sujet sur lequel je vais travailler pendant un mois. Dans votre mail de soutien, indiquez donc bien votre préférence.

Projet 1: Un monde pirate

Le premier projet est un essai qui concatène mes expériences au sein du Parti Pirate et ma vision pirate des grands sujets de société. Le Parti Pirate n’a pas de réel programme. Dans « Un monde pirate », je souhaite développer pourquoi je n’ai pas eu besoin de programme pour être convaincu et comment je vois le monde évoluer si les idées pirates parvenaient à percoler. Pas franchement très amusant mais peut-être pertinent à l’aube des élections de 2014.

Beaucoup d’idées déjà développées sur ce blog se retrouveront, d’une manière ou d’une autre, reprises et reformulées dans cet essai.

Projet 2: L’écume du temps

« L’écume du temps » est un projet de roman qui me tient à cœur depuis près de 10 ans. Commencé comme un scénario d’une série de court-métrages, cela fait près de trois ans que je travaille au synopsis détaillé de cette intrigue particulièrement complexe et que j’enfile des poignées de bouquins en guise de documentation afin de coller autant que possible à la réalité historique.

Dans un futur très proche, Mats travaille sur une expérience de physique expérimentale impliquant des récentes découvertes en physique quantique. Une expérience qui ne semble pas plaire à une organisation secrète qui tente plusieurs fois d’attenter à la vie de Mats, heureusement protégé par un mystérieux homme en noir.

Pour Zoé, l’égyptologue, les récents événements sont étroitement liés avec le début du règne d’Akhénaton, le pharaon maudit. Que s’est-il passé de si important il y a 3500 ans pour que la société humaine toute entière soit accrochée à ce point nodal de l’espace temps ? Comment la simple existence d’un Mats traqué, pourchassé et trahi remet-elle en question le passé, mettant en péril notre civilisation toute entière ?

Commençant comme un thriller où la science-fiction n’est finalement que très légère et très accessoire, « L’écume du temps » se veut une histoire changeante et pleine d’imprévus, emportant le lecteur à travers l’histoire de l’humanité. Si le résumé ci-dessus semble assez banal, j’espère que le résultat final vous surprendra.

En résumé

Si vous souhaitez soutenir ma participation au NaNoWriMo, vous m’envoyez un mail à lionel@ploum.net avec en sujet [Supporter NaNoWriMo]. Vous me dites la contribution que vous souhaitez apporter, vous me donnez l’adresse de votre compte Google, vous me dites sur quel projet vous souhaitez que je travaille en priorité et votre avis sur l’initiative en général. Est-ce trop ambitieux ? Trop prétentieux ? Préférez-vous que je continue à bloguer normalement ?

En tout cas, le défi est lancé. Je me suis toujours demandé si j’étais capable de faire le NaNoWriMo. Mais si vous êtes nombreux à me soutenir, je sais que je n’aurais pas le choix !

 

Photo par Will Clayton. Relecture par Pit.

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Source: http://ploum.net/9-ans-de-blog-le-defi-nanowrimo/


Printeurs 9

Friday 18 October 2013 at 14:57

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Ceci est le billet 9 sur 10 dans la série Printeurs

Une légère sonnerie se fait entendre. Nullement surpris, Georges se dirige vers la porte de l’ascenseur à l’instant où celle-ci s’ouvre sur un personnage en costume élégant. Il n’est plus tout jeune mais fait partie de ces personnes dont on perçoit instantanément qu’elles sont bien conservées, moins par le sport et une vie saine que grâce à l’argent et la richesse. Lorsque l’on peut se payer un cuisinier, des repas bios, des massages, des petites retouches chirurgicales de temps en temps et un traitement de régénération de l’ADN, le passage du temps doit paraître moins inquiétant.
— Bonjour Georges, fait l’individu. Je te croyais seul !
— Bonjour Warren, ne t’inquiète pas. Il s’agit de deux jeunes chercheurs très prometteurs qui ont toute ma confiance. D’ailleurs, nous t’attendions, je venais de servir un quatrième verre de Whisky. Nellio, Eva, je vous présente Warren, administrateur du conglomérat de la zone industrielle.

Sans hésiter, il tend au visiteur le verre qu’il vient de sortir de notre… printeur, à défaut d’autre mot pour décrire notre invention. Je reste un instant suffoqué par son audace et son naturel. Ce verre de whisky est historique et Georges le sert au premier visiteur venu. Constatant mon air ahuri, il m’adresse un clin d’œil complice.

Je m’approche d’Eva.
— Georges est dingue ! Ce mec aurait pu surprendre notre expérience !
Elle me regarde, d’un air légèrement hautain :
— Bien sûr que non, il n’aurait pas laissé la porte de l’ascenseur s’ouvrir !
— Mais elle est automatique, non ?
— Georges possède un neurex autrement plus perfectionné que nos gadgets. Le sien est calibré sur certains ordres précis, par exemple l’invitation à entrer. Une image de la personne est projetée dans ses lentilles. S’il a la moindre réaction de rejet ou d’hésitation, la porte se bloque et il faut l’ouvrir manuellement.
— Bref, c’est la version moderne de l’œil-de-bœuf.
— Si tu veux.
— Mais… Comment es-tu au courant de tout cela ?

Sans me répondre, elle me fait signe d’observer le nouveau venu porter le verre offert à ses lèvres. Une grimace déforme soudain ses traits. Mon cœur s’arrête de battre ! Et si notre printeur n’était tout simplement pas au point ? Dieu sait quel liquide Georges avait offert à son invité !
— Du Glenlivet ! Bon dieu Georges, tu n’as donc aucun goût ? C’est juste bon à allumer le barbecue. Tu veux me tuer ?
— J’oubliais que monsieur est un fin connaisseur, goguenarde Georges en reposant le verre. Mais je suppose que tu n’es pas venu ici pour critiquer mes goûts.

D’un air légèrement interrogatif, Warren nous jette un regard. Georges le rassure :
— Ne t’inquiète pas, ils ont toute ma confiance.
— C’est au sujet de ta fondation pour les conditions de travail des ouvriers. C’est très joli tout ça mais ça induit des coûts qui vont se répercuter sur les ventes.
— Il faut bien que les ouvriers aient des avantages sur les télé-passifs ! J’essaie de t’aider Warren. Si tu ne cèdes pas progressivement, tu risques de voir apparaître des syndicats !

Eva semble passionnée et ne perd pas une miette de la conversation. Quand à moi, j’avoue y trouver un profond ennui. Je m’éloigne au milieu du bourdonnement des voix et m’installe dans un canapé de cuir blanc. Ce que j’avais pris pour un coussin se déplie soudain et vient se frotter contre moi. Un chat ! Il ronronne, se frotte le museau contre mon bras.
— Salut minou !

D’autorité, il plante ses griffes dans mes cuisses et se met à les pétrir avec ardeur. La douleur est légère, je rigole doucement. Il pousse un bref miaulement avant de se lover entre mes deux jambes. Je suis prisonnier !

Georges s’approche de moi.
— Je vois que vous avez fait connaissance tous les deux ! Félicitations Nellio, le Roi Arthur est très exigeant quand à la qualité de ses coussins royaux. Tu es l’un des rares élus !

Je souris.
— Où est Warren ?
— Il est sorti, cela fait un moment que nous discutions et nous ne t’avons pas entendu.
— Désolé, je crois que je n’ai pas vu le temps passer.
— C’est que le Roi Arthur a utilisé sur toi sa terrible emprise spatio-temporelle ! Ses victimes sont dans un espace temps à écoulement différé. Redoutable !
— Au fait Georges, sans vouloir être indiscret, tu me sembles bien occupé. Après notre recherche, des sociétés, j’apprends que tu présides également une fondation pour les conditions de travail dans les usines. As-tu encore le temps de tourner des films ?

Georges a l’air sincèrement surpris :
— Pourquoi faire ?
— Et bien, c’est ton métier, non ?

Il éclate de rire !
— Oh, dit-il, je croyais que tout le monde était au courant. J’ai tourné quelques segments clés dans mon jeune temps afin de construire mon book. Le reste est entièrement réalisé en simulation 3D par les techniciens. Je donne mon accord pour l’utilisation de mon image et je touche des royalties. De temps en temps, je dois tourner un nouveau segment qui n’est pas réalisable à partir de ceux existants. Cela ne prend guère plus d’une journée.

Je reste interdit.
— Mais… Les prix d’interprétation que tu as obtenus ?
— C’est la partie ennuyeuse de mon travail. Lorsque les producteurs ont décidé d’acheter un prix parce que cela fait partie de leur plan marketing, je dois me farcir la cérémonie. Pas moyen d’y échapper, c’est une des clauses de mes contrats. Mais bon, je suppose que ça fait partie du job, je n’ai pas à me plaindre.

Eva nous regarde fixement. Ses lèvres s’entrouvrent un moment, comme si elle était sur le point de dire quelque chose. Puis, prenant une décision, elle s’approche de moi et, sans mot dire, se saisit du Roi Arthur.

S’emparer d’un chat qui dort et qui n’a pas envie de bouger n’est pas une mince affaire. Surtout si ce chat s’appelle Roi Arthur et n’a visiblement jamais connu d’autorité supérieure que celle de son bol de croquettes. Parvenir à maintenir ce chat dans le scanner multi-modal durant un temps suffisant devrait relever de l’exploit impossible. Pourtant, le visage complètement impassible, la peau à peine entamée par les coups de griffes, c’est ce qu’Eva est en train de réaliser sous nos yeux ébahis. L’espace désormais constellé de poils au creux de mes cuisses n’a pas le temps de refroidir que, déjà, Eva relâche le souverain Pendragon qui, offusqué, s’en va soigner sa dignité blessée en son île d’Avalon, sous le canapé. Ni Georges ni moi n’avons élevé la moindre protestation. Eva pianote sur le clavier.

Je retiens mon souffle. Georges est paralysé, il n’ose intervenir. Eva enfonce une dernière touche et l’aquarium se met à bouillonner. De manière étonnante, le bouillonnement me semble moins intense que pour le verre de whisky. Peut-être est-ce l’habitude ? Ou le fait que l’air soit probablement saturé de poussières et de particules de chat ? Je ne peux dire combien de temps nous sommes restés immobiles, figés jusqu’à ce que, brusquement, le liquide se stabilise. Pas le moindre remous, le moindre clapotis. Une immobilité immédiate, surnaturelle. Je me rappelle alors que notre liquide est en fait composé de milliards de nano-robots. Eva est paralysée, elle fixe le contenu de l’aquarium.

Dans le silence religieux qui s’est emparé de la pièce, les coups de langues du Roi Arthur original qui se lèche vigoureusement derrière les oreilles résonnent comme des coups de tonnerre.

 

Photo par Carole & Aldo.

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Source: http://ploum.net/printeurs-9/


Nous sommes tous d’extrême droite…

Wednesday 16 October 2013 at 15:08

nazi_love

Que ce soit en Grèce, en France ou dans mon propre pays, je ne peux que m’inquiéter à chaque fois que j’entends parler de « lutter contre l’extrême droite », de « peste brune » ou des actions « antifafs ».

Comme si le monde était entièrement polarisé entre les « mauvais », l’extrême droite, et les « gentils ». Comme si il fallait stigmatiser une partie de la population avant de la détruire. Faudra-t-il bientôt un passeport certifiant que nous ne sommes pas d’extrême-droite ? N’est-ce pas appliquer exactement les méthodes tant décriées ?

Au fond, ne sommes nous pas tous un peu d’extrême droite ? Des milliers de personnes votent extrême droite et sont, pourtant, des gens plein de qualités voire de gentillesse. Nous avons tous connu cette personne sympathique, cet oncle rigolo qui, à un moment ou un autre, dira « Les étrangers, il faut tous les foutre dehors ». On peut se braquer, on peut refuser de discuter avec lui. Il n’empêche qu’on le trouvait sympa avant d’entendre son opinion politique.

Car l’extrême droite, après tout, ce n’est qu’une simple erreur de jugement. La simpliste pensée, savamment orchestrée par des campagnes de communication, que les étrangers sont la source de tous nos maux, que nous en débarrasser serait une solution. Prendre conscience que cette pensée est fausse est un exercice de logique relativement complexe. Aussi, est-il humain et compréhensible que beaucoup fassent cette erreur. Doit-on pour autant les rejeter ? Ou, au contraire, essayer de les écouter pour pointer les failles du raisonnement ? Que celui qui ne s’est jamais trompé me jette la première pierre !

Les étrangers prennent notre boulot

C’est la crise et beaucoup d’entre nous sont au chômage. La quantité de postes à pourvoir à temps plein est limitée. Il parait donc très logique que choisir arbitrairement de supprimer une partie de la population créera des emplois pour les autres. Les étrangers représentent une catégorie facile à identifier. Cela entraîne l’axiome : « Je n’ai rien contre les étrangers mais nous, les purs, devons avoir priorité pour obtenir un travail. »

Facile, simple et, honnêtement, avouez que c’est très tentant de se laisser aller à ce genre de raisonnement lorsqu’on craint pour sa propre situation.

Évidemment, comme tout raisonnement simpliste, on oublie de dire que les étrangers sont également des consommateurs. Que s’ils partent, une grande partie du travail disparaîtra avec eux. Qu’une grande partie de nos « purs compatriotes » travaillent également à l’étranger.

Les étrangers nous agressent

Je ne connais pas les chiffres mais je veux bien admettre que, proportionnellement, il y a plus de délinquants et de voyous parmi les immigrés que parmi les « purs nationaux ».

N’est-il pas tentant de vouloir réduire le nombre de voyous ? Avouez, cela semble tellement facile !

Ici, nous sommes en plein dans la confusion traditionnelle entre la corrélation et la cause. Vu qu’il y a plus de voyous parmi les immigrés, on arrive inconsciemment à la conclusion qu’être immigré fait de vous un voyou.

Or, tous les indicateurs le montrent : la réelle cause de la délinquance, c’est la paupérisation d’une partie de la société. Les « purs nationaux » défavorisés sont tout autant susceptibles de devenir des délinquants que les émigrés. Il est également parfaitement logique de constater qu’une grande partie d’immigrés, ces gens qui ont quitté leur pays parce qu’il n’arrivaient pas à s’en sortir et qui arrivent les mains vides sont pauvres. Et donc plus susceptibles de tomber dans la délinquance.

La délinquance est un produit de la pauvreté et expulser les étrangers ne résoudra pas le problème de la pauvreté. Mais c’est plus facile de le croire et d’en être convaincu.

L’argument moral

Les deux arguments ci-dessus sont les fers de lance de l’extrême droite. Comme vous avez pu le constater, il est très facile de se tromper, surtout dans une situation de crise où vous craignez pour votre propre bien-être !

Si vous me lisez, il y a de grande chance que vous ayez une éducation assez poussée et que vous ne soyez jamais tombé dans le panneau. Mais doit-on nécessairement rejeter les personnes qui font ces deux erreurs ? Qui pensent, sincèrement, que leurs problèmes pourront être résolu en expulsant les étrangers ou, au moins, en donnant la priorité aux « purs » ? Pourriez-vous jurer que vous n’auriez jamais tenu ces raisonnements si vous n’aviez pas reçu votre éducation ou vécu vos expériences ? N’avez-vous pas tout simplement dompté cette peur de l’autre qui existe en chacun de nous ?

Ils votent extrême-droite mais ce sont des humains, comme nous, pour la plupart gentils et aimants. Comme je l’ai déjà entendu : « J’aimerais qu’on puisse accueillir les étrangers mais y’a un moment ou c’est chacun pour soi. C’est dommage, c’est pas que je les aime pas, c’est juste la survie. »

Face à ce genre de réaction, le seul argument qu’ils entendent, surtout de la bouche des politiciens ou des intellectuels : « Mais c’est du racisme ! » ou « C’est de l’extrême droite ! ». Comme si l’invocation suffisait à stopper toute discussion.

Ce à quoi ils répondent : « Oui, et alors ? Je préfère survivre en étant raciste que crever de faim. » Peut-on réellement leur donner tort ? N’est-ce pas une réaction profondément humaine ?

Les étrangers de l’humanité

Oui, il y a des gros cons. Des gens dangereux. Mais, surprise, ils ne sont pas tous d’extrême droite. Et derrière les bulletins de vote extrémistes se cachent souvent des hommes et des femmes qui vous inviteraient volontiers à partager leur repas, qui pourraient garder vos enfants ou venir nourrir votre chat pendant les vacances.

Ils n’ont tout simplement pas eu la chance de recevoir une éducation comme la vôtre. Ou sont incapables de l’utiliser. Ils ont vécu dans leur univers et ne se sont jamais posé la question cruciale, le talon d’Achille de l’extrême droite : comment détermine-t-on la « pureté » ? Qui est étranger et qui est un national ? Pouvez-vous tracer une frontière précise ?

Discutez avec eux. Demandez leur les critères précis pour déterminer ceux qui sont « nationaux ». Cela va prendre du temps. Pour chacune de leurs idées, il faudra trouver des cas limites, les exceptions. Et, finalement, ils devront se rendre à l’évidence : soit la frontière est « tout ce qui n’est pas comme moi », un cri de solitude et de désespoir, soit elle est juste assez large pour englober l’humanité entière.

On ne lutte pas contre l’extrême droite en la diabolisant, en rejetant toute personne qui vote ou professe ses idées. Pour la plupart, ils sont déjà terriblement seuls. On la réduit à néant en écoutant, en éduquant et en humanisant. L’humanité, tu peux apprendre à l’aimer car nous ne voulons pas que tu la quittes. Reste avec nous ! L’humanité t’aime, même si tu as voté extrême droite !

 

Photo par Thzami Gamour.

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Source: http://ploum.net/nous-sommes-tous-dextreme-droite/


La bonne discrimination

Tuesday 15 October 2013 at 13:13

sauna

Je suis né au bon endroit, dans la bonne partie de la population avec les bons attributs. Pour moi, la discrimination restait un concept abstrait, un phénomène que je ne risquais pas vraiment de connaître. Jusqu’au jour où…

Nous étions quatre amis qui avions décidé de passer ensemble la soirée aux thermes. Je suis friand de saunas et cela devait être une bonne soirée.

Lorsque nous sommes arrivés, nous avons chacun payé notre entrée. J’étais le dernier de notre petite file mais, lorsque ce fut mon tour, la personne chargée de l’accueil m’a regardé et m’a dit : « Vous, vous n’avez droit qu’à vingt minutes ! »

Étonné, j’ai regardé les trois autres à qui rien n’avait été précisé. De derrière son comptoir, l’homme m’a tendu une feuille : « Je suis désolé mais c’est le règlement. Je n’y peux rien ! ». Et, effectivement, de notre petit groupe, j’étais le seul concerné par une clause d’exclusion écrite en toutes lettres sur le papier.

Nous nous sommes entretenus, à quatre, pour décider de la démarche à suivre. Je n’ai pas voulu gâcher leur soirée. J’ai dit que cela n’était pas grave, que je les attendrai à la cafétéria à l’extérieur. Ajoutant, avec un clin d’œil: « Pour peu qu’on veuille bien de moi là bas ! » Rires !

Mais ce n’était pas vrai. Je me suis senti exclu. J’avais tant envie de profiter, de me détendre, de passer une soirée avec mes amis. Pourtant, ce n’était pas de ma faute. J’étais né comme ça. Je ne pouvais rien y changer !

Plus tard, lorsque nous nous sommes retrouvés, nous avons discuté de cette péripétie. De manière amusante, mes amis n’étaient pas réellement choqués. Nous aurions du mieux nous renseigner avant. Nous aurions du lire le règlement. C’était de notre faute. Uniquement de notre faute.

Car il est logique de discriminer des gens comme moi. Si c’est appliqué chez nous, dans notre pays, dans notre ville, c’est que c’est une « bonne discrimination », non ?

Il parait qu’il y a des personnes qui ne peuvent souffrir la promiscuité avec les gens comme moi. Peut-être est-ce une bonne chose de m’exclure afin de leur laisser de l’espace. Mais leur intolérance est-elle donc plus acceptable que ce que je suis et que je n’ai pas choisi d’être ?

Il parait également que certaines personnes comme moi se montrent particulièrement désagréables voire même agressives. Il s’agit donc de préserver une forme de paix. Mais, personnellement, je n’ai jamais été agressif. Si je suis d’accord pour expulser les fauteurs de troubles, pourquoi généraliser ? Et quid de ceux qui ne sont pas tout à fait comme moi mais en partie seulement ? Ceux qui ne rentrent pas dans une case précise ? Ceux qui sont entre deux catégories ? Ils existent pourtant !

Oh et puis, ce n’est qu’une anecdote, un détail ! Qui suis-je pour me plaindre moi qui n’avais jusque là jamais connu la discrimination ? Beaucoup connaissent bien pire, certains le vivent au quotidien.

C’est vrai. Il n’empêche que je ne peux m’empêcher, dans un pays qui prône l’égalité et la liberté, de me sentir discriminé à cause d’une simple caractéristique physique de naissance que je n’ai pas choisie et que je ne peux changer. Il faut reconnaître que, dans mon cas, cette caractéristique est plus souvent un avantage qu’un inconvénient. La discrimination se fait principalement dans l’autre sens. Mais, ce soir-là, j’ai réalisé qu’elle n’était jamais acceptable, qu’elles que soient les intentions. Il n’y a pas de « bonne discrimination », uniquement une discrimination arbitraire, particulièrement inique lorsqu’elle se base sur des attributs physiques impossibles à changer.

Je ne peux sortir de mon esprit l’idée qu’on ne lutte pas contre certains débordements ou contre l’intolérance en acceptant des discriminations, fussent-elles minimes.

Contrairement à beaucoup de billets de ce blog, cette histoire est entièrement véridique. Alors que je me rendais aux thermes de ma ville en compagnie de trois amies, j’ai appris que ce soir particulier de la semaine était réservé aux femmes à partir de 20h.

J’étais, vous l’avez compris, le seul homme de notre petit groupe. Un fait qui, jusqu’à l’entrée des thermes, ne m’avait pas particulièrement frappé.

 

Photo par Serg C.

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Source: http://ploum.net/la-bonne-discrimination/


Les business models de la création numérique

Saturday 12 October 2013 at 14:00

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L’énorme majorité des artistes de notre planète ne toucheront jamais un centime pour leur travail. Faites l’expérience dans votre entourage : combien connaissez-vous de blogueurs, de musiciens, d’écrivains, de photographes, de dessinateurs, de tricoteurs, de cuisiniers, de contributeurs à des logiciels libres, de raconteurs d’histoires ? Il est probable que la majorité de vos amis et de votre famille, d’une manière ou d’une autre, soient des créateurs. De votre grand-mère qui raconte des histoires à votre petit cousin qui compose des chansons de rap qu’il récite sur Youtube, vous êtes entouré d’artistes.

Maintenant faites le compte de ceux qui ont déjà gagné au moins 1€ avec leur talent. Nettement moins, n’est-ce pas ? Réduisez encore à ceux qui gagnent leur vie avec leur art. Il y a de grandes chances que vous n’en connaissiez tout simplement aucun ou qu’ils tirent le diable par la queue.

La conclusion est simple : l’art n’est pas lié à l’argent. Chaque fois que l’on agitera devant votre nez le terrible spectre des artistes ne pouvant pas vivre de leur art, repensez-y : c’est déjà le cas, au pifomètre, pour 99,99% des artistes et personne ne s’en émeut !

Ceci dit, ne pourrait-on imaginer une manière de gagner sa vie, au moins en partie, avec son art ? Bien sûr. Ce processus s’appelle trouver un business model. S’il ne fallait pas passer par cette étape, n’importe qui pourrait se déclarer artiste et gagner de l’argent (au fond, c’est peut-être une idée à creuser…).

Le business model de la rareté

Le modèle le plus traditionnel est très simple : il s’agit de fournir le support d’une œuvre artistique. La réalisation de ce support coûte généralement cher et est complexe, ce qui entraine une certaine rareté des supports. Seules certaines entreprises bien équipées sont en mesure de produire ces supports.

L’échange commercial se situe donc entre le public et le producteur de supports. Pour l’artiste, le business model consiste à réclamer un pourcentage du prix au producteur de support. Ce pourcentage est très faible comparé au coût de production et de distribution des supports. L’échange entre l’artiste et le public est indirect et limité.

Un des principaux désavantages de ce système est le contrôle total des producteurs sur les artistes. Les producteurs décident des artistes qui auront le droit d’être distribués. Le copinage, la rentabilité supposée sont des facteurs qui dépassent amplement le simple talent de l’artiste.

Le bouleversement numérique

Le business model précédent est basé sur la conjecture que produire le support d’une œuvre est cher et complexe. Que cette conjecture se révèle fausse et toute la chaine s’écroule. Or c’est pourtant exactement ce qui se passe avec le numérique. De plus en plus d’œuvres peuvent être décrites comme un simple fichier informatique : musique, films, livres, objets imprimables en 3D, jeux, logiciels. Lorsque vous téléchargez le fichier en question, vous devenez vous-même le producteur et réalisez votre propre copie !

En effet, vous êtes le propriétaire du matériel et vous transposez une œuvre virtuelle sur un support physique. Vous êtes donc producteur et rentrez directement en concurrence avec les producteurs traditionnels. Face à cela, la première riposte fut de tenter d’imposer au monde numérique les contraintes de rareté du monde physique. Trois méthodes furent utilisées : la technique, avec les DRMs, la législative, avec le lobbying et les lois sur la propriété intellectuelle et la psychologique, avec une diabolisation de la copie en la renommant « piratage ».

Les producteurs trouvent un appui auprès du faible pourcentage d’artistes qui gagnent de l’argent avec un raisonnement très simple : votre business model est de gagner un pourcentage sur le support. Si le support devient gratuit, votre pourcentage est nul. Ce raisonnement se base sur l’hypothèse qu’il n’y a pas d’autre business model. Les producteurs de supports sont en effet terrifiés à l’idée que les artistes puissent trouvent un autre business model qui ne passerait pas par eux.

Mais quels sont les business models qui s’offrent aux artistes d’aujourd’hui ?

Le mécénat et la publicité

De tout temps, les artistes ont cherché le soutien de mécènes. Mais, dans l’immense majorité des cas, le mécène n’était pas complètement désintéressé. Il cherchait, à travers ce soutien, à augmenter son prestige, sa notoriété, son image de marque.

Dans son évolution la plus extrême, le mécénat est devenu la publicité directe. Un créateur est payé à condition de recommander un produit quelconque. Le public est donc encouragé à acheter un produit dont il n’a pas forcément envie. Sur le prix de ce produit, une infime fraction ira à l’artiste.

Outre que ce système injecte une flopée d’intermédiaires entre le public et l’artiste, il est également foncièrement inégal. Tout le public ne sera pas nécessairement acheteur du produit. Et tous les acheteurs du produit ne font pas partie du public de l’artiste.

Pire : il met grandement en danger l’indépendance de l’artiste dont le but n’est plus de produire une œuvre qui va parler au public mais bien de produire une œuvre qui le convaincra d’acheter un produit particulier. L’artiste se verra également obligé de lutter contre la liberté du public par exemple en jugeant AdBlock immoral.

L’organisme centralisateur et redistributeur

Une autre piste explorée est de faire en sorte qu’une population donnée paie une taxe à un organisme central qui redistribuera à sa guise le montant aux artistes.

Cet organisme central peut être privé (SABAM, SACEM) ou tout simplement l’état.

Cependant, ce mode de fonctionnement pose de nombreuses questions. Tout d’abord, il est profondément injuste envers le public, qui va payer de façon arbitraire. Enfin, il n’est guère besoin d’insister sur les abus qu’un tel organisme central est en mesure de faire, se gardant une part conséquente du gâteau.

Mais le pire est sans conteste l’arbitraire qui préside à la redistribution. Que l’on parle de Société d’auteurs ou de licence globale, seule une minorité d’artistes touchera un peu d’argent. Qu’un artiste soit légèrement en dehors du système et il se verra privé de rétribution, quand bien même son public paierait ses taxes !

Une des méthodes de redistribution utilisée par l’état consiste également en subsides, aides ou abattements fiscaux sous prétexte de « soutien à la culture ». Or, une fois encore, ces méthodes menacent grandement l’indépendance de l’artiste. Sa familiarité avec la classe politique au pouvoir deviendra pour l’artiste bien plus importante que son talent.

Produit d’appel pour produits dérivés

Un business model très courant et de considérer l’œuvre comme gratuite mais de fournir des produits dérivés payants : t-shirts, accessoires, places de concerts.

Si l’idée est intéressante, elle ne s’applique malheureusement pas à toutes les formes d’art. Quand avez-vous pour la dernière fois porté un t-shirt de votre écrivain favori ? Si aller à un concert d’un blogueur comme JCFrog est envisageable, je vous conseille d’éviter le tour de chant de Ploum !

L’appel direct au public

Tous les business models précédents ont ceci en commun qu’ils tentent de faire payer le public de manière indirecte. Que ce soit à travers l’achat d’un support, d’un produit dérivé, d’une taxe ou d’un produit qui n’a strictement rien à voir. Le business model général est donc de trouver un intermédiaire qui récolte de l’argent auprès du public, peu importe la manière, et paie l’artiste. Parfois, plusieurs modèles s’enchainent, augmentant les intermédiares payés par le public : un producteur de support demandera de l’aide de l’état pour continuer son travail, ce dernier utilisant l’argent des taxes.

Face à cet état de fait, une constatation saute aux yeux : Pourquoi ne pas se passer de l’intermédiaire ? Pourquoi ne pas faire payer directement le public ? Pourquoi ne pas tout simplement le convaincre de donner un peu d’argent. Pas grand chose, juste ce qu’il souhaite, ce qu’il peut se permettre. S’il donne directement 1€ à un musicien ou un écrivain, c’est plus que ce que dernier aurait touché pour la vente d’un livre ou d’un album ! Les artistes ont donc tout à gagner de ce système !

Pour le public, le gain est également évident : il peut directement choisir l’artiste ou les artistes qu’il veut soutenir, sans intermédiaire. Il garantit l’indépendance de ses artistes favoris et ne voit pas son esprit envahi par la publicité.

Évidemment, cette solution est très mal vue par tous les intermédiaires des business models indirects. Pourtant, ils ne doivent pas s’inquiéter. Si leur travail est utile, si leur contribution à l’œuvre et à sa diffusion est importante, l’artiste leur reversera une partie de ses gains.

Mais peut-être que beaucoup de ces intermédiaires savent que leur travail n’est utile ni aux artistes, ni au public. Ce n’est sans doute pas un hasard si ils tentent de s’opposer de toutes leur force à un monde ou l’art serait contrôlé directement par les artistes et le public.

 

Photo par Rapid City Public Library.

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Source: http://ploum.net/les-business-models-de-la-creation-numerique/