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L'espace de co-working

Tuesday 13 November 2012 at 22:48

Nous avons tous les trois des objectifs complètement différents, je le reconnais. Mais si nous avons mis en place cet endroit dédié au co-working, c'est pour se motiver l'un l'autre, pour se serrer les coudes par delà nos différences.

Je n'y connais rien en informatique ou en business mais Caroline n'hésite jamais à partager ce qu'elle fait. Parfois, je peux l'aider en ayant une idée qu'elle n'avait pas perçue. De mon côté, je rédige, je corrige, je traduis. Ça me motive d'avoir en face de moi quelqu'un qui travaille, de pouvoir discuter de mes clients problématiques.

Toi, tu ne fais rien. Tu passes ta journée à dormir sur le canapé de notre espace co-working ! Tu te lèves de temps en temps pour aller bouffer à la cuisine ou boire un coup mais, à part ça… Oui, c'est vrai, tu me piques mon ordinateur dès que j'ai le dos tourné et comme tu ne fais pas gaffe, tu m'as déjà perdu deux fois des fichiers non-sauvegardés.

Au début, je pensais qu'il fallait que tu t'habitues mais ce n'est plus tenable. Tu induis une ambiance délétère, tu pourris l'atmosphère studieuse que nous tentons d'instiller.

C'est bien simple : dès que je te vois, j'ai envie de dormir. Quand tu manges, je ne peux m'empêcher de piller le frigo. Je peux passer des journées à ne rien faire. Le pire c'est qu'avec toi, je ne me sens même pas coupable.

Le co-working, ce n'est définitivement pas pour toi. Es-tu fier de ton niveau de productivité ? Honnêtement ?

Caroline et moi, nous avons convenu de nous fixer des objectifs et nous demandons à l'autre d'être l'arbitre. Mais toi ? Depuis que tu es là, tu n'as même pas ramené une seule souris !


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Source: http://ploum.net/post/l-espace-de-co-working


Liblarch, a python library to handle trees and acyclic graphs

Thursday 8 November 2012 at 19:58

Lesson number one Some of you may be aware that Getting Things GNOME! 0.3 was released. What you may not know is that GTG is now using a python library called liblarch and that liblarch 2.1.0 was released today.

Liblarch is a python library specifically designed to handle complex trees (including directed acyclic graphs) and to display them. A liblarch-gtk component allows you to display different views of your tree in a GTK TreeView widget without any effort.

During the development of GTG, we faced major problems to handle our tree of tasks and our tree of tags. The features we wanted proved to be very complex to implement and very fragile : solving a bug would create two others. And the performance work was a nightmare.

We decided to abstract the whole concept of tree and to make it a standalone, well tested and optimized library. We are very proud of it and we are looking for more applications that would benefit from using liblarch.

Liblarch is designed to be as simple as possible from the programmer point of view. The nodes of your tree can be any python object. You only need to inherit from liblarch TreeNode. Once you have a node, you will connect it to a tree. It can be a node without parent, with a single parent or even with multiple parents.

Where liblarch becomes powerful is to display a given tree : you can have multiple views over the same tree, add a complex filter or even a combination of multiple filters. And all of that can be quite easily displayed in a GTK TreeView. Easy and GTK TreeView in the same sentence? Sounds impossible? Not with liblarch!

How liblarch is working

As an example, you can test our implemenation of a dummy contact list. By reading the code, you will see how straightfoward it is to have searching capabilities in the contact list, contacts in multiple groups, hiding offline contacts or updating automatically when a new contact comes online.

Liblarch comes with an extensive test suite. The next challenge is to port it to Python3/GTK3 and to write a good built-in documentation. Any help is welcome :-) (EDIT: we are also looking for packagers)


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Source: http://ploum.net/post/liblarch-a-python-library-for-trees


Les opportunités manquées du Libre 2: la décentralisation

Wednesday 7 November 2012 at 10:39

Je vous ai déjà parlé de l'importance de la décentralisation : il faut créer des services indépendants qui communiquent entre eux (l'email) plutôt qu'un gros service qui contrôle tout le monde (Facebook, Google).

Mais créer un service décentralisé est une véritable gageure. Si les problèmes techniques sont légions (compatibilité, communication, standardisation), ils ne sont rien face à l'immense défi humain. Je pense notamment aux abus comme le spam ou la fraude. Un service centralisé peut gérer les spammeurs au cas par cas en désactivant les comptes. Un service décentralisé doit mettre en place une stratégie complètement différente. Le seul réseau décentralisé d'envergure, le mail, n'a d'ailleurs jamais résolu ce problème.

Pour réussir, un service décentralisé doit donc offrir une solution au moins équivalente en termes de confort d'utilisation, une résolution des problèmes propres à la décentralisation et un petit plus qui fera la différence, qui poussera les utilisateurs à abandonner la concurrence.

Un cadenas sur une statue de liberté

Le résultat est sans appel : depuis l'email, aucune solution décentralisée n'a réellement percé auprès du grand public. Même le protocole de chat XMPP ne doit son succès qu'à son adoption par Google. Et, soyons honnêtes, si Google décide d'arrêter d'utiliser XMPP demain, ce ne seront pas les utilisateurs de Google Chat qui se plaindront mais bien les utilisateurs des autres serveurs qui n'auront plus accès à la majorité de leurs contacts.

Les raisons d'un échec

Comme je vous le disais précédemment, les libristes se sont concentrés sur la résolution des problèmes techniques, faisant fi de l'expérience utilisateur. La décentralisation ne fait pas exception. Ainsi, il est hors de question de mélanger un serveur de mail avec un serveur de chat XMPP. Chaque outil doit être indépendant. La conséquence directe est que la majorité des utilisateurs de solutions libres ont une adresse pour le mail et une pour le chat. Et, quand bien même certains services offriraient une adresse commune, il n'y aucune réelle intégration contrairement à Google qui, entre autres, envoie par mail les messages reçus lorsqu'on est déconnecté.

Face au succès des services webs centralisés, le monde libre a répondu avec la license AGPL. Plutôt que de se poser la question de l'indépendance, de ce que nous souhaitions construire et offrir aux utilisateurs, nous nous sommes contentés de nous vautrer dans notre petite zone de confort : l'accès au code source et l'évangélisme.

Les avantages de la centralisation

Mais il y a pire : la décentralisation est censée nous garantir l'indépendance, la sécurité par rapport à une seule entreprise. Mais, entre nous, quels sont les risques lorsque vous utilisez un service en ligne ?

  1. Le serveur est indisponible pour une période prolongée suite à une défaillance matérielle
  2. Vos données sont perdues suite à une défaillance matérielle et un mauvais plan de sauvegarde.
  3. Vos données sont volées suite à un piratage
  4. Votre fournisseur fait faillite et disparaît dans la nature
  5. Votre fournisseur décide de couper l'accès à vos données sans préavis

Chez un géant comme Google, la probabilité de souffrir d'un des 4 premiers problèmes est virtuellement nulle. Quand à la cinquième, elle arrive de temps en temps. Cela fait d'ailleurs un certain buzz et cela permet aux libristes d'avoir des exemples concrets pour illustrer le problème de la centralisation.

Les alternatives à la centralisation

Fuyant les géants, vous vous êtes installé chez un petit fournisseur indépendant. Tristement, il faut reconnaître que les 5 problèmes deviennent beaucoup plus probables. Vous devenez donc extrêmement dépendant de ce fournisseur qui peut faire faillite, se faire pirater ou brusquement augmenter ses prix sans que vous n'ayez la moindre chance d'alerter l'opinion publique.

Étant très doué en informatique, vous faites partie de cette minorité capable de gérer des services de base et vous décidez alors de passer à l'autohébergement. Malheureusement, cela a un coût non négligeable. Si il permet de résoudre les deux derniers points, il maximise la probabilité des trois premiers. Cela vous coûte de l'argent, cela vous prend un temps fou et cela vous force à être disponible en permanence. Un exemple célèbre est Rick Falkvinge, fondateur du Parti Pirate. Il héberge son site sur son propre serveur dans son bureau. Régulièrement, son site est indisponible pendant plusieurs jours suite à une panne de courant ou un problème de disque dur alors qu'il est à l'étranger. Dans ces cas-là, il ne communique plus que par Twitter, Google+ et Facebook, les réseaux centralisés…

Il s'en suit, de manière paradoxale, que la solution la plus sécurisée et qui vous donne le plus d'indépendance est… d'utiliser un géant centralisé comme Google.

Google plus libre que Diaspora

Et à ce petit jeu, Google est très fort et se permet le luxe d'offrir une fonctionnalité de Libération de Données : vous pouvez à tout moment télécharger toutes vos données dans un format aisément exploitable. Photos, publications, commentaires, contacts : tout y est ! Il s'en suit que j'ai un meilleur contrôle de mes données chez Google que celles sur Diaspora, où l'outil d'export n'est pas encore complet !

Diaspora et Status.net sont les exemples mêmes de l'échec du libre face à la décentralisation. Se contentant de copier les solutions centralisées en aposant un protocole décentralisé dessous, elles ont justifié leur échec par le monopole des acteurs de Facebook et Twitter. Le récent succès de Pinterest montre pourtant qu'il y a de l'espace pour l'innovation.

Et pourtant…

C'est dommage ! La décentralisation aurait pu devenir le cœur de notre expérience utilisateur. L'analyse du problème montre que la seule solution qui rende réellement indépendant est l'autohébergement mais qu'il faudrait le rendre simple, accessible à tous et sûr. Imaginez un instant une version serveur et une version client de votre distribution préférée. La version serveur s'installe en un clic sur le boitier dans votre salon et une interface graphique permet de créer les comptes sous forme d'une adresse email. Quand à la version client, il suffit de s'y connecter avec son adresse mail pour avoir aussitôt accès aux mails, aux calendriers, au chat, au partage de fichiers, à votre flux d'informations continues. C'est un rêve que certains n'abandonnent pas.

Simple et efficace.

Mais… Attendez une seconde ! C'est exactement ce que Google est en train de faire avec ChromeOS. Des services décentralisés, redondants, accessible du monde entier en un clic. Il n'y a qu'un seul hic : ils sont contrôlés par une seule société. Un société qui fait tout trop bien, allant jusqu'à financer la concurrence pour encourager la compétition. Si vous étiez à leur place, que feriez-vous de différent ? Sincèrement ?

Alors, préférez-vous mettre tous vos œufs dans un unique panier très solide ou … pas de panier du tout ?



Photo par Mark Tominski


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Source: http://ploum.net/post/opportunites-manquees-du-libre-2-decentralisation


[Oneliner 19]

Tuesday 6 November 2012 at 15:06

L'aborigène arboricole abhorre l'abord bâbord de l'abordage.


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Source: http://ploum.net/post/oneliner-19


Le flux total

Tuesday 30 October 2012 at 22:53

Malgré sa centralisation, je suis un énorme fan de Google+. Il me permet de m'informer, de confronter mes idées avec le monde, de partager automatiquement mes photos avec mes proches, d'organiser des évènements, de discuter avec mes amis sans remplir la boîte aux lettres de ceux qui ne le souhaitent pas et sans que ceux qui étaient partis en weekend aient à rattraper une myriade de fils de discussion. Il me permet également également de rendre mes réactions publiques sans tomber dans l'infamie suprême, le tristement célèbre « reply all ».

Une jolie chute d'eau, un « stream »

Le mail a ses limites. J'ai moi aussi finalement fait cette expérience qui arrive à tout le monde un jour ou l'autre : à partir d'une certaine quantité, le mail est inefficace. Comme on dit en bon franglais d'ingénieur : « le mail ne scale pas ».

Chaque jour est un véritable combat contre son inbox. Sans parler du lecteur RSS qu'il faut ramener à 0. N'avez-vous jamais entendu un collègue rentrer de vacances et passer les deux jours qui suivent à « répondre à ses mails » ?

Le mail souffre de multiples problèmes conceptuels. Il n'expire pas. Si il est inutile il nécessite une action (effacer). Alors que s'il est important, que vous comptez faire quelque chose avec, il ne faut pas y toucher pour bien le garder dans votre inbox. Joli paradoxe non ?

Quand, comme moi, vous êtes un adepte de la méthode Inbox 0, vous devenez super efficace pour les petits trucs sans importance. Vous répondez immédiatement aux mails les moins urgents. Par contre, tout ce qui prend un peu de temps ou est important est relégué au second plan, dans mon GTG.

C'est pourquoi, subtilement, le monde est en train de passer de l'email et du RSS au concept de flux. Un flux ne s'arrête jamais. Il vous donne autant à lire que vous le souhaitez. Mais si vous ne le lisez pas, les informations se succèdent malgré tout. Un flux n'a pas de limite de contenance.

Twitter est l'archétype du flux : personne ne lit tous les tweets de sa timeline. Vous lisez juste ce que vous avez sous la main quand vous allez au petit coin. Facebook fonctionne sur ce principe. Mais, à mon sens, le plus réussi au niveau fonctionnel reste Google+.

G+ a tout pour être un véritable « lifestream », un flux total : il peut remplacer les RSS de vos sites préférés (comme Linuxfr, Ars Technica ou Ploum.net). Il remplace les services de partage de photo, les services de chat, de vidéoconférence, de calendrier partagé et, ironiquement après l'échec de Google Wave, il peut même remplacer le mail.

Oui, effectivement, on peut rater certaines choses. Mais, avouez-le, c'est déjà le cas de la majorité des inbox mail. Que celui qui n'a jamais sorti l'excuse « Il doit être dans mes spams » me jette le premier tweet.

En ce sens, G+ est la première véritable ébauche de flux total. Ne me parlez pas de Facebook qui mélangent allègrement tout et n'importe quoi avec des messages privés, des messages sur des murs, des messages dans des groupes et des tas d'autres concepts que je n'ai toujours pas compris. Dans G+, tout est un élément du flux et il n'y a qu'un seul flux, c'est aussi simple que cela.

Une solution de flux total devrait cependant posséder une fonction pour « épingler » un message. Une sorte de liste de lecture qui permettrait de marquer un message comme important, que ce soit pour le lire, pour y répondre ou effectuer une action liée. La situation s'inverse donc par rapport au mail : il faut marquer ce qui est important. Une fonction qui fait encore cruellement défaut dans G+ (j'utilise Pocket à cet effet mais les deux s'intègrent très mal).

Mais je vous parle de G+, je m'oublie ! Ne perdons pas de vue qu'il s'agit d'un service propriétaire et fermé. Un service totalement contrôlé par une société unique. Il est bien entendu que le véritable flux total sera libre et décentralisé.

N'est-ce pas ?



Image par Jean Mottershead


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Source: http://ploum.net/post/flux-total


For a fistfull of votes

Monday 15 October 2012 at 19:02

Yesterday was an election day in Belgium. We voted for the municipal and provincial elections.

It was the second time that the Pirate Party was candidate, first being in 2010 when it was only in one place and performed at 0.26%.

This Sunday, we were in multiple districts of nearly all the provinces. With the exception of two 0.9%, we did more than 1% everywhere it was possible to vote for us. Paul Bossu did also an incredible 3.42% in his own district (Tournai).

Vote pour Lionel Dricotà Ottignies-Louvain-la-Neuve

We were also in 14 cities and I was personally leading the list in Ottignies-Louvain-la-Neuve, a city of 30,000 where we scored an outstanding 5.16%.

Which is my biggest disappointment… During all the night, official results gave us a seat at the city council. This was announced in the major medias and, at some point, we were not far from winning a second seat. Journalists were calling me one after another, I received lot of congratulations messages. Too bad, the very last result took us down and we missed the seat for a total of 14 votes. Journalists stopped to call and I had to explain to my friends congratulating me that the television was wrong.

When you know that more than 2500 people decided to not vote that day, it's very frustrating. 3 of my friends who wanted to vote Pirate decided, for various reason, to not vote. This should be a lesson for everyone who is not voting : every single vote counts.

But the result is there : we have 5.16% of the votes and none of the 31 seats. The major reason is that I was not able to achieve everything I wanted to do during this campaign, I was not enough organized and I realized too late that we needed to talk about real solutions, not about concepts. Talk about how you will do it, not why. Show proof that you can do it like the transparency challenge, launched too late but very well received! Valérie told me several times to get more into the actions, less into the ideas, she was right, you can blame me for missing that seat.

As pointed by Valérie and Michel, my fellow pirates, it's not because we are not elected that we cannot do things. With more than 5% of voters, we are not completely unknown. We now have contacts with every elected representative and we can move things forward.

If we forget that disapointment, we scored really well. The province of Brabant-Wallon was entirely covered because there is only two districts and we scored 2.61% there. We are the sixth party, behind the traditional five and far far better than any other "small" party.

This gives us a ground for the election of 2014 in that province and partial results in other provinces look really promising thanks to the hard work of pirates in the whole country.

Now that the campaign is over, that there's no pirate elected in Belgium, it's time to think differently : what can we do now, as citizens. And why aren't we doing it now?

It's time for action! If you are hesitating, get in touch with your local Pirate crew and become a pirate.

But let's get some sleep first…


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Source: http://ploum.net/post/For-a-fistfull-of-votes


Deviens une star, sois candidat aux élections

Tuesday 9 October 2012 at 13:01

Tu as été blogueur influent puis, sans grand succès, tu as tenté de devenir web-entrepreneur. Mais aujourd'hui, tu t'ennuies. Tes journées sont mornes et personne ne fait attention à toi.

Ne t'inquiètes pas, j'ai la solution : deviens candidat aux élections communales !

Colleur d'affiche pirate

Il faut prévoir le coup six ans à l'avance, aux élections précédentes : tu iras coller des affiches pour la tête de liste, tu te feras copain avec les autres candidats. Le parfait militant de base désintéressé. Pendant six années, tu seras de toutes les réunions, de toutes les fêtes de la locale.

Puis, les élections approchant, tu te verras sans doute proposer une place sur la liste. Si ce n'est pas le cas, tente de mettre en épingle ta visibilité sur le web. Oublie juste de dire qu'elle est déclinante.

Finalement, après bien des réunions, c'est officiel : tu es 17ème. Une place de choix !

Être candidat, c'est surtout dépenser du temps et de l'argent pour un hypothétique poste de presse bouton dans un conseil communal. Car, bien évidemment, tu as du signer un papier t'engageant à ne jamais voter contre ton chef de groupe dans le cas peu probable où tu serais élu.

Te voilà en campagne. La campagne, c'est devenir soudainement passionné par les marchés et les brocantes alors que tu n'y mettais jamais les pieds. Il faut dire que tu n'es pas le seul. Même les ténors politiques se prennent de passion pour les légumes bio :
— Mettez-moi ces trois concombres s'il-vous-plait !
— Euh… ce sont des courgettes monsieur le bourgmestre.

Tu vas être partout. Subitement, tu trouves indispensable d'aller écouter cette conférence du cercle du 3ème âge sur l'étymologie des noms de rue dans la commune sous Napoléon. Le conférencier lui-même est surpris par la foule. Près de 50 personnes dont 2 ne sont pas candidats.

De foires aux boudins en fêtes de quartiers, tu vas rencontrer des tas de personnes très intéressées par ton programme et te posant des questions : les candidats des autres listes. Les quelques non-candidats qui osent encore sortir à cette période de l'année t'insulteront en conchiant la politique.

Mais tu gardes le sourire, même s'il se crispe parfois. Quand une personne te parle de ses problèmes, tu promets d'en faire une priorité et que, une fois élu, il ne faudra pas une semaine pour le résoudre, même si cela implique de mettre un bouchon anal à tous les chiens de la ville.

Tu fais imprimer ta tête en grand. Chaque week-end, tu fais le tour des panneaux pour vérifier si tu n'as pas été surcollé. Surtout par cet enfoiré de 15ème sur ta liste. À une semaine du scrutin, tu réalises que tu n'as pas écoulé le tiers des affiches qui t'ont coûté un mois de salaire. Du coup, tu retapisses les panneaux.

Ton affiche devient aussi ton avatar Facebook. Car Facebook est partie intégrante de la campagne : tu ne postes plus que des messages expliquant le programme de ta liste ou alors des photos « humoristiques » montrant des tracts de la liste adverse dans une poubelle ou piétinés sur un trottoir. Tu n'aimes et tu ne partages plus que les contenus de tes colistiers.

Cela a un prix : la grande majorité de tes amis t'ont supprimé ou ignorent tes messages. Ils n'en ont rien à faire de la politique, encore moins de celle de ta commune.

La seule chose que tu ne forwardes pas, c'est l'honteux lipdub que ta tête de liste a tenu à mettre sur Youtube et dans lequel on te voit te déhancher maladroitement d'un air gêné. Bizarrement, tes voisins l'ont retenu celui-là, t'interpellant d'un bruyant « Hey, John Travolta ! » quand ils te croisent.

Tu as réactivé ton défunt compte Twitter et tu t'es créé un « blog de campagne » dont tu twittes chaque billet. Ton Twitter et ton blog sont suivis, en tout et pour tout, par tes colistiers. Du moins ceux qui en ont compris le fonctionnement. Le dernier sur ta liste fait une campagne de feu sur Twitter, twittant chaque rencontre, chaque discussion. Il n'a juste pas compris que son compte était protégé et qu'il n'avait absolument aucun follower.

Hier soir, le cirque venait en ville. Ton conjoint t'a proposé d'y emmener les enfants. Tu as dit que tu ne pouvais pas car tu participais au débat de l'Amicale des Comités des Quartiers Communautarisés et Unis, l'ACQeCOUCOU. Tu t'es retrouvé au débat avec 89 personnes, dont 88 candidats et un organisateur.

Ton conjoint t'a dit que le spectacle était superbe, que les enfants ont adoré, que la moitié de la ville était là, qu'il avait vu des amis d'un quartier éloigné qui ignorait que tu te présentais et que tu aurais aimé.

Tu as regardé la pile de tracts que tu te promettais de mettre dans les boîtes aux lettres le lendemain. Et, dans un profond soupir, tu t'es rendu compte que tu n'étais plus trop sûr de vouloir être élu.


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Source: http://ploum.net/post/deviens-candidat-elections


Un financement de campagne transparent ?

Monday 8 October 2012 at 12:41

Beaucoup de partis semblent soutenir la transparence. À tel point que certains ont trouvé mes engagements électoraux « consensuels ». Et bien il est de temps de passer aux actes pour voir ce qu'il en est vraiment. Et voir si la transparence est si consensuelle qu'on veut bien le dire.

Une serre transparente en noir et blanc

Les partis en campagne pour les élections sont, par la loi, obligés de garder leurs dépenses électorales sous un certain seuil. À Ottignies-Louvain-la-Neuve, ce seuil est de 22.855€ pour la communication de la liste et 1727€ par candidat. Afin de contrôler le respect de cette règle, les partis sont tenus, dans le mois qui suit les élections, de fournir à l'administration deux informations :

  1. Le détail de leur compte de campagne (1000€ pour le tract untel, 150€ pour des ballons, etc)
  2. L'origine des fonds (don de 1000€ du partisan machin, financement par le parti de 10.000€, etc)

Les deux totaux doivent évidemment être identiques et les dons inférieurs à 125€ peuvent être anonymes.

Ces informations ne sont pas divulguées et restent privées entre le parti et l'administration. Sauf au Parti Pirate où les frais de campagne Brabant-Wallon-Ottignies-Louvain-la-Neuve sont accessibles à tous.

Ce dimanche, Cédric du Monceau, tête de la liste Avenir à Ottignies-Louvain-la-Neuve, a émis l'idée d'établir un tableau du nombre de voix par argent investi pour chaque liste et chaque candidat histoire de comparer la rentabilité des campagnes. Idée que je me propose de mettre en pratique.

Pour cela, je lance le défi de la transparence aux autres listes, à OLLN et en Brabant-Wallon. Chaque liste doit, avant les élections de ce dimanche, s'engager publiquement sur son degré de transparence du financement de la campagne. J'ai créé une page pour en effectuer le suivi.

Degré 0: aucune information ne sera fournie ou aucun engagement public n'a été fait.

Degré 1: le total du coût de la campagne, tel que fournit sur le document envoyé à l'administration, est communiqué publiquement. Cela permet de calculer le coût moyen par vote et par siège pour cette liste.

Degré 2: le détail des frais de campagne est public. Cela permet à chaque citoyen de se rendre compte de combien a coûté le dépliant qu'il a reçu dans sa boîte aux lettres. Information très pertinente quand j'entends les discussions autour de moi sur « le bourrage des boîtes aux lettres ».

Degré 3: le détail du financement est rendu public à l'exception des noms des donateurs non-candidats (par respect pour leur vie privée). Cela est justifié par le fait qu'un candidat aspire à un poste public. Sa transparence est donc un atout et permet de calculer son rendement investissement/nombre de voix. Par contre, les donateurs non-candidats ne doivent évidemment pas être divulgués.

Le Parti Pirate en Brabant-Wallon s'engage au degré 3 et le met en œuvre durant la campagne, prouvant que c'est possible et informatif.

Si une liste entière ne souhaite pas s'engager, des candidats peuvent néanmoins participer en s'engageant individuellement à rendre public le détail de leurs dépenses personnelles. Il leur suffit de me contacter, je mettrai leur nom sur la page Wiki consacrée à cet effet. Après les élections, j'établirai un tableau récapitulatif des listes et des candidats participants.

Je suis conscient que ça arrive un peu tard. Pour la prochaine campagne, nous tenterons de lancer ce principe dès le début.



Image par h0lydevil


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Source: http://ploum.net/post/campagne-transparente


When technical experts do the job of politicians

Thursday 27 September 2012 at 13:44

As most of you know, I'm working for Lanedo, an Open Source consultancy company. Free software is not reserved to students and a geek elite anymore: it's a real professional solution that brings many benefits and is, according to me or our customers, a pragmatic way to share resources in a complex and quickly evolving world.

At Lanedo, we are working for many private customers but, recently, we have seen an increasing interest from the public sector. That's why I attended the Open Forum Europe 2012, a summit on openness and standardization taking place in the beautiful Bibliothèque Solvay.

Bibliothèque Solvay

You probably know that, in my spare time, I'm doing some politics on the local level, being candidate for the Pirate Party in my city. But I was attending the summit as an Engineer, an Open Source professional and flop taker, not as a politician.

The quality of the panels was extremely high and, immediately, the discussions started to sound political even if you could still see it from a technical point of view only.

"Openness is not a goal. It is not needed. Sharing is our goal ! But how could you share without openness ?" (Peter Strickx)

When Neelie Kroes went on stage, there was no doubt that there was an highly political tone. In the following speech, Mitchell Baker raised the question : "Do we really want to preserve existing interests ?", making a parallel with Skype threatening the traditional telecom industry.

The nail in the coffin of "technical forum" went with the next panel. But what would you expect by a bunch of rock stars moderated by Glyn Moody himself ?

Simon Phipps immediately tackled the audience : "If the politics are representing the big companies, who is representing the citizens?". Chris Taggart added : "Laws are very slow to make. This was an interesting property of the system to avoid totalitarianism. But the world is changing so quickly that the system can't cope with it anymore". Carlo Piana added that "Piracy and protecting children are used as trojan horses to introduces dangerous legislations". At that point, Rick Falkvinge would have cried of joy.

I felt like being in a Pirate Party meeting. I raised my hand, just to ask why political propositions were coming from technical persons and if it was normal.

For Chiara Giovannini, it is normal because we are all politicians. For Simon Phipps, it is because politicians just don't do their job anymore. While replying, Simon managed to check my bio online and see that I was part of the Pirate Party. He answered that, although he despises the name of the party, he sees it as having the same goal as the panel : empowering back the citizens.

A tweet from Simon Phipps during OFE2012

I realized how our world is changing. Neelie Kroes'speech available online and open to comments while she was giving it, speakers checking bio of people in the audience, technical heroes speaking politics on the highest level and only one political party mentioned on stage during the whole conference : the Pirate Party.

In our world, politics and technologies are increasingly interconnected. I now understand better why existing giants are trying to slow down the progress at all cost, lobbying heavily for their own interests. And I'm each day prouder to be part of a company that brings technical openness to people, that works every day to give the power back to citizen, even if it's by a very small but useful step at a time.


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Source: http://ploum.net/post/when-technical-experts-do-the-job-of-politicians


Sale politicien hypocrite !

Friday 21 September 2012 at 12:18

De brocante en fête de quartier, j'arpente ma commune comme tout candidat aux élections qui se respecte. Je complète ma bibliothèque, je retrouve des vieilles connaissances, je rencontre de nouvelles personnes. J'y prends du plaisir. C'est rigolo.

Jusqu'à ce fameux soir où ma compagne me demanda : « Tu n'as pas l'impression d'être complètement hypocrite à force d'aborder les gens tout le temps ? ».

Et là, sans crier gare, la vérité m'a frappée. Froide, nue, violente. Je ne m'en étais pas rendu compte mais, insidieusement, je suis devenu un politicien. Un sale politicien hypocrite.

Seul sur la route

Quand je marche dans la rue, quand je dis bonjour à un passant, quand je remercie la boulangère, je n'ignore pas que chaque personne est une voix potentielle.

Une rencontre n'est plus l'occasion de s'enrichir mais de faire une voix. Mon sourire hurle « Votez pour moi ! » et mon écoute ne cherche que l'opportunité de placer mon programme ou ma position sur la liste.

Je vais jusqu'à réfréner ma spontanéité naturelle par simple crainte qu'elle puisse être considérée comme de l'hypocrisie. Mon entourage n'est pas en reste : « Pourquoi tu ne lui as pas donné ta carte ? Tu aurais du dire que t'étais candidat ! ».

Avant même le pouvoir, le simple concours de popularité qu'est une élection corrompt profondément. L'attention devient superficielle, de façade. La réflexion et l'humilité s'enfouissent sous la nécessité d'exister, de péter plus haut que les autres et d'avoir toujours raison.

Alors, on se retrouve entre candidats, même adversaires. Parce qu'on sait qu'on ne doit pas convaincre, qu'on n'a rien à gagner, qu'on peut être soi-même.

Vous me dites que tous les politiciens sont des hypocrites. En temps que politicien, je vous le confirme. Oui, ils le sont. Sans exception possible.

Mais ont-ils seulement le choix ? N'avons-nous pas notre propre part de responsabilité ?

Photo par elBidule


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Source: http://ploum.net/post/politicien-hypocrite