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Information, désinformation, manipulation : Cessons de fabriquer un ennemi russe, par Philippe Migault

Saturday 28 March 2015 at 02:06

Philippe Migault est chercheur à l’IRIS, spécialisé dans l’étude des partenariats entre Russes, Français et Européens en matière d’armement, d’aéronautique, d’espace et d’énergie.

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Le traitement médiatique de l’assassinat de Boris Nemtsov par la presse “occidentale” a été l’occasion, une fois encore, de constater les manquements flagrants à la déontologie de certains journalistes français.

La dépouille de M. Nemtsov n’avait sans doute pas encore fait l’objet de l’autopsie de rigueur que déjà la twittosphère française vibrait de messages d’indignation avec, en ligne de mire, Vladimir Poutine. “Coupable, forcément coupable, Vladimir P. ” pourrions-nous dire pour paraphraser Marguerite Duras. Celle-ci, rappelons-le, couvrait une autre affaire sordide d’assassinat il y a trente ans pour le quotidien Libération. Elle avait attribué la culpabilité d’un crime à la mère d’un enfant-martyre, sans la moindre preuve, la moindre enquête. Le procédé foulait aux pieds toutes les règles de la profession journalistique mais qu’importe: l’émotion primant sur la réflexion, Libération avait publié cette infamie sans plus de précautions. L’art officiel, n’est-ce pas, peut l’emporter sur les faits.

Nous ne savons pas encore qui a tué Boris Nemtsov. Peut-être ne le saurons-nous jamais. Mais ce qui est certain c’est que nous savons qu’il existe un double standard dès qu’il s’agit de parler de Vladimir Poutine, dès qu’il s’agit de parler de la Russie. Pour le chef de l’Etat russe, pour son peuple qui, les sondages en attestent, le soutient massivement, pas de présomption d’innocence. Ex-agent du KGB, Vladimir Poutine est nécessairement un nostalgique de l’Union Soviétique qui, via une propagande magistralement orchestrée par des médias sous contrôle total du Kremlin, a hypnotisé son opinion publique et l’entraîne dans une dangereuse spirale ultranationaliste et impérialiste. Cette dérive, bien évidemment présentée comme fascisante par les médias occidentaux, est susceptible de selon eux de mener le Président russe à conquérir l’Ukraine et, qui sait, demain les pays Baltes, ou la Pologne.

Il suffit d’ouvrir n’importe quel journal, d’écouter quelques heures la radio pour que, sans cesse, le même mythe d’un retour de la guerre froide revienne avec, en arrière-plan, le spectre menaçant d’une armée rouge ressuscitée. Français stockez des pâtes. Comme en mai 1981, les chars russes se préparent à défiler place de la Concorde. Tout cela serait comique si, en définitive, un vrai climat de haine et de paranoïa ne s’installait pas peu à peu en France, tout individu ne hurlant pas avec les loups contre le péril russe étant qualifié d’agent d’influence à la solde de Moscou. Il n’est plus possible aujourd’hui de parler, d’échanger, de raisonner, d’argumenter dès qu’il s’agit de la Russie, de Vladimir Poutine. Vous êtes contre et vous êtes dans le camp du bien. Ou bien vous n’êtes pas sur la ligne dominante et vous participez de l’axe du mal ou, au mieux, êtes suspect de trahison envers la nation. Ne parlons même pas de ceux qui écrivent dans les colonnes d’un média gouvernemental russe…

Le pire est que l’on retrouve ce manichéisme dans certains des cercles de réflexion supposés les mieux informés. Loin des caméras et des micros, alors que la discussion pourrait être sereine entre individus aux opinions divergentes, mais censés se caractériser par leur sang-froid, leurs capacités d’analyse, les craintes les plus folles s’expriment vis-à-vis de la Russie. La Russie c’est l’ennemi. Et gare à celui qui ose apporter la contradiction. “Il suffit d’observer les programmes militaires que les Russes développent prioritairement pour se rendre compte qu’il s’agit essentiellement de programmes défensifs”, constatait récemment un brillant penseur militaire français, ancien officier supérieur, lors d’une discussion à laquelle l’auteur de ces lignes prenait part. Le silence de plomb qui a suivi ses propos en disait long sur la prudence de ceux qui, partageant cette opinion n’osaient acquiescer, et la réprobation de ceux qui le tenaient pour un individu “politiquement incorrect”.

Nous sommes sortis du raisonnable. Il convient de vite y revenir. Fragile, le cessez-le-feu tient malgré tout pour l’heure, dans le Donbass. Timidement, pas à pas, certains dirigeants européens renouent un dialogue plus apaisé avec la Russie. Il faut poursuivre dans ce sens, dans les mois qui viennent, pour régler le problème ukrainien en concertation, avec toutes les parties concernées en Europe. Les responsables français, allemand, russe et ukrainien ont signé un accord à Minsk  et évoquent “la création d’un espace humain et économique commun, de l’Atlantique au Pacifique”. On n’avait pas évoqué une perspective aussi ambitieuse et optimiste depuis l’époque de François Mitterrand, Helmut Kohl et Mikhaïl Gorbatchev, il y a de cela vingt ans. Vingt ans perdus. Nous devons nous accrocher à cet espoir et cesser en France et en Russie —car les médias russes ont leur part de responsabilité — une guerre médiatique absurde qui ne fait que creuser le fossé entre les nations. “Une information et son démenti, cela fait deux informations”, déclarait Pierre Lazareff, le plus célèbre des patrons de presse français, cité encore en exemple dans toutes les rédactions et toutes les écoles de journalisme de l’hexagone. Il faut en finir avec ce cynisme. Car le démenti arrive toujours trop tard et le mal est fait.

Source : Philippe Migault, pour Sputnik News France, le 10 mars 2015.

Source: http://www.les-crises.fr/information-desinformation-manipulation-cessons-de-fabriquer-un-ennemi-russe-par-philippe-migault/


[Propagande] Russie : La torture, c’est la routine

Saturday 28 March 2015 at 00:06

On appréciera le recul, la prudence, la finesse d’analyse des journalistes… Enfin, bon, c’est pas aux États-Unis qu’on verrait ça quand même…

(P.S. ce billet ne vise en rien à dire que tout est rose en Russie, bien évidemment).

Mort de Boris Nemtsov : deux suspects arrêtés

[...] “Les autorités russes ont tenus à annoncer la nouvelle à la télévision : c’est sur une chaîne d’état que deux noms ont été dévoilés par Alexandre Bortnikov, le chef du FSB. Deux auteurs présumés du meurtre de l’opposant russe Boris Nemtsov ont été arrêtés aujourd’hui Il n’aura fallu qu’une semaine aux services de sécurité russes pour peut-être désigner les coupables : Goubachev et Zaour Dadaïev s’ont ainsi soupçonnés d’être impliqués dans l’assassinat de Boris Nemtsov. Tous deux sont des habitants du Caucase, ce qui cautionne la thèse de la provocation évoquée à plaisir par Vladimir Poutine, provocation pour déstabiliser la situation politique en Russie. Le fait de désigner ces deux hommes pose évidemment beaucoup d’autres questions car en Russie, les Caucasiens sont souvent des coupables bien commodes, surtout s’ils permettent d’accréditer la thèse par le président russe depuis le début. Moscou, Caroline Larson.

Source : France Inter, le 7 mars 2015.


Russie : soupçons de torture dans l’affaire Nemtsov

Zaour Dadaïev, le 8 mars au tribunal.

L’affaire se complique. L’ancien policier tchétchène Zaour Dadaïev, principal suspect dans l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov, tué par balles le 27 février à Moscou, se rétracte. Ses aveux mis en avant par les enquêteurs russes auraient été extorqués sous les coups, ont dénoncé, mardi 10 mars, deux membres d’une commission des droits de l’homme qui ont pu lui rendre visite dans la prison de Lefortovo où cet homme de 31 ans, mis en examen par un tribunal de Moscou, est incarcéré depuis son interpellation. Furieux, le comité d’enquête russe a réagi en dénonçant une « intrusion inadmissible » dans le cadre d’une affaire criminelle, destinée à « empêcher une enquête complète et objective ». Cet organisme, chargé de tous les dossiers sensibles en Russie, a annoncé que les visiteurs de M. Dadaïev allaient « être convoqués » pour interrogatoire.

« Il y a des raisons de croire que Zaour Dadaïev a avoué sous la torture », affirme Andreï Babouchkine, l’un des représentants du Conseil des droits de l’homme, une institution rattachée au Kremlin, qui était accompagné de la journaliste Eva Merkatcheva. « Nous ne pouvons pas affirmer qu’il a été torturé (…), mais nous avons découvert de nombreuses blessures sur son corps », a-t-il ajouté, cité par l’AFP, en évoquant des « écorchures » de menottes sur les poignets et les jambes.

« Tueurs à gages »

Selon ces deux témoins, M. Dadaïev, qui a quitté les forces spéciales tchétchènes le 28 février, soit le lendemain de la mort de Boris Nemtsov, a affirmé avoir passé « deux jours, menotté avec un sac en tissu sur la tête » après son arrestation en Ingouchie, une république voisine de la Tchétchénie où il réside. L’ancien policier, qualifié de « vrai patriote de la Russie » par le président tchétchène Ramzan Kadyrov le soir même de son arrestation, s’est plaint également d’avoir été privé de nourriture pendant quarante-huit heures et de n’avoir pu boire que « trois ou quatre gorgées d’eau » durant cette période. « On me criait tout le temps : “C’est toi qui as tué Nemtsov ? Je répondais que non », a déclaré M. Dadaïev, d’après les propos rapportés par M. Babouchkine. Le principal suspect se trouvait avec un ami au moment de son arrestation, selon ses dires. Les policiers « ont dit que si j’avouais, ils allaient le relâcher, a-t-il déclaré, toujours selon son interlocuteur. J’ai accepté en pensant que j’allais ainsi le sauver. Je pensais que lorsque je serais emmené à Moscou, je pourrais dire devant le tribunal toute la vérité, dire que je suis innocent. Mais le juge ne m’a pas donné la parole ».

Quatre autres suspects, tous originaires du Caucase du Nord, également incarcérés, continuent pour leur part de clamer leur innocence. Pour ajouter à la confusion, l’agence russe Interfax citait, mercredi soir, une source anonyme « proche de l’enquête » affirmant que Zaour Dadaïev ne revenait pas sur ses aveux.

Le climat est de plus en plus délétère. Mercredi, le journal indépendant Novaïa Gazeta a affirmé que des « tueurs à gages en provenance de Tchétchénie »avaient établi une liste de personnalités russes à abattre, dont Alexeï Venediktov, rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, et l’ex-oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski. Le même jour, Olga Pismanen, assistante de M. Khodorkovski, annonçait avoir découvert une couronne mortuaire près de la porte de son domicile.

Source : Isabelle Mandraud, pour Le Monde, le 12 mars 2015.


Russie : La torture, c’est la routine

>Le coupable désigné de l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov aurait avoué sous la torture. L’Occident se scandalise. Mais en Russie, le recours à ces méthodes est fréquent.

Trois suspects de l'assassinat de Nemtsov, avant l'aveu de Zaour Dadaiev, à Moscou le 8 mars. (DMITRY SEREBRYAKOV / AFP)
Trois suspects de l’assassinat de Nemtsov, avant l’aveu de Zaour Dadaiev, à Moscou le 8 mars.

Il avait avoué. C’était lui qui avait tué le 27 février dernier le leader de l’opposition russe Boris Nemtsov, abattu de quatre balles dans le dos au pied du Kremlin. Zaour Dadaïev était un coupable idéal. C’est un Tchétchène, ex-membre des forces spéciales de la police locale. Et dans la psyché des Russes, bercés dès l’enfance de chansons où le “méchant tchétchène” vient les égorger la nuit avec un grand couteau, ces Caucasiens sont toujours un peu des tueurs.

Mais voilà que le Conseil consultatif pour les droits de l’homme, organisme formellement rattaché au Kremlin, se met en tête de faire son travail. Il va visiter en prison ce coupable parfait. Conclusion :

Il y a des raisons de croire que Zaour Dadaïev a avoué sous la torture.”

“Nous ne pouvons pas affirmer qu’il a été torturé, mais nous avons découvert de nombreuses blessures sur son corps”, a expliqué Andreï Babouchkine, un des responsables du Comité.

Le Tchétchène d’une trentaine d’années, qui a été privé de son avocat et s’est vu attribuer un homme de loi de l’État, raconte à ses visiteurs avoir passé “deux jours, menotté et avec un sac en tissu sur la tête” après son arrestation. Il leur explique n’avoir avoué que pour “sauver” un ami arrêté en même temps que lui en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie.

Pour pimenter l’affaire, Andreï Bouchkine et Eva Merkacheva, les militants des droits de l’homme qui ont révélé l’affaire, sont menacés de poursuites criminelles, selon Amnesty International…

Torture puis exécution

En Occident, c’est le scandale. En Russie, c’est la routine. Du commissariat, après l’arrestation, en passant par les prisons jusqu’aux colonies pénitentiaires (sorte de camps de travail issus du Goulag), la torture est une pratique courante et répandue. Un rapport de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture de novembre 2013 dénonce, enquête à l’appui, ce monde de tortionnaires.

Sous Poutine, l’épicentre, le laboratoire de la torture, c’est la petite république rebelle de Tchétchénie, écrasée dans le sang et sous la terreur. Pour faire avouer, pour faire dénoncer les indépendantistes ou simplement pour le plaisir de voir souffrir ces “culs noirs”, les services russes ou leurs supplétifs tchétchènes pro-russes passent à la Question les suspects, souvent avec des moyens modernes, comme l’électricité sur les parties génitales. Sans oublier bien sûr les méthodes plus traditionnelles comme le viol collectif.

S’il ne meurt pas pendant le traitement, le supplicié est ensuite exécuté. Puis on fait disparaître le corps. Une des méthodes prisée est de réduire le cadavre en purée à l’explosif. C’est ce qu’on appelle une simple “disparition”. Si un rescapé va porter plainte, il est menacé. Et sait ce qui l’attend.

Mauvais traitements en prison

Dans les prisons russes, les conditions de détention sont telles qu’elles sont assimilables à de la torture. La surpopulation est effrayante. Dans certaines cellules, les détenus sont obligés de dormir par roulement, les autres étant obligés de se tenir debout, en attendant leur tour de s’allonger. Humidité, manque hygiène, de soins : la tuberculose fait des ravages.

Contre les mauvais traitements, aucun recours n’est possible. Les prisons russes sont une zone de non droit. Même les détenus les plus célèbres, les mieux défendus ne sont pas à l’abri. En 2005, Sergueï Magnitski, avocat russe d’Hermitage Capital, le plus gros fonds d’investissement étranger en Russie, se met en tête de dénoncer des fraudes et la corruption au plus haut niveau de l’Etat.

Mal lui en prend. Il est aussitôt accusé de “fraude fiscale” et emprisonné. On le jette dans une cellule inondée, glaciale, sans eau. Or il est gravement malade de la vésicule biliaire. Même le médecin de la prison en convient. “Maintien en détention, opération refusée”: tel est le verdict des autorités.

Lorsqu’il est tellement mal en point que l’administration finit par appeler une ambulance, Magnistki se croit sans doute sauvé. Mais à la place, il est jeté dans une cellule isolé. Et battu à mort.

Source : Jean-Baptise Naudet, pour L’Obs, le 12 mars 2015.

Source: http://www.les-crises.fr/russie-la-torture-cest-la-routine/


[Pour en finir avec les bêtises] Les abstentionnistes voteraient pratiquement comme les votants !

Friday 27 March 2015 at 05:00

J’avais ces infos sous le coude depuis les européennes, j’en profite pour les sortir…

En effet, plusieurs d’entre vous ont réagi au dernier billet sur les analyses des votes aux départementales par CSP sur le thème, je cite par exemple :

“Si je regarde bien avec le tableau des abstentions : 49 % des 48 % des ouvriers votants choisissent le FN. Sauf erreur de ma part cela fait environ 23 % des ouvriers ! C’est toujours beaucoup trop mais c’est beaucoup moins qu’indiqué par ce titre… [...] Continuez à être exigeant avec la réalité des faits pour aider à la réflexion collective pour sortir de cette impasse redoutable et rejetez la facilité et la pauvreté intellectuelle des médias dominants et bien pensants…”

C’est un refrain fréquemment sorti pour finalement interdire d’analyser tout résultat électoral, quand ça arrange… (je me rappelle que Ruquier l’a sorti après les élections pour le FN – se gardant bien de faire la même chose avec le PS, bah oui, il n’a pesé que 5,7 % des électeurs inscrits, il serait temps pour lui de rendre le pouvoir si on le disait trop…). (N.B. Ce billet ne vise nullement à nier l’importance du phénomène d’abstention et son interprétation, c’est un AUTRE sujet)

Ce raisonnement conduit finalement à définir une nouvelle Catégorie Socio-Prof : “abstentionniste”, ce qui est stupide. Si on a souvent 50 % d’abstentions dans les petites élections, il n’y en a plus que 15 % à la présidentielle : il arrive donc bien aux abstentionnistes de voter, ils ont donc bien (évidemment) une opinion politique.

L’Ifop (sources ici et ici) a donc intelligemment fait une enquête pour les européennes 2014 sur ce sujet, leur demandant pour qui ils auraient voté si le vote avait été obligatoire. Les résultats sont éloquents :

Ils le restent, en gros, par CSP :

Ce qui est d’ailleurs assez logique : quand 2 millions d’ouvriers votent, il y a quand même peu de chance que le résultat soit très différent de la vision des 5 millions d’ouvriers (dont près de 4,5 millions votent à la présidentielle)… C’est un des principes de la loi des grands nombres – le biais de “vote à cette élection” n’est pas très important…

Bref, bonne nouvelle : plus la peine de se prendre la tête pour les analyses des votes !

Les résultats des votes exprimés sont toujours assez proches de ceux de la population totale

(c e qui, évidemment, n’empêche pas d’analyser par ailleurs le fait que tant de sens s’abstiennent, ce qui a un sens réel)

Source: http://www.les-crises.fr/les-abstentionnistes-voteraient-pratiquement-comme-les-votants/


[Loi Renseignement] La Presse se soulève (timidement) avec les défenseurs de l’Internet Libre

Friday 27 March 2015 at 04:34

Le combat solitaire des opposants au projet de loi sur le renseignement

Lors d'une manifestation contre le projet Hadopi (Richard Ying, Creative Commons)

Les associations de défense des libertés en ligne sont remontées contre les mesures de surveillance envisagées par le gouvernement. La mobilisation s’annonce difficile.

Ils repartent en campagne. Depuis la semaine dernière, les défenseurs des libertés en ligne s’érigent contre les mesures envisagées par le gouvernement pour muscler le renseignement. La Quadrature du Net s’indigne d’une «désastreuse dérive du gouvernement Valls sur la surveillance», tandis qu’Amnesty International estime que «la France donne un blanc-seing au renseignement». «Ce projet de loi est négatif, inutile et contre-productif», sermonne Thomas Watanabe-Vermorel, porte-parole du Parti pirate en France. «Je n’ai jamais vu pareil déluge d’outils de surveillance en France», a tweeté jeudi Marc Rees, rédacteur en chef du site NextInpact, engagé pour les libertés numériques.

Ce noyau dur de partisans des libertés en ligne se retrouve autour de la défense de la liberté d’expression sur le Web, du rejet de toute forme de surveillance privée ou administrative et du recours systématique à un juge. Ils ont déjà livré beaucoup de combats, dont l’issue leur a parfois été favorable. Ils ont fait leurs armes entre 2004 et 2006, lors de l’examen de la LCEN et de la Dadvsi, des lois sur le commerce électronique et le droit d’auteur. Ils ont gagné de l’influence en 2008 lors de l’opposition à l’Hadopi. Ils ont poursuivi sur leur lancée avec les lois Loppsi sur la surveillance intérieure, étendu leurs compétences jusqu’à Bruxelles en gagnant leur combat contre l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) et en influant sur les discussions de l’accord Transatlantique.

Le projet de loi sur le renseignement les pousse à repasser à l’action. Depuis les attentats de janvier, Internet est accusé de bien des maux. Le Web, entend-on, favorise la radicalisation, la propagation des discours de haine. Pour y remettre de l’ordre, les premiers cas de filtrage administratif de sites Web sans décision judiciaire sont intervenus. On évoque désormais une surveillance en temps réel des données de connexion sur les réseaux des opérateurs télécoms, etune détection de potentiels terroristes par des algorithmes.

Une quasi-unanimité politique

La bataille contre ce train de mesures, redoutées depuis des années, s’annonce laborieuse. «Hadopi était une partie de plaisir par rapport à ce qui nous attend», estimait Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net, rencontré par Le Figaro quelques semaines avant la présentation du projet de loi Renseignement en Conseil des ministres. Le projet de loi sur le renseignement doit protéger les Français contre le terrorisme. Il a été présenté au lendemain de la terrible attaque contre le musée du Bardo, et trois mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes. Des sondages ont montré que les Français étaient favorables à un surplus de surveillance, quitte à rogner sur leurs libertés.

«Hadopi était une partie de plaisir par rapport à ce qui nous attend»

Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net

Difficile, dans ce contexte, de mobiliser l’opinion publique contre la loi Renseignement. Il ne s’agit plus plus de contester l’envoi de messages d’avertissement aux internautes qui piratent de la musique et des films sur Internet, et la coupure des connexions en cas de récidive. «Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre entre la vie privée et la surveillance, et le risque de diminuer la confiance dans Internet», explique Frédéric Donck, directeur du bureau européen de l’Internet Society. Les termes du débat sont complexes et intéressent moins les Français. Les associations de consommateurs, aux avant-postes lors de l’examen de l’Hadopi, ne se sentent plus concernées. Le service de presse de l’UFC-Que Choisir, questionné sur le sujet par Le Figaro, a découvert jeudi après-midi l’existence du projet de loi.

L’opposant est aussi d’une tout autre envergure. Depuis dix ans, les débats sur Internet se sont cristallisés autour du droit d’auteur et du piratage. Les projets de loi étaient portés par la Culture, soutenus du bout des lèvres par le Numérique. «Nous avons cette fois en face de nous l’industrie de la sécurité et des officines qui, depuis des années, se servent de la peur pour augmenter leurs budgets», estime Jérémie Zimmermann. Le projet de loi sur le renseignement a été présenté jeudi par Manuel Valls, entouré de ses ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense, et de la secrétaire d’État chargée du Numérique. Les argumentaires sont rodés et les sessions d’explication aux médias s’enchaînent. Le texte supprime les zones grises dans lesquelles pouvaient s’engouffrer les enquêteurs. Une indéniable avancée, entend-on.

La configuration politique n’aide pas non plus. En 2009, lors des débats autour d’Hadopi, les discussions à l’Assemblée nationale avaient donné lieu à de mémorables passes d’armes à l’Assemblée nationale. Le texte avait été rejeté une première fois, après un coup de théâtre des députés PS et les débats s’étaient éternisés. En 2011, les mesures des filtrage des sites pépornographiques envisagées par la Loppsi 2 étaient un moyen de dénoncer la politique sécuritaire menée par Nicolas Sarkozy.

Une manifestation contre Hadopi, en 2009. (Source: Flickr/CC/Richard Ying)

Diviser et déminer

Sans grand soutien politique, avec de faibles relais dans l’opinion, les défenseurs des libertés sur Internet doivent se débrouiller seuls. En coulisse, des représentants des ayants droit, qui bataillent depuis dix ans contre ces militants des libertés en ligne, savourent une forme de revanche. La tâche serait déjà assez ardue si ce milieu n’était pas traversé par des dissensions. Les révélations d’Edward Snowden ont laissé des traces. Les géants du Web, qui pourraient hurler à la surveillance de masse, sont marqués par leur collaboration avec le programme Prism de la NSA. Le gouvernement français insiste sur ces divisions. Les mesures du texte de loi «n’ont rien à voir avec ce qui est pratiqué dans le droit privé» par toutes ces sociétés, glissait la semaine dernière un conseiller, lors d’une réunion avec des journalistes spécialisés dans le numérique. Ambiance.

Le gouvernement est aussi parvenu à surmonter les critiques d’autres acteurs du numérique. La position de la CNIL, publiée jeudi, a été plus mesurée que prévu. Plutôt que d’enfoncer le gouvernement, elle le félicite d’avoir pris en compte plusieurs de ses remarques afin de produire une nouvelle version du texte. Celle-là même qui a été âprement critiquée par les défenseurs des libertés numériques. «Des garanties substantielles ont été apportées» sur les conditions de la surveillance, affirme-t-elle, tout en promettant de rester attentive aux suites qui seront données au texte. En clair: peut mieux faire, mais ça pourrait être pire. Dans la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres, jeudi, Manuel Valls ne s’en inquiétait pas. «En un sens, la CNIL est dans son rôle», a-t-il commenté. «Mais ses craintes ne correspondent pas à la réalité.»

Le Conseil national du numérique n’est pas non plus perçu comme une menace. Dans un communiqué publié, l’organisme consultatif, chargé d’éclairer le gouvernement sur les sujets numériques, a dit «s’inquiéter d’une extension du champ de la surveillance». Des recommandations seront publiées dans le courant du mois d’avril. Malgré cette salve de reproches, le CNNum n’envisage pas à ce jour d’autosaisine sur ce projet de loi, en raison de sa charge de travail actuelle, mais aussi parce que le sujet ne fait pas l’unanimité au sein de l’organisation. Et puis, l’avis du Conseil contre le blocage des sites terroristes n’a pas incité le gouvernement à reculer.

Outre la CNIL et la CNNum on recense une douzaine de prises de position critiques contre le texte. Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Nils Muiznieks, a qualifié le projet de «faute sérieuse». L’ARCEP, le gendarme des télécoms, s’est plutôt inquiété des possibles perturbations de réseau et du remboursement aux opérateurs des coûts de la surveillance. D’autres soutiens oscillent enfin entre le modeste (le moteur de recherche européen Qwant) et l’inattendu (la Fédération française des motards en colère du Territoire de Berlfort). Sur Twitter, l’intérêt reste faible. Seuls 3900 tweets contenaient le hashtag «#loirenseignement» vendredi soir. Les articles n’émergent pas dans la liste des plus commentés ou des plus lus des sites d’information. Les blogs, essentiels dans l’opposition à l’Hadopi, ont perdu en influence depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Le gouvernement a l’air déterminé, mais nous n’en sommes encore qu’au tout début.

Tristan Nitot, ancien porte-parole de la fondation Mozilla en Europe.

Le premier ministre, qui a le champ libre, veut aller vite. Manuel Valls défendra lui-même le projet de loi à l’Assemblée nationale à partir du 13 avril et compte sur une adoption en urgence avant l’été. Si le gouvernement a promis d’écouter encore les représentants du numérique durant les prochaines semaines pour préciser son texte, personne n’a oublié l’examen interminable de l’Hadopi. Aux États-Unis, les débats autour de la neutralité du Net ou du chiffrement ont prouvé qu’il était possible d’intéresser les citoyens à des thématiques complexes. Il s’agit aussi d’un bel exemple de coopération entre les associations de défense des libertés en ligne et des géants du Web.

«Le gouvernement a l’air déterminé, mais nous n’en sommes encore qu’au tout début. Le projet de loi pourrait être pourtant l’occasion de faire de la realpolitik», encourage Tristan Nitot, ancien porte-parole de la fondation Mozilla en Europe. Bref, d’entendre parler d’une même voix groupes privés et membres de la société civile. Google, Apple, Twitter et Facebook doivent répondre à l’invitation de Bernard Cazeneuve lors d’une réunion à Paris en avril, deux mois après la visite du ministre de l’Intérieur dans la Silicon Valley. Au moins l’un d’entre eux se pose la question de sa présence, mais ne tient pas encore à le faire savoir publiquement. «Il y a une telle peur autour du terrorisme, que dire que l’on soutient les libertés en ligne, cela revient à laisser penser que l’on soutient les terroristes», déplore Tristan Nitot.

Les opposants à la loi Renseignement sont encore à la recherche des bons arguments, qui éviteront cet écueil et toucheront les Français. Certains veulent mettre en garde contre la possibilité de généraliser ces outils de surveillance contre les internautes qui piratent de la musique ou critiquent les élus en ligne. D’autres estiment qu’il faut s’appuyer sur les élections départementales, en sensibilisant la base des militants PS. Avec l’idée que les mesures de surveillance pourront tomber, un jour, dans d’autres mains. Un bon soutien ou un argument bien trouvé peuvent encore faire basculer la situation. Sur Internet, c’est bien connu, tout va très vite.

Source : Benjamin Ferran & Lucie Ronfaut, pour Le Figaro Economie, le 23 mars 2015.


Projet de loi renseignement : l’Etat de droit a beaucoup à perdre

Au salon du mobile, en 2014.
Au salon du mobile, en 2014.

Le texte présenté jeudi ne se contente pas d’offrir plus de moyens aux services de renseignement. En prévoyant une détection automatisée, encore très floue, de la menace terroriste, il franchit le cap de la surveillance indiscriminée.

Aux dires du gouvernement, le projet de loi sur le renseignement, présenté jeudi par Manuel Valls en personne à la sortie du conseil des ministres, serait un «texte équilibré». On ne compte pourtant plus les réactions alarmées. De la Commission nationale de l’informatique et des libertés au Conseil national du numérique, des opérateurs de télécommunications aux services Internet, du Syndicat de la magistrature à l’Ordre des avocats de Paris en passant par le juge antiterroriste Marc Trévidic, de l’association de défense des libertés en ligne La Quadrature du Net à Amnesty International : tous dénoncent une extension préoccupante de la surveillance. Jusqu’au commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, qui s’émeutd’une «approche exclusivement sécuritaire».

Comme tous ces acteurs, qu’on peut difficilement considérer comme des jusqu’au-boutistes inconséquents, on ne peut que s’inquiéter des contours du texte porté par Manuel Valls, et des risques en matière de libertés publiques. Encadrer l’action des services de renseignement – et l’usage de pratiques jusqu’ici illégales – était un souci légitime. Nul ne conteste la nécessité de la lutte antiterroriste. Mais inscrire dans la loi – pour des motifs étendus et souvent bien flous, qui devraient questionner ceux qui disent n’avoir «rien à cacher» – le recours à des techniques très intrusives sans l’aval d’un juge, voilà qui mérite un débat de fond, que la procédure accélérée au Parlement ne va pas faciliter. Pourtant favorable à une loi, le président de l’actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, vouée à être remplacée par une nouvelle autorité administrative, estime dans Le Monde que «la nouvelle commission disposera de moins de pouvoirs qu’aujourd’hui». Le renforcement du contrôle était pourtant présenté comme la contrepartie à l’extension des moyens.

«Pas de surveillance généralisée des citoyens», a promis Manuel Valls. Mais que dire alors du très nébuleux «dispositif» de détection automatique d’une menace terroriste, qui pourrait être déployé chez les opérateurs et les hébergeurs ? Pour traquer via un algorithme les éventuelles connexions suspectes, il faudra bien passer tout le monde au tamis. Le principal artisan du texte, le député Jean-Jacques Urvoas, se plaît à répéter que la France pratique la «pêche au harpon» quand les Etats-Unis sont adeptes de la«pêche au chalut». A ce stade, la différence devient purement sémantique. Depuis deux jours, Matignon multiplie les réunions avec les acteurs du numérique, sans doute pour les convaincre que «sans loi sur le renseignement, tout le monde y perd, avec une loi, tout le monde y gagne», comme l’assénait Manuel Valls hier. Avec le texte actuel, l’Etat de droit a pourtant beaucoup à perdre.

Source : Johan HUFNAGEL & Amaelle GUITON, pour Libération, le 21 mars 2015.

Source: http://www.les-crises.fr/loi-renseignement-la-presse-se-souleve-timidement-avec-les-defenseurs-de-linternet-libre/


[La guerre, c'est cool !] En Ukraine, le soldat Elisaveta a vaincu son handicap

Friday 27 March 2015 at 00:01

FEMMES DU MONDE – Chaque semaine, Karen Lajon, grand reporter au JDD, raconte le combat exceptionnel ou peu ordinaire de femmes dans le monde. Cette semaine, envoyée spéciale à Kiev en Ukraine, elle rencontre Elisaveta Shaposhnik, handicapée aux mains et soldat volontaire, dans le fameux bataillon Aidar.

Une fois la paix installlée, les guerres recèlent de héros et d’héroïnes. Elisaveta Shaposhnik, 28 ans, pourrait bien en être une. Pour de bon. La jeune femme a passé trois mois en zone de conflit, dans la région de Louhansk. Rien de spécial à première vue, il existe un certain nombre de femmes, dans les rangs militaires ukrainiens. Alors, il faut bien en parler, au risque de paraître dérangeant, il faut bien aborder le handicap de ses mains. Mais c’est justement cette petite différence qui donne, désormais, à Elisaveta ce regard pénétrant, empreint d’une fierté toute nouvelle, empreint d’une confiance qui va bien au-delà de tous les mots: Elisaveta est devenue normale, aux yeux des autres. Son handicap a disparu. La guerre, en quelque sorte, l’a drapée d’une dignité retrouvée et infinie.

“Je me suis dit que je ne pouvais rester, sans rien faire”

En réalité, la bataille de la jeune femme a commencé à la maison. Avec ses parents. Elle voulait rejoindre les révolutionnaires de la place de Maïdan, eux, soutenaient Vladimir Poutine, et s’y opposaient. La violence verbale domestique grimpe dans les aiguës, un peu à la mesure de celle des armes, sur le terrain. La jeune femme quitte son Odessa natale pour rejoindre le Donbass. Sa vie d’avant était celle d’une jeune femme de l’ombre. Elisaveta souffre d’un handicap aux mains (malformation spécifique dûe à la prise d’un médicament dans les années 60) qui la prive de toutes ces petites choses qui règlent la vie des filles de son âge. Elle est aussi d’un milieu modeste, elle travaille sur les marchés et rêve sans doute d’un avenir meilleur. La guerre, paradoxalement, va le lui apporter. “J’ai trouvé normal de rejoindre ces hommes qui se battaient pour ma région. Je me suis dit que je ne pouvais rester sans rien faire”, raconte Elisaveta, dans les couloirs de l’hôpital Central militaire, au centre de Kiev. La jeune femme se fait soigner pour une faiblesse cardiaque qui pour l’heure, l’éloigne de la ligne de front.

Cette ligne de front qui lui a redonnée une vie, une forme, une voix. Les tâches de la jeune femme vont de la cuisine, au ménage mais aussi aux nuits de garde, dans les différentes positions de cette armée de volontaires. “Nous étions toujours deux parce que lorsqu’il fallait prévenir le bataillon, si on ne pouvait le faire avec le talkie-walkie, l’un de nous rejoignait l’arrière, en courant, afin de les informer de tout nouveau développement”. C’est là, que le regard que l’on porte sur la jeune femme devient embarrassant. On ne peut s’empêcher de remarquer ses mains, si peu compatibles avec l’exercice du combat.

Ce jour-là, dans ce couloir d’hôpital, elle a joliment soigné ses ongles, revêtus d’un vernis violet. Son pantalon de treillis est immaculé. Mais n’est-il pas français? Elisaveta sourit et raconte, avec des étoiles dans les yeux, qu’elle était à Paris, en mars 2014. Qu’elle a acheté ce pantalon de l’armée française, dans un surplus militaire ainsi que cette doudoune, bien moins réglementaire, et qui avec ses dessins de bambous, suggère une tenue camouflage. Du bricolage! Mais qu’importe, Elisaveta est prête à tout pour faire partie de ce groupes d’hommes et de femmes qui défendent leur patrie, le fameux bataillon Aidar.

François Hollande fait la bise à Elisaveta

Paris. Un autre tournant de la vie de cette jeune femme qui prend les contours d’un destin peu courant. “On m’avait choisie pour un voyage en France, parce qu’ils ont dit que je représentais une sorte de symbole fort des révolutionnaires de Maïdan. Je suis restée six jours, j’ai rencontré François Hollande et Bernard Henry-Lévy “. Ce qu’elle retient de ce voyage qu’elle semble avoir traversé avec la modestie des justes, c’est la chaleureuse accolade du président français. “En Ukraine, les présidents ne nous embrassent pas! “, dit-elle, en riant.

Elle a gardé les photos de ce moment historique et personnel, sur son téléphone portable qu’elle sort habilement de son anorak et manipule avec une agilité déconcertante, compte-tenu de son handicap. A cette époque, elle affiche une coupe de cheveux plus féminine qu’aujourd’hui. Ses cheveux, depuis, ont été coupés à la façon nationaliste, court sur les côtés et avec une sorte de grande mèche qui part du haut du crâne pour aller vers le bas du dos. Pas forcément très seyant mais qui a le mérite de situer la personne, au premier coup d’oeil.

Lisa a gagné, les gens ne la regardent plus

A la guerre, elle habite dans un immeuble abandonné, les toilettes sont à l’éxtérieur. “Pour se laver, on allait chez les gens qui voulaient bien nous accueillir”. La nuit est réservée aux gardes. Qu’elle accomplit avec tout le courage que son corps frêle possède et que l’effroi entrave parfois. “Une nuit, j’ai eu vraiment peur, parce qu’un obus est tombé sur la position, à une centaine de mètres de nous. Les deux garçons ont été réduits en cendre. Il y a des gars du bataillon qui sont partis avec des sachets en plastique, afin de ramasser les cendres, justement. C’était très perturbant mais en même temps, je savais que ma place était là et pas ailleurs, même si j’etais terrifiée”. Des photos, Lisa en a encore. Elle manipule à nouveau son téléphone et s’arrête sur cette image, source de fierté infinie: un panneau, un camion, de la neige à hauteur d’homme et elle, Elisaveta, une kalachnikov dans les bras, tout sourire, la preuve absolue qu’elle ne raconte pas d’histoires: ” Avant je souffrais de mon handicap, aujourd’hui, ce n’est plus le cas, le regard des autres sur moi est différent, il a changé “. Mieux, les gens ne la regardent plus. Elle n’est plus une handicappée. ” Je me dis qu’il n’y a pas de bonheur sans aide du malheur “. Elisaveta est enfin devenue Elisaveta Shaposhnik. Elle est comme tout le monde. Elle sait que désormais le rêve de sa vie, créer une association pour handicapés, est à portée de main. Une victoire que Poutine n’aurait sûrement pas imaginée.

Source : Karen Lajon, pour Le JDD, le 12 février 2015.

Source: http://www.les-crises.fr/la-guerre-cest-cool-en-ukraine-le-soldat-elisaveta-a-vaincu-son-handicap/


Le résultat des départementales en 1 graphique (50 % des ouvriers votent FN…)

Thursday 26 March 2015 at 04:20

Graphique important sur le vote des électeurs en fonction de leur catégorie sociale (et qui vaut toutes les soirées électorales du monde) :

(Source IFOP)

Éloquent, non ?

Je pense que ça résume terriblement bien notre situation politique…

(pour mémoire, voici la répartition des salariés en 2013 selon l’INSEE :  Ouvriers : 20 % / Employés : 28% / Professions intermédiaires : 25% / Cadres sup et prof libérales : 17% / Artisans et chef entreprises : 6%)

Bien entendu, comme il y a une énorme corrélation entre le niveau d’étude et la catégorie sociale, certains se sont amusés à présenter les choses ainsi, avec des commentaires de “qualité”, comme ici avec SOS racisme (pensez aussi à lutter contre le racisme social, les gars…) :

On en arrive ainsi à une visualisation du mépris social.

Car si les sans-dents votent mal, c’est bien entendu parce qu’ils sont peu éduqués – et donc peu intelligents -, NULLEMENT car ils souffrent, et comprennent bien qu’ils sont les dindons de la farce du système actuel…

Cela rentre dans ses visions décadences du financiarisme, du genre “la fin de l’histoire”, “la fin des luttes de classes sociales”, etc. (un lecteur me parlait même récemment de la “fin du mal”, comme si le mal n’existait plus, et qu’on vivait dans un monde de Bisounours”). Visions où la politique fait seulement partie de la société du spectacle, et n’est plus la façon d’arbitrer entre les revendications des parties du corps social.

Et un jour, les parties constamment perdantes du corps social (et dont tout le monde se contrefout) se révoltent…

P.S. je vous rajoute l’abstention, à la demande générale… (mais en général, la répartition des sympathies politiques des abstentionnistes est proche de celle des votants)

Source: http://www.les-crises.fr/le-resultat-des-departementales-en-1-graphique-50-des-ouvriers-votent-fn/


[Enorme] L’Union Européenne en campagne contre “la propagande russe”…

Thursday 26 March 2015 at 02:15

Ils sont quand même énormes…

Je rappelle que la “propagande”, c’est principalement cette masse de (des)information qui s’abat sur la population d’un pays par le biais de ses médias grands publics.

Et que, nos systèmes médiatiques étant ce qu’ils sont, il y a ainsi une propagande dans chaque pays, qui va la plupart du temps dans le sens du gouvernement (je vous renvoie aux travaux de Noam Chomsky).

Donc il y a évidemment une propagande russe, mais elle s’exerce surtout en Russie, sur la population russe.

Donc il y a aussi une propagande américaine, mais elle s’exerce surtout aux USA, sur la population américaine.

Donc il y a aussi une propagande péruvienne, mais elle s’exerce surtout au Pérou, sur la population péruvienne. etc.

Bref, si on croit un minimum à la Démocratie, tout un chacun se doit donc de dénoncer la propagande de SON propre pays (ce qui n’est jamais indolore…).

Il est donc piquant de voir la réaction courroucée de nos dirigeants dont les belles narratives sont facilement démontées sur Internet. Mais pour l’instant – et ça durera surement – seule une minorité de la population s’y intéresse, la masse est toujours bercée par TF1-Le Monde-France Inter…

Donc je vois mal comment les pôvres Français pourraient être intoxiqués par de la “propagande russe”, vu que peu de Français vont consulter des médias russes, me semble-t-il.

Mais on aura compris que, bien plus que les occasionnelles déformations de la propagande russe, ce qui effraient nos dirigeants, et qu’ils voudraient abattre, c’est bien la contradiction, voire parfois le simple affichage d’une réalité… Car ils ont, à cause d’Internet, (et pour l’instant) perdu le monopole de l’information…

Je termine avec ces mots de Pascal Boniface :

“On peut se demander si “Libération” fera un jour une enquête sur les réseaux atlantistes ou néoconservateurs en France qui, par le biais de l’Otan, de fondations ou de différentes succursales, ont des capacités de financement bien plus importantes que les Russes. Est-ce que “Libération” enquête pour savoir si l’attitude de ceux qui s’exprimaient le plus violemment contre Poutine n’étaient pas liés à des financements liés à l’intérêt de conserver le plus haut niveau de dépenses militaires ou de redonner une vigueur nouvelle à l’Otan ?” link to iris-france.org

Plan d’action européen contre la désinformation russe


Le chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini

L’Union européenne va préparer d’ici à juin un “plan d’action” médiatique pour contrecarrer les “campagnes de désinformation de la Russie” sur le conflit en Ukraine, selon le projet de conclusions du sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles.

Les chefs d’État et de gouvernement doivent selon ce texte demander à la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, de préparer un mécanisme de contre-propagande, en commençant par “la mise en place d’une équipe de communication”, un “premier pas” en ce sens.

“Désinformation de la Russie”
“Le Conseil européen souligne la nécessité de contrer les campagnes de désinformation en cours de la Russie et invitent” Mme Mogherini “en coopération avec les États membres et les institutions de l’UE, à préparer d’ici à juin un plan d’action de communication stratégique pour soutenir la liberté de la presse”, selon le texte que doivent adopter les chefs d’Etat.

“Veille de médias russes”
L’idée est de “monter une équipe à Bruxelles pour faire une veille des médias russes, repérer les mensonges flagrants, identifier quelles vérités y opposer et informer les États membres pour qu’ils agissent”, a précisé une source européenne. “L’accent doit être surtout mis sur les pays du Partenariat oriental” (Ukraine, Moldavie, Belarus, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan), où le public russophone est jugé le plus exposé à la diffusion des thèses de Moscou, a-t-elle ajouté.

Contre-propagande
Ce projet de contre-propagande était évoqué depuis des mois au sein de l’UE, face à la guerre médiatique déclenchée par la Russie autour de la crise ukrainienne, grâce notamment à ses chaines publiques multilingues diffusant à l’étranger. La Lettonie, qui préside actuellement l’UE et abrite, comme les autres pays baltes, une importante minorité russophone, avait notamment évoqué la création d’une chaîne européenne pour lutter contre la désinformation.

“Annexion illégale” de la Crimée
La couverture par les médias russes du premier anniversaire du “retour” de la Crimée dans le giron russe, via un référendum controversé qui a permis de justifier son annexion par la Russie, est l’un des derniers épisodes de cette bataille de l’information. Les Occidentaux ne reconnaissent pas cette annexion qu’ils jugent “illégale”.

Source : 7sur7.be, le 17 mars 2015.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ICI le rapport du Conseil Européen parlant de cela.


L’Union européenne prépare un plan d’action pour contrer la « désinformation » des médias Russes

Une fuite révèle que les dirigeants Européens sont déterminés à contrer ce qu’ils considèrent comme des campagnes de désinformation et ils donnent trois mois au chef de la politique étrangère de l’UE pour présenter des idées sur la façon de faire.

Reuters à obtenu un brouillon de propositions pour qu’un sommet de l’UE ait lieu le 19 et le 20 mars.

Selon la proposition, Frederica Mogherini, le Haut représentant aux affaires étrangères de la Commission européenne, devra rendre dans trois mois un plan d’action en faveur de la liberté médiatique

«Le Conseil européen souligne le besoin de remettre en question les campagnes actuelles de désinformation et invite le Haut représentant … à préparer d’ici au Conseil Européen de juin, un plan d’action sur une communication stratégique en soutien à la liberté des médias et aux valeurs de l’UE», dit le brouillon.

«il accueille avec bienveillance la mise en place d’une équipe de communication comme la première étape à cet égard», poursuit-il.

L’article de Reuters sur le sujet, mentionne spécifiquement RT, comme exemple d’organe de presse financé par le gouvernement Russe «étendant de manière constante leurs opérations».

L’organe de presse à aussi cité un diplomate non identifié, qui a déclaré qu’il y avait «une inquiétude croissante avec la propagande Russe et elle devient maintenant, importante ».

Les proclamations de l’Occident au sujet de la liberté d’expression vont à l’encontre de leurs actes, a dit à RT Alexander Mercouris, un analyste en affaires internationales basée à Londres.

«L’Occident à toujours affirmé qu’il ne fait pas de propagande, qu’il croit en la liberté d’expression et dans l’échange libre des opinions. Malgré tout nous y sommes, l’Occident met en place ce qui, dans l’intention et les objectifs, ressemble à une chaîne de propagande pour émettre le point de vue occidental sur la Russie. Ils disent donc une chose tout en faisant le contraire», a-t-il dit.

Alors que les médias occidentaux «parlent d’une seule voix et disent des choses que de nombreuses personnes en Occident trouvent difficiles à accepter», les gens cherchent des canaux d’information alternatifs, «qu’ils considèrent comme fiables et objectifs et celui qu’ils ont trouvé est RT», à dit Mercouris.

En savoir plus (en anglais) De plus en plus de responsables de médias considèrent RTcomme un défi majeur et veulent entrer en compétition.

En essayant de trouver une parade à la voix russe de plus en plus audible au sein des organes médiatiques internationaux, l’Union européenne met apparemment ses pas dans ceux des États-Unis.

Le BBG, Broadcasting Board of Governors (le bureau des gouverneurs en charge des diffusions, NdT), une agence bi-partisane [Démocrates et Républicains, main dans la main, NdT] qui supervise les médias soutenus par le gouvernement, a proposé de mettre en place une chaîne en langue russe «afin que les États-Unis puissent défier Russia Today (RT)»en août 2014.

En janvier de cette année, Andrew Lack, nouvellement nommé chef du BBG états-unien, avait cité RT comme étant une des plus importants défis de l’agence. Le fait que les deux autres défis sur sa liste étaient l’EI et Boko Haram à mis le fonctionnaire en difficulté avec les journalistes et la communauté des droits de l’homme.

En savoir plus (en anglais) Un ancien membre du BBG déclare: Les organes d’information ne devraient jamais être comparés aux terroristes.

Le Secrétaire d’État John Kerry à récemment demandé aux législateurs états-uniens plus d’argent pour des programmes de propagande et de promotion de la démocratie de par le monde.

«Russia Today peut être vu en anglais, avons-nous un équivalent qui puisse être entendu en Russie? C’est une proposition coûteuse. Ils dépensent de grosses sommes d’argent», a dit Kerry.

Des sommes énormes d’argent, prétendument dépensées pour une diffusion internationale, sont souvent mentionnées par les politiciens occidentaux. Le représentant Ed Royce (R-CA) a récemment estimé que RT coûtait $500 millions.

En savoir plus (en anglais) Pour la propagande et la promotion de la démocratie, le Département d’État cherche le budget pour contrer RT.

En réalité, le budget de RT pour 2015 est la moitié de la somme citée par Royce, $225 millions, selon le taux de change actuel 13,85 milliards de roubles. En comparaison, le média du gouvernement états-unien reçoit $721 millions. Le service international de la BBC, qui en janvier s’est plaint de ce que RT «gagne la guerre de l’information», reçoit $375 millions par an.


Image par RT
Tout le monde n’est pas d’accord sur le fait que la popularité d’un organe médiatique dépend de l’importance des financement qu’il reçoit.

«Je pense que le problème qu’ont les États-Unis c’est qu’ils ont un budget publicitaire illimité, mais que le produit qu’ils vendent n’est pas très attirant depuis l’étranger, à dit à RT Daniel McAdams, le Directeur Exécutif du Ron Paul Institute. Les gens sont fatigués de l’interventionnisme états-unien; ils sont fatigués de l’exceptionnalisme états-unien; ils sont fatigués de ce que les États-Unis bombardent leur pays. Si vous êtes Somalien, vous vous moquez d’écouter un programme de radio venant des États-Unis, vous voulez seulement que les États-Unis cessent de vous bombarder.»

En savoir plus (en anglais) Edward Lucas suggère d’utiliser les méthodes du KGB contre RT

Même Edward Lucas, l’écrivain senior du magazine The Economist, qui est un des plus féroces critiques de RT, reconnaît que sa popularité est due à la nécessité d’un point de vue différent de celui offert par les médias occidentaux.

«Pourquoi les gens regardent-ils RT avec une telle avidité? Parce qu’ils pensent que les médias de masse ne leur disent pas la vérité et ils en ont marre de l’élite politique dans nos pays», a t-il remarqué.

Source : Russia Today, traduit par Lionel, pour le Saker Francophone, le 12 mars 2015.

Source: http://www.les-crises.fr/enorme-lunion-europeenne-en-campagne-contre-la-propagande-russe/


[La guerre, c'est sexy !] Ukraine: portraits de femmes combattantes

Thursday 26 March 2015 at 00:03

Reprise d’un peu de propagande de guerre…

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Des femmes combattantes pro-russes participaient, à Donetsk, ce vendredi 7 mars à un défilé organisé à l’occasion de la journée internationale des femmes

Dans l’est de l’Ukraine, des femmes se battent des deux côtés du front. Anna, admiratrice de Vladimir Poutine, se bat aux côtés des rebelles pro-russes.Yadviga, elle, est dans les forces ukrainiennes loyales à Kiev. Portraits croisés.

La photo de Vladimir Poutine trône en évidence dans la salle de réunion du quartier général des autorités rebelles de la ville de Enakievo, au nord de Donetsk. C’est Anna, bras droit du commandant militaire qui l’a accrochée ici. « Il est sage, il est fort, il est sûr de lui. J’aimerais voir un tel dirigeant à la tête de notre pays. »

Anna a 37 ans. Elle est venue dans les rangs des combattants séparatistes, après avoir quitté la vie civile au printemps dernier. « Les gens du Maïdan ont apporté ici beaucoup de douleur, de malheur. La République populaire de Donetsk a dit qu’elle voulait vivre séparément. Les gens ici ne voient pas leur avenir dans l’Union européenne. Ils ne voient pas leur avenir avec les gens qui ont fait la révolution à Kiev. Pourquoi ne veulent-ils pas nous entendre, trouver un compromis ? »

De l’autre côté du front, Yadviga, ancienne policière, a vécu les combats meurtriers de l’aéroport de Donetsk. Son unité est aujourd’hui déployée près de Marioupol. « Pour moi le plus important, c’est cette foi avec laquelle je suis sortie sur le Maïdan. Je suis rentrée du Maïdan et je suis partie à la guerre. Je sais pourquoi je me bats. Parce que je veux vivre normalement. Je voyage beaucoup en Europe, j’y ai même vécu. Je considère que je suis Européenne et je voudrais que l’Ukraine devienne un pays européen, normal. »

Anna, la pro-russe, a sa photo de Poutine. Yadviga, l’Ukrainienne, en a scotché une autre, au dessus de son lit de camp : celle de la tour Eiffel qu’elle rêve de revoir une fois la guerre terminée.

• A Donetsk, les combattantes pro-russes défilent

Profitant de l’accalmie qui s’est installée depuis quelques jours, à Donetsk, les autorités pro-russes ont organisé pour l’occasion, un défilé de jeunes femmes de l’armée rebelle.

Source : RFI, le 8 mars 2015.

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Ben voui, ils n’allaient pas montrer ça quand même…


Handicapé russophone tué dans le Donbass


Après le passage des Ukrainiens, cet été dans le Donbass


Jeune enfant tuée par un tir de l’armée ukrainienne dans un village du Donbass

Source: http://www.les-crises.fr/la-guerre-cest-cool-ukraine-portraits-de-femmes-combattantes/


[Fascinant] La BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter de dette d’Athènes

Wednesday 25 March 2015 at 15:46

C’est quand même fascinant cette histoire…

L’État grec se finance en émettant des obligations à court terme ; mais comme plus personne n’en veut, seules ses banques privée en achètent. Elles en déposent ensuite une partie à la Banque centrale de Grèce en échange de liquidités d’urgence.

Alors d’un côté, trèèèès courtermiste, la BCE a raison : c’est très dangereux pour les banques.

Mais d’un autre, cela va garrotter le gouvernement grec, qui n’aura que 2 solutions : ou tout céder à l’UE, et dans les grandes largeurs ; ou bien quitter l’euro, et tout faire péter.

Ils sont donc trèèès joueurs à la BCE là – et ça en est fascinant, de mettre une pression folle, faisant fi de contraintes politiques de base sur quelqu’un qui peut vous détruire. Ou bien ils savent que Syriza n’est qu’une grosse baudruche… À suivre donc – parce que dans ces conditions, cela ne va pas durer très longtemps…

La Banque centrale européenne estime que la dette du pays fait peser un risque sur les établissements financiers grecs, a indiqué mercredi à l’AFP une source au fait du dossier. Or, ces derniers permettent à Athènes de se maintenir à flot financièrement…

La BCE, chargée depuis novembre 2014 de la supervision des banques européennes en sus de son mandat de politique monétaire, met désormais la pression sur les établissements financiers grecs.

Elle s’émeut du “risque que le bilan (des banques grecques) soit plombé par des actifs de mauvaise qualité”, a expliqué une source au fait du dossier à l’AFP, mercredi 25 mars. L’institution a intimé aux banques “de ne pas augmenter leur risque” dans une “communication” cette semaine. Elle leur demande notamment d’arrêter d’acheter de la dette d’Athènes.”C’est quelque chose à prendre au sérieux”, de la part des banques, a précisé la source, qui s’exprimait sous couvert d’anonymat.

Le Financial Times et le Wall Street Journal avaient auparavant fait état d’une lettre envoyée mardi 24 mars aux banques hellènes. La BCE n’a pas commenté ces informations.

Athènes écoule ses bons du trésors auprès des banques grecques
C’est principalement auprès des banques grecques qu’Athènes écoule les bons du trésor émis à intervalles réguliers, qui lui servent à rembourser les précédents et à se maintenir à flot financièrement, alors que les caisses de l’Etat sont presque à sec. Mais la dette grecque est considérée comme un investissement “pourri” par les agences de notation.

Par ailleurs, la BCE a arrêté début février d’accepter de la part des banques leurs obligations souveraines grecques comme garanties dans ses opérations hebdomadaires de prêts, importante source de financement pour elles. Avant cette date, les banques grecques bénéficiaient d’un régime de faveur leur permettant d’apporter ces titres en garantie, mais les incertitudes entourant l’avancement d’Athènes dans ses réformes depuis l’arrivée au pouvoir fin janvier du gouvernement d’Alexis Tsipras ont conduit l’institution à faire sauter ce dispositif.

Les banques grecques se refinancent à l’heure actuelle auprès de la banque centrale du pays, avec des prêts d’urgence, plus chers pour elles, dans le cadre d’un mécanisme appelé ELA et approuvé par la BCE.

Source : La Tribune

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Grèce : derrière les sourires, le noeud coulant se resserre encore

Angela Merkel et Alexis Tsipras ont voulu détendre l'atmosphère lundi, mais sans avancer sur les dossiers.

Angela Merkel et Alexis Tsipras ont voulu détendre l’atmosphère lundi, mais sans avancer sur les dossiers. (Crédits : Reuters)

Romaric Godin  |  24/03/2015

La visite d’Alexis Tsipras à Berlin a donné une impression de détente. En réalité, la pression continue à augmenter sur le gouvernement grec qui ne devrait avoir d’autres choix que de céder aux réformes voulues par les Européens.

La visite d’Alexis Tsipras à Berlin a atteint son but : celui de ramener un semblant de calme et de respect dans la crise avant tout politique qui oppose la Grèce à ses créanciers. Finis donc, du moins en apparence, les débats sur les doigts d’honneur et les menaces de part et d’autres. Place aux sourires et aux échanges d’amabilités. Du moins en apparence.

Maintien de la situation objective

Car, dans les faits, ce voyage n’a rien réglé. La situation objective reste la même que celle qui a commencé le 20 février dernier avec l’accord (qui prend de plus en plus la forme d’un pseudo-accord) au sein de l’Eurogroupe. La Grèce a un besoin pressant de liquidités et ses créanciers européens attendent qu’elle se range à « leur » raison pour libérer les fonds. Ce lundi 23 mars, Angela Merkel n’a, en réalité, pas bouger d’un pouce. Elle a même précisé explicitement (mais avec le sourire de circonstance) qu’elle ne pouvait en réalité rien pour la Grèce. Selon Bild Zeitung, citant des « participants » aux discussions, il n’a, du reste, été discuté de rien de concret concernant ce problème. Autrement dit, Angela Merkel a renvoyé Alexis Tsipras face à l’Eurogroupe et à la troïka. On revient donc au point de départ.

Un apaisement inquiétant ?

Concrètement, cette visite du premier ministre hellénique à la chancellerie n’a donc été qu’une entreprise de communication. Elle rassure tout le monde. Mais en réalité, elle est fort inquiétante, car elle prouve que Berlin reste dans sa position hiératique d’attente. Et qu’attend Angela Merkel ? Qu’Athènes propose enfin une liste de réformes conforme à ce que l’on entend par réformes chez les hauts fonctionnaires européens. Lundi, du reste, fort opportunément, l’agence allemande DPA annonçait que « selon des sources proches du ministère grec des Finances », la Grèce pourrait proposer un relèvement de la TVA sur les nuitées d’hôtel, le tabac et l’alcool, une hausse de la taxe de séjour dans les îles, un relèvement à 67 ans (contre 62 ans aujourd’hui, même s’il sera toujours possible de partir à cet âge avec 40 ans de cotisations) de l’âge minimal de départ à la retraite et une accélération des privatisations. Ce programme pourrait être en réalité les conditions auxquelles les créanciers sont prêts à accorder quelques milliards d’euros à la Grèce.

La carotte et le bâton

On comprend donc aisément la stratégie d’Angela Merkel : elle n’a aucune raison d’avancer autrement que sur le plan de la communication. Dans les faits, le temps joue pour elle. Plus les caisses grecques se vident, moins Alexis Tsipras n’aura le choix des « réformes. » Ce qui importe pour Berlin comme pour Bruxelles, c’est avant tout de dissimuler cette stratégie du « nœud coulant » où l’on laisse le patient grec s’asphyxier de plus en plus jusqu’à ce qu’il accorde tout ce qu’on lui demande. D’où ces sourires et cette bonne volonté affichée. D’où aussi les deux milliards d’euros de « fonds inutilisés » qui vont être mis à la disposition de la Grèce par l’Union européenne. Une manne subitement découverte et qui vient fort opportunément « réparer » l’impair d’un fonctionnaire de la Commission qui, mardi 17 mars, avait voulu bloquer la mise en place de la loi sur l’urgence humanitaire. Et pour enfoncer le clou, voici que Jean-Claude Juncker lui-même adopte le vocabulaire de Syriza et parle d’urgence humanitaire.

Pourquoi la Commission a-t-elle subitement découvert et libéré ces fonds «inutilisés » ? On peut faire confiance aux fonctionnaires européens pour trouver une réponse « rationnelle » à cette question. Mais, en réalité, c’est une opportunité supplémentaire de convertir le nouveau gouvernement grec aux « bonnes » réformes. Avec ces 2 milliards d’euros, qui sont une bonne nouvelle pour l’économie grecque qui en a fort besoin, Alexis Tsipras dispose, s’il le souhaite d’un argument supplémentaire pour « vendre » les réformes promues par les Européens aux Grecs et les faire accepter par la population et la majorité à la Vouli, le parlement grec. Bref, Bruxelles joue la carotte, l’Eurogroupe le bâton. Mais le but est le même : faire accepter au gouvernement Syriza des réformes qu’il pouvait le 25 janvier juger inacceptables.

Ce que la Grèce pourrait obtenir : du temps

Dans ces conditions, on voit mal comment Alexis Tsipras pourrait résister. Selon le porte-parole du gouvernement, une liste de réformes « qui n’auront pas d’impact récessif sur l’économie » sera présentée d’ici à lundi. Dans la foulée, selon des informations publiées le 23 mars par le quotidien grec To Vima, si l’Eurogroupe valide cette liste, 4,9 milliards d’euros pourraient être débloqués. Il s’agira de 1,2 milliard d’euros de la dernière tranche de l’aide européenne, du déblocage des 1,9 milliard d’euros d’intérêts engrangés par la BCE sur les bons grecs et de 1,8 milliard d’euros de remboursement d’aide bancaire trop perçue par le fonds européen de stabilité. De quoi tenir jusqu’en… juillet, date à laquelle la Grèce va devoir rembourser 3,5 milliards d’euros à la BCE. Autrement dit, les créanciers de la Grèce vont conserver la maîtrise du temps. Ils vont défaire un peu le nœud coulant, puis recommencer à serrer. Avec toujours le même but : ne pas laisser d’initiatives à Athènes, notamment sur la renégociation de la dette dont on notera qu’il n’est plus guère question.

Comment faire passer les réformes en Grèce ?

L’enjeu pour Alexis Tsipras sera désormais de faire passer ses reculs pour des victoires. Il dispose de quelques arguments : les 2 milliards d’euros de l’UE, on l’a vu, pèsent lourd (c’est plus de 1 % du PIB), mais il peut aussi insister sur cette loi pour gérer la crise humanitaire qu’il est parvenu à faire adopter, malgré la résistance de l’UE ou sur le nouvel objectif d’excédent primaire pour 2015 (qui reste à définir). Surtout, Alexis Tsipras pourra s’appuyer sur un argument massue : il faut stopper la détérioration de l’économie, condition nécessaire à l’application du programme de Syriza. Et pour cela, il faut accepter les conditions de l’Eurogroupe. A ce point, le nœud coulant aura réalisé parfaitement son œuvre. Sera-ce suffisant pour conserver sa majorité parlementaire et sa très grande popularité alors qu’il pourrait accepter une hausse de la TVA que même le gouvernement précédent avait refusée ? Les Grecs semblent désormais surtout soucieux de sortir de la crise, et on les comprend. Il devrait pouvoir passer dans l’opinion.

Triple revers pour Alexis Tsipras ?

Reste néanmoins que si ce scénario se confirme, Alexis Tsipras aura subi un triple revers, même s’il faudra se garder de juger son gouvernement au bout de deux mois avec des exigences démesurées. Le premier, c’est le maintien de la Grèce dans ce « péonage » de la Grèce décrit par l’économiste Costas Lapavitsas et qui consiste à mobiliser l’essentiel des ressources de l’Etat pour le remboursement des créanciers. Le second, ce sera de ruiner la marge de manœuvre des partis proches de Syriza en Europe en prouvant qu’une victoire électorale ne permet pas réellement de renverser la vapeur. Enfin, il hypothèque l’avenir des négociations, en se retrouvant dans une situation étroite de dépendance et en ayant fait aveu de faiblesse.

Victoire des créanciers ?

Pour autant, chacun, Grecs comme créanciers, devrait, au final, se considérer comme vainqueur. Mais il n’est pas certain que la victoire des créanciers ne soit rien d’autre qu’une victoire à la Pyrrhus. Leurs « réformes » ne permettront pas de redresser réellement la Grèce et cette « victoire » ne découragera guère les électeurs des partis « populistes » dans d’autres pays, notamment ceux qui prônent des solutions plus radicales et qui, en réalité, se trouvent renforcés par l’autisme de l’Eurogroupe, dans leur idée que seule la rupture paie…

Source : Romaric Gaudin, La tribune, 24/03/2015

Source: http://www.les-crises.fr/fascinant-la-bce-demande-aux-banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-dathenes/


Actu’Ukraine 25/03 (+ ENTRAIDE)

Wednesday 25 March 2015 at 04:04

Beaucoup d’entre vous ont apparemment apprécié le résultat du gros travail pour constituer ces actu’ukraine.

Or, sauf erreur de ma part, je n’ai reçu aucune réponse à l’appel de la semaine passée pour des volontaires pouvant noua aider à sélectionner et rédiger cette série.

Comme une seule personne ne peut gérer ceci à moyen terme, il est donc possible que cela soit une des dernières actu-Ukraine.

Ainsi, si vous avez un peu de temps pour nous aider, merci de nous contacter ici. (pas besoin de parler forcément ukrainien : on a beaucoup d’infos, ce qui est long c’est de trier, rédiger…)

 Actu’Ukraine semaine du 16 au 22 mars 2015

Cette semaine, c’est le retour à la case “Guerre”…

 

Focus de la semaine : les accords de Minsk 2 et leur application un mois après leur signature 

• En bref

Le cessez-le-feu (point 1) est globalement respecté hormis quelques points chauds (Peski et Shirokino en particulier) et des provocations. Le retrait des armes lourdes (Point 2) est globalement achevé côté novorusse et reste flou côté ukrainien comme l’a noté à plusieurs reprises l’OSCE (point 3).

Le début du volet politique des accords de Minsk (point 4) a été torpillé par l’Ukraine le 17 mars 2015 avec l’assentiment tacite des occidendaux. Les amendements à la loi sur le statut spécial du Donbass sont totalement en opposition avec l’esprit de Minsk. L’Ukraine ne reconnait pas la réalité de la guerre civile, elle ne reconnait pas les novorusses comme un belligérant (et donc n’a rien à discuter avec eux). Les milices novorusses ne sont donc pas, de facto, des formations militaires reconnues et donc devraient, selon le point 10 et selon l’interprétation de l’Ukraine, être dissoutes. De plus, cerise sur le gâteau, l’Ukraine ne reconnait pas la perte de la région de Debaltsevo et d’autres localités et ne les inclue pas dans la zone à statut spécial.

En somme, ce vote du 17 mars 2015 met un point final au volet politique des accords de Minsk et donc aux accords tout court. L’Ukraine agit exactement de la même façon qu’en septembre 2014 avec les premiers accords de Minsk. Elle gèle par des accords une situation militaire désastreuse pour elle. Elle ne respecte pas le volet politique de l’accord et laisse pourrir la situation tout en préparant ses forces armées à la prochaine offensive. Si rien n’évolue côté ukrainien, la guerre devrait donc bientôt reprendre.

• L‘application de l’accord de Minsk 2, point par point (texte en russe mk.ru, traduction française le courrier de russie, traduction anglaise wikipedia, document original en russe  osce)

Point 1 - Cessez-le-feu immédiat et universel dans les zones actuellement contrôlées par les républiques de Donetsk et de Lougansk et respect strict de ce cessez-le-feu à compter du 15 février 2015 à minuit  (heure  ukrainienne). Immediate and full ceasefire in particular districts of Donetsk and Luhansk oblasts of Ukraine and its strict fulfilment as of 00:00 midnight EET on 15 February 2015.

Le  cessez-le-feu est globalement respecté hormis quelques points  chauds : Peski (colonel cassad) et Shirokino (colonel cassad) en particulier. A noter aussi des provocations. Citant l’OSCE, Lavrov déclare que 80% des violations du cessez-le-feu sont le fait des Ukrainiens (rt).

D’ailleurs l’Ukraine ne cache pas son intention de reprendre la guerre. Yatseniouk a ainsi d”éclaréKiev essayera par tous les moyens de reprendre le contrôle sur le Donbass (vz). Les Novorusses ne se font pas d’illusions et se préparent à la prochaine offensive  (youtube).

Interview du commandant novorusse Givi sur le cessez-le feu (youtube)

Dernièrement, les ukrainiens ont bombardé la gare ferroviaire de Donetsk (dnr-news, youtube).

Point 2 -  Retrait  de tous les armements lourds par les deux côtés, à distances  égales, afin de créer des zones de sécurité : d’une largeur de  50 km  minimum d’écartement pour les systèmes d’artillerie d’un calibre de 100  mm et plus, d’une largeur de 70 km pour les lance-roquettes  multiples, et d’une largeur de 140 km pour les lance-roquettes  Tornado-S,  Ouragan, Smertch et les systèmes de missiles tactiques  Totchka (Totchka  U) : pour les troupes armées ukrainiennes : depuis la ligne de démarcation de fait ; pour les formations armées des zones actuellement contrôlées par  les  républiques de Donetsk et de Lougansk : depuis la ligne de  démarcation  établie par le mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014. Le  retrait des armements lourds énumérés plus haut ne doit pas commencer plus tard que le lendemain du cessez-le-feu, et être achevé dans une période de 14 jours. Ce processus sera assisté par l’OSCE avec le soutien du groupe de contact tripartite.

 Pull-out of all heavy weapons by both sides to equal distance with  the aim of creation of a security zone on minimum 50 kilometres (31 mi)  apart for artillery of 100mm calibre or more, and a security zone of 70  kilometres (43 mi) for multiple rocket launchers (MRLS) and 140 kilometres (87 mi) for MLRS Tornado-S, Uragan, Smerch, and Tochka U tactical missile systems: for Ukrainian troops, from actual line of contact; for armed formations of particular districts of Donetsk and Luhansk oblasts of Ukraine, from the contact line in accordance with the Minsk Memorandum as of 19 September 2014.  The pullout of the above-mentioned heavy weapons must start no later  than the second day after the start of the ceasefire and finish within  14 days.  This process will be assisted by OSCE with the support of the Trilateral Contact Group.

Le retrait des armes lourdes côté novorusse a été achevé et acté par l’OSCE. La situation côté ukrainien est plus floue. L’OSCE s’est vu plusieurs fois refuser de suivre des convois d’armes lourdes ukrainiennes jusqu’à leur lieu de destination.

Point 3 - L’OSCE assurera une  surveillance et un contrôle efficace du régime  de cessez-le-feu et du  retrait des armements lourds dès le premier jour  du retrait, en y employant toutes les ressources techniques nécessaires, notamment des satellites, des drones, des systèmes de  radiolocalisation, etc..  Effective monitoring and verification of ceasefire regime and  pullout of heavy weapons by OSCE will be provided from the first day of  pullout, using all necessary technical means such as satellites, drones,  radio-location systems etc.

La mission de l’OSCE est prolongée jusqu’au 31 mars 2016 (osce). Sur le terrain, l’OSCE fait régulièrement état de difficultés ainsi que de restrictions de mouvement et d’accès de la part des deux parties du conflit (Rapports de la mission de l’OSCE aux postes frontières avec la Russie Gukovo et Donetsk, Rapports journaliers de la mission de l’OSCE en Ukraine).

 Le 19 mars 2015, un observateur de l’OSCE a même été arrêté par la SBU (services de sécurité ukrainiens) puis libéré avec des excuses. Ce qui s’appelle de l’intimidation (lenta.ru)…

 Du côté novorusse, les républiques pensent plutôt que les observateurs de l’OSCE sont de parti-pris pour Kiev (colonel cassad)…

Point 4 Le  lendemain du retrait, entamer le dialogue sur les modalités de conduite d’élections locales, conformément à la législation ukrainienne et à la loi ukrainienne  sur «le régime temporaire d’autogestion locale dans des zones actuellement contrôlées par les républiques de  Donetsk et  de Lougansk », et également sur le régime futur de ces  régions, sur la  base de la loi ukrainienne. Sans tarder, pas plus tard que 30 jours à compter de la date de  signature  de ce document, adopter un décret de la Rada suprême d’Ukraine  mentionnant le territoire sur lequel s’étend le régime particulier,  conformément à la loi ukrainienne sur « le régime temporaire d’autogestion locale dans des zones actuellement contrôlées par les républiques de Donetsk et de Lougansk », sur la base de la ligne fixée dans le mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014. On the first day after the pullout a dialogue is to start on  modalities of conducting local elections in accordance with the  Ukrainian legislation and the Law of Ukraine “On temporary Order of  Local Self-Governance in Particular Districts of Donetsk and Luhansk  Oblasts,” and also about the future of these districts based on the  above-mentioned law.  Without delays, but no later than 30 days from the date of signing of this document, a resolution has to be approved by the Verkhovna Rada of Ukraine,  indicating the territory which falls under the special regime in  accordance with the law “On temporary Order of Local Self-Governance in  Particular Districts of Donetsk and Luhansk Oblasts,” based in the line  set up by the Minsk Memorandum as of 19 September 2014.

 La  Rada a adopté le mardi 17 mars une nouvelle loi sur le statut du  Donbass (en fait des amendements à la précédente loi jamais appliquée) qui revient à dénoncer  les accords de Minsk 2.  Si rien ne change, les accords de Minsk 2 sont donc morts. Voir plus bas dans cette Actu’Ukraine pour plus de détails  (mardi 17 mars 2015 – Torpillage des accords de Minsk 2 par le parlement ukrainien).

Point 5- Garantir la grâce et  l’amnistie, par le biais de l’adoption et de la mise en vigueur d’une  loi interdisant la poursuite et la condamnation des personnes en lien avec les événements ayant eu lieu dans les régions ukrainiennes  actuellement contrôlées par les républiques de Donetsk et  de Lougansk. Provide pardon and amnesty by way of enacting a law that forbids  persecution and punishment of persons in relation to events that took  place in particular districts of Donetsk and Luhansk oblasts of Ukraine.

Pas d’avancée sur ce point.

Point 6 - Garantir la libération et l’échange de tous les otages et personnes illégalement détenues sur la base du principe « tous contre tous ». Ce processus devra être achevé au plus tard cinq jours après le retrait. Provide release and exchange of all hostages and illegally held  persons, based on the principle of “all for all”. This process has to  end – at the latest – on the fifth day after the pullout (of weapons).

Après un premier échange très médiatisé, les échanges de prisonniers ont été arrêtés. L’incertitude plane toujours sur le sort des prisonniers novorusses aux mains des ukraniens, en particulier des bataillons de la garde nationale.

Point 7 - Garantir l’accès sécurisé, la fourniture, la conservation et la  distribution d’aide humanitaire aux nécessiteux sur la base d’un mécanisme international. Provide safe access, delivery, storage and distribution of humanitarian aid to the needy, based on an international mechanism.

L’Ukraine ne respecte pas ce point, seulement 15% de l’aide humanitaire arrive aux populations du Donbass. Pour plus de détails, voir l’analyse du rapport du UNOCHA, plus bas dans cette Actu’Ukraine (lundi 16 mars – L’Ukraine prive les civils des zones contrôlées par les Novorusses de soins médicaux ).

Point 8 - Détermination des modalités du rétablissement total des liens  socio-économiques, notamment les versements sociaux, comme le paiement des retraites et les autres versements (encaissements et recettes,  paiement en temps  voulu de toutes les factures communales,  rétablissement de l’imposition  dans le cadre du champ juridique de  l’Ukraine). À cette fin, l’Ukraine rétablira la gestion en segment de son système bancaire dans les régions touchées par le conflit, et il sera peut-être   crée un mécanisme international pour faciliter ces versements. Define the modalities of a full restoration of social and economic  connections, including social transfers, such as payments of pensions  and other payments (income and revenue, timely payment of communal  bills, restoration of tax payments within the framework of Ukrainian  legal field).  With this aim, Ukraine will restore management over the segment of its  banking system in the districts affected by the conflict, and possibly,  an international mechanism will be established to ease such  transactions.

Côté social, pas d’avancée sur ce point. Les versements d’allocations et de salaires ne sont toujours pas effectués. L’Ukraine doit à ce jour 100 milliards de Hryvnias aux résidents de Novorussie (novorossia.today) : “Pension payments interruptions, credits and social payments for children  and salaries for state employees began in Summer, and the Ministry  Cabinet took official decision to freeze all payments for citizens who  live in the territory of the DPR and LPR.”  100 milliards UAH c’est à peu près le déficit prévu dans les caisses de retraite ukrainiennes en 2015 (kyiv post).  La république de Donetsk a commencé de son côté à verser des allocations aux femmes enceintes et aux mères de nouveaux-nés (novorossia.today) pour pallier à la déficience de l’état ukrainien.

 Côté économique, quelques avancées. L’Ukraine accepte d’acheter du charbon aux “terroristes” de la république de Donetsk et Donetsk livre sous condition de pré-paiement des cargaisons (tass via russia insider, novorossia.su), mais dans le même temps des sabotages ont lieu en Ukraine sur les lignes de chemin de fer en direction de  la république de Lougansk (dnr-news, unian). UNIAN écrit : “Militants have blown up railway tracks in Volnovakha district and near the town of Popasna… One of the reasons for committing acts of terrorism is an attempt by  militants to break any communication between the occupied and free  areas in Donetsk and Luhansk regions” Remplacez “Militants” dans la phrase par “Forces ukrainiennes” et la vérité se fera jour. D’ailleurs se sont les ukraniens et non les novorusses qui ont fait sauter, cette semaine, le dernier pont autoroutier  enjambeant le fleuve Severskiy Donets servant de frontière entre l’Ukraine et la République de Lougansk (novorossia.today).

De manière anecdotique, des magasins ukraniens continuent de fonctionner normalement à Donetsk (http://www.kyivpost.com/content/business/lviv-handmade-chocolate-cafe-a-symbol-of-western-ukraine-doing-business-as-usual-in-separatist-controlled-donetsk-383527.html ).

Enfin, l’Ukraine restreint énormément les mouvements des personnes civiles entre les républiques de l’est (DNR et LNR) et l’Ukraine (http://novorossia.today/it-is-practically-impossible-to-obtain-permits-for-passing-to-inland-ukraine-for-inhabitants-of-donbass/ ).

Point 9 - Rétablissement d’un  contrôle total du gouvernement ukrainien sur la  frontière étatique dans  toute la zone de conflit, qui doit commencer le  lendemain des  élections locales et s’achever après la fin du règlement  politique  universel (élections locales dans des zones actuellement  contrôlées par  les républiques de Donetsk et de Lougansk sur la base de  la loi  ukrainienne et réforme constitutionnelle) d’ici la fin de l’année  2015,  sous condition de l’exécution du point 11 – par des consultations  et  en accord avec les représentants des régions particulières de Donetsk et de   Lougansk dans le cadre du Groupe de contact tripartite. Restore control of the state border to the Ukrainian government  in the whole conflict zone, which has to start on the first day after  the local election and end after the full political regulation (local  elections in particular districts of Donetsk and Luhansk oblasts based  on the law of Ukraine and Constitutional reform) by the end of 2015, on  the condition of fulfilment of Point 11 – in consultations and in  agreement with representatives of particular districts of Donetsk and  Luhansk oblasts within the framework of the Trilateral Contact Group.

Pas d’avancée sur ce point.

Point 10 - Évacuation depuis le territoire de l’Ukraine de toutes les formations armées et de la technique militaire étrangères, ainsi que des mercenaires, sous la surveillance de l’OSCE. Désarmement de tous les groupes illégaux. Pullout of all foreign armed formations, military equipment, and  also mercenaries from the territory of Ukraine under OSCE supervision.  Disarmament of all illegal groups.

Pas d’avancée sur ce point.

Point 11 - Conduite d’une réforme constitutionnelle en Ukraine, avec entrée en  vigueur d’ici fin  2015 de la nouvelle constitution, qui servira d’élément clé de la décentralisation (avec prise en compte des  particularités des zones  actuellement contrôlées par les républiques de  Donetsk et de Lougansk, acceptée par les représentants de ces régions),  et également adoption d’une législation permanente sur le statut spécial des régions particulières de Donetsk et de Lougansk, avant la fin de  l’année 2015. Constitutional reform in Ukraine, with a new constitution to come  into effect by the end of 2015, the key element of which is  decentralisation (taking into account peculiarities of particular  districts of Donetsk and Luhansk oblasts, agreed with representatives of  these districts), and also approval of permanent legislation on the  special status of particular districts of Donetsk and Luhansk oblasts in  accordance with the measures spelt out in the attached footnote,[note 1] by the end of 2015.

Pas d’avancée sur ce point.

Point 12 – Sur la base de la  loi ukrainienne « Sur le régime temporaire  d’autogestion locale dans  les zones actuellement contrôlées par les  républiques de Donetsk et de  Lougansk », les questions concernant les  élections locales seront  débattues avec les représentants des régions  particulières de Donetsk  et de Lougansk dans le cadre du Groupe de  contact tripartite. Les  élections seront conduites dans le respect des  standards de l’OSCE  correspondants et sous la surveillance du BIDDH de  l’OSCE. Based on the Law of Ukraine “On temporary Order of Local  Self-Governance in Particular Districts of Donetsk and Luhansk Oblasts”,  questions related to local elections will be discussed and agreed upon  with representatives of particular districts of Donetsk and Luhansk  oblasts in the framework of the Trilateral Contact Group. Elections will  be held in accordance with relevant OSCE standards and monitored by  OSCE/ODIHR.

Pas d’avancée sur ce point

Point 13 – Intensifier l’activité du groupe de contact tripartite, notamment  par le biais de  la création de groupes de travail pour l’exécution des aspects correspondants des accords de Minsk. Ces groupes reflèteront la composition du groupe de contact tripartite. Intensify the work of the Trilateral Contact Group including through  the establishment of working groups on the implementation of relevant  aspects of the Minsk agreements. They will reflect the composition of  the Trilateral Contact Group.

Ca, pour discuter, ça discute…

 

Lundi 16 mars 2015

• Après dix jours d’absence qui ont fait couler beaucoup d’encre, Poutine est de retour et il est tout feu tout flammes… Tout d’abord il déclenche des exercices surprises dans l’arctique avec toute la flotte du Nord mise en état d’alerte (sputnik news, rt, rt, youtube)  et des troupes pour un total de 38 000, 41 bâtiments de guerre, 15 sous-marins, 110 avions et hélicoptères de combat (zerohedge)… et dans la foulée, deux jours après, le 18 mars, il signe un traité d’alliance avec l’Ossétie du Sud incluant la protection militaire de la Russie pour la république sessésioniste de Géorgie (rt). Les USA refusent de reconnaître ce traité (sputnik news) et la Géorgie flippe carrément, vu la dérouillée éclair qu’elle a pris en 2008 suite à sa guerre contre l’Ossétie du Sud…

 Poutine déclenche aussi des exercices en Mer Baltique (rt),en Mer Noire (lenta.ru, wikipedia), dans le Nord Causase (entrainement des forces spéciales à l’élimination de groupes terroristes), dans l’extrême orient russe, à Sakhaline sputnik news) et enfin dans les îles Kouriles (sputnik news).

Les USA s’inquiètent (stratfor)… mais ne se posent pas de questions face à leurs propres exercices militaires aux frontières russes (rt, zerohedge)… Et quand on leur pose officiellement des questions, ils sont bien embarassés pour répondre (youtube)…

 

 • Un conducteur ivre renverse et tue une femme et une petite fille. Ce fait divers serait hélas banal s’il ne se passait à Konstantinovka, dans la partie du Donbass sous contrôle ukrainien et si le véhicule incriminé n’était pas un transport de troupes blindés des forces ukrainiennes (fortruss, colonel cassad) : “The accident occurred at the Lomonosov Street near City Hospital  No. 5. Three pedestrians suffered under the wheels of the fighting  vehicle: A girl aged eight died on the spot, a woman and a child in a  stroller were taken to hospital,” indique le ministère de l’Intérieur.

Très rapidement l’indignation se transforme en colère avec des émeutes (novorossia.today). Dès le lendemain, la police est autorisée à tirer sur toute personne armée (novorossia.today). Déclaration de Guerachtchenko à la chaine de TV “112 Ukraine” : «Si quelqu’un à Konstantinovka manifeste les armes à la main contre les lois du pouvoir ukrainien, instrumentalisant ledit accident de la circulation pour des affrontements de masse, d’abord il sera  fait un tir de sommation, puis  il y aura un tir à balles réelles. S’il n’y a pas le temps pour un tir de sommation, le tir se fera immédiatement à balles réelles. Personne n’est en droit de  saper le pouvoir ukrainien, armes à la main, en Ukraine. Toutes les actions, renforts et ordres nécessaires ont été envoyés  à Konstantinovka, où la situation va être normalisée et restera telle dans l’avenir»… Et des unités paramilitaires de “Secteur Droit” débarquent dans la ville pour “rétablir l’ordre” (fortruss).

  Le 19 mars,le journaliste ayant filmé les premières images du drame est porté disparu (fortruss).

Tout ceci en dit long sur le degré de tension dans le Donbass sous contrôle ukrainien, les méthodes ukrainiennes de maintien de l’ordre et la vitesse à laquelle tout pourrait basculer dans l’insurrection…

 Compilation video des évènements (youtube)

 Le traitement à la télé russe (youtube)

• Retour sur l’émission Ce soir (ou jamais !) diffusée sur France 2 le 13 mars 2015. Cette émission de Frédéric Taddeï avait pour thème : « Entre Vladimir Poutine et l’OTAN, la  guerre froide est-elle de retour ? » (france2) avec pour invités Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, Andreï Gratchev, historien et ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Raphaël Glucksmann, documentariste, Slobodan Despot, éditeur et écrivain, Manon Loizeau, journaliste et Frédéric Pons, journaliste.

 Arrêtons nous sur Raphaël Glucksmann (le parisien). C’est,

un bébé BHL, mari de Eka Zgouladze, vice-ministre de l’Intérieur en Ukraine après l’avoir été en Géorgie et fils d’André Glucksmann, « nouveau  philosophe » et compagnon de route de BHL …

Donc tout à fait objectif (dailymotion).

Moment choisi d’un échange entre ledit Glucksmann et un autre intervenant, Slobodan Despot : 

Glucksmann : “Vous portez le ruban des envahisseurs du Donbass, alors arrêtez…”

Despot : “Mieux vaut portant le ruban des envahisseurs que la croix gammée comme certains amis de…”

Glucksmann : “Moi, je porte la croix gammée ? “

Remarquez que Glucksmann n’attend pas que Despot finisse sa phrase pour réagir, comme s’il se sentait concerné…

• Procès entre oligarques ukrainiens à Londres (independent). Viktor Pinchuk, un ami de Tony blair, poursuit deux autres oligarques ukrainiens Gennadiy Bogolyubov et Igor Kolomoisky pour une somme de 2 milliards USD sur fond de violence, pression, meurtre et corruption… Un résumé de l’Ukraine en somme… A relier au “focus” de l’Actu’Ukraine de la semaine dernière ( ).

• L’Ukraine prive les civils des zones contrôlées par les Novorusses de soins médicaux (hrw.org, youtube)

Le constat est fait par l’ONG Human Right Watch en se basant sur leur propre expérience et le dernier rapport de l’United Nations Offices for Coordinated Humanitarian Affairs  (UNOCHA) (unocha) : Ukraine – Situation Report No 31 (Sitrep 31 FINAL pdf ). Cela n’émeut pas l’UE qui choisit de ne regarder que la Crimée, où tout va bien, plutôt que le Donbass (russia insider)…

Analyse du rapport “Ukraine – Situation Report No 31″  de l’UNOCHA

Page 1 : “The humanitarian situation continues to worsen in eastern Ukraine, particularly in NGCAs, where access to benefits and services have been cut off since December 2014. This has drastically worsened the plight of people living there, seriously affecting access to basic services and food. This has been further aggravated by restrictions placed on the movement of people and goods. Travel restrictions imposed by the government of Ukraine have contributed to serious delays in the delivery of humanitarian aid, including medicines and medical equipment, to civilians in NGCAs of eastern Ukraine. The restrictions also seriously impede access to health care for civilians from NGCAs who need to use state-funded medical services available only in government-controlled areas”.

Les restrictions de mouvements sont bien dues aux actions du gouvernement. Donc, le gouvernement de Kiev, composé pour partie de néo-nazis, bloque l’aide humanitaire aux populations civiles de l’est. Ça s’appelle un crime de guerre.

Page 2 : “Overall, since the beginning of the conflict in mid-April 2014 at least 5,943 people were documented as killed and 15,309 as wounded in the conflict area”.

6000 morts (et spécifiquement des civils des zones rebelles de l’est de l’Ukraine). A noter que c’est le décompte officiel. D’autres sources parlent de 50 000 morts en tout (militaires et civils confondus).

Page 2 : “As of 11 March, the MoSP reports 1,133,728 registered IDPs across the country. According to UNHCR, the total number of Ukrainians who have sought asylum, residence permits or other forms of legal stay in neighboring countries now stands at 743,000, including 607,900 in Russia and 80,900 in Belarus”.

L’information sur les réfugiés illustre d’ailleurs assez bien qui est l’agresseur. Au total : 1 133 728 réfugiés (civils déplacés). 390 728 personnes, soit 34% du total, se sont réfugiées à l’intérieur du pays sans plus d’informations sur l’ethnie ou le lieu de refuge, ça peut être des “Ukrainiens-Ukrainiens” ou des “Ukrainiens-Russes”.

Quant aux réfugiés/déplacés hors d’Ukraine ( 66% des réfugiés, soit 743 000 personnes),  607900 ont demandé refuge en… Russie et 80900 en Biélorussie, pays totalement allié de la Russie. 607900 + 80900 = 688 800. Cela veut dire 92% des personnes ayant quitté l’Ukraine sont allées en Russie ou chez son allié biélorusse. 92%… On a du mal à imaginer des civils allant SE REFUGIER dans le pays agresseur…

Quand on voit, par exemple, la direction prise par l’exode des Français en 1940, c’était la fuite plutôt loin des frontières de l’Allemagne que vers l’Allemagne. A moins que tous ces Ukrainiens ne soient fous ? Pourquoi diable ne vont-ils pas se réfugier vers l’Europe, la liberté et la démocratie ? Une question sur laquelle on peut méditer longuement.

Et encore… ce sont les chiffres officiels de l’OCHA  reprenant les chiffres officiel ukrainiens (comme spécifié dans le document). Les Russes annoncent 1 200 000 réfugiés sur leur territoire (500 000 de plus – il s’agit des Ukrainiens de l’est qui avaient la double nationalité et qui dont n’ont pas à demander un statut de réfugié).

Mais bon, les chiffres officiels de l’ONU sont déjà assez parlant.

Page 2 : “In Dnepropetrovsk and Zaporizhzhia, authorities stated that the oblast will work as a ‘transit centre’ despite the fact that people are reluctant to move westwards in hopes of being able to return home, and amidst fear of not being accepted in view of cultural and linguistic challenges”.

Ah si, finalement, on a une indication sur l’origine ethnique des réfugiés qui se trouvent à l’intérieur de l’Ukraine (les 390 728) : ceux là donc ne veulent pas aller à l’ouest par peur des “incompréhension culturelle et linguistiques”… ça c’est dans le langage châtié des diplomates de l’ONU, en clair ces gens là ne veulent pas se faire massacrer à l’ouest du pays où se concentrent les néo-nazis (récemment ils avaient même voulu massacrer les supporters de Guingamp (sic!))

Bref, une bonne partie des réfugiés intérieur doit être “ukrainiens-russes”.

Page 2 : “The 15-member EDG team raised the issue of taxing humanitarian aid, payments of pensions and social benefits to people in non-government-controlled areas and IDPs, the need to lift restrictions on the movement of people and goods into areas beyond Government control, and the impact on civilians of the interruption of basic services and the banking system in these areas stressing the Government’s role as duty bearer towards all its citizens”.

Les humanitaires expliquent donc au gouvernement de Kiev que ce n’est pas bien gentil de bloquer les services de base, interdire les déplacements, taxer les retraites, les aides sociales des citoyens habitant dans les zones non contrôlées par le gouvernement de Kiev et que donc le rôle d’un gouvernement est de s’occuper de TOUS ces concitoyens. Quel beau gouvernement démocratique répondant aux standards européens et de l’UNHCR.

Page 2 :  ” The EDG appealed for additional funding for the Humanitarian Response Plan for 2015, which is currently just 15 per cent funded. (…) As of 14 March, donors funded or pledged USD 45 million to the Humanitarian Response Plan (HRP), or 15 percent of the USD 316 million required for 2015″.  

Donc seul 15% de l’aide humanitaire a été fournie aux réfugiés; Bon, comme ils sont principalement “Ukrainiens-Russes” ça n”est pas vraiment nécessaire.

Supposition gratuite : la pénurie en médicaments est telle que l’Ukraine les réserve à sa population en priorité…Ou ses forces armées… Ou encore, les fonds sont peut-être un peu détournés par les affairistes de Kiev ou utilisé pour des choses plus importantes comme financer la guerre dans l’est de l’Ukraine…

Page 2 :  “In total, between 20 February and 4 March, three convoys of in-kind assistance from the Russian Federation were reportedly sent to non-government controlled areas of Donetsk and Luhansk. OSCE reports the arrival of another convoy of in-kind assistance from the Russian Federation arrived on 13 March”

Qui fournit l’aide humanitaire aux habitants de l’est de l’Ukraine ? (“Humanitarian Response”). 4 convois humanitaire envoyés donc… par la Fédération de Russie. Drôle d’envahisseur quand même. Dans le document on trouve ensuite une liste terrifiante de besoins de base non couverts pour les populations de l’est de l’Ukraine. Tous les élément de ce rapport montrent une seule chose tragique : la guerre est menée par Kiev contre son propre territoire, y compris en visant les populations civiles, soit par des bombardement, soit en leur refusant le minimum vital. Cela s’appelle une guerre civile.

Il est inadmissible que des pays européens se réclamant des droits de l’homme s’abaissent encore à soutenir un tel gouvernement au cœur de l’Europe

• Les USA confiment avoir reporté le programme de formation de l’armée ukrainienne. Le commandant des forces américaines en Europe, le lieutenant général  Ben Hodges a officiellement confirmé mardi que l’armée américaine a reporté le programme pour la formation de l’armée ukrainienne  pour “laisser plus de temps” à la mise en oeuvre des accords de Minsk 2  (ria novosti)… Mais pas trop quand même ! 3 jours plus tard, donc après le vote de la loi sur le Donbass par la Rada le 17,  le Pentagone annonce qu’il envisage de commencer l’entrainement fin avril (rt, sputnik news)  Et dans le même temps, les USA continuent à “s’exercer” dans les pays proches de la Russie (Bulgarie : uatoday.tv,  Roumanie : usafe.af.mil et Pologne : defense.gov) et paradent avec leurs blindés dans toute l’Europe de l’Est (stripes.com)…

En ce qui concerne les “formateurs” anglais, ils n’ont pas dû recevoir l’avis des USA parce qu’ils sont déjà arrivés en Ukraine pour 2 mois, dans la ville de Mykolaiv… et qu’ils entraineront l’armée régulière pour deux mois ! Tout faux les anglais (novorossia.today, sputnik news) !

• Les Russes déploient, pour des exercices aussi, des bombardiers stratégiques armés de missiles de croisière anti-navires en Crimée (lenta.ru/, wikipedia) et forment des unités capales de se déployer en 24 heures (fortruss)…

• Petite remarque en passant. La Russie a inventé un nouveau sport il y a deux ans : le biathlon en char de combat (wikipedia, sputnik news, dailymotion) et où il sont champions du monde… Réfléchissons… Les USA, les pays baltes, la Pologne et Donald 1er veulent que l’Europe s’engage militairement en l’Ukraine pour se battre au final contre un pays qui considère le char de combat comme un sport… et dans lequel ils sont doués ! Perso, je ne la sens pas trop la compet’…

• Premier anniversaire du référendum en Crimée (sputnik newsyoutube)

 

• Marche annuelle des vétérans de la légion des Waffen SS lettons dans le centre de Riga (vz, russia insider, youtube)

• Humour russe : La 4eme conférence mondiale sur la sécurité internationale  se tiendra à Moscou à l’hôtel Ukraine les 16 et 17 avril 2015 (eng.mil.ru/)

Mardi 17 mars 2015

• Torpillage des accords de Minsk 2 par le parlement ukrainien.  La Rada a adopté le mardi 17 mars une nouvelle loi sur le statut du  Donbass (en fait des amendements à la précédente loi jamais appliquée).  Cette loi devrait représenter le  début du volet politique des accords de Minsk (point 4), volet qui vient d’être torpillé par l’Ukraine avec l’assentiment tacite sinon l’encouragement des occidendaux (fortruss, sputnik news).  Les amendements à la loi sur le statut spécial du Donbass (vôtée en 2014 mais jamais appliquée) sont totalement en opposition  avec l’esprit de Minsk. Une analyse détaillée a été efectuée par le  journal Vzgliad (vz) et une autre par Regnum (regnum). En gros, l’Ukraine refuse d’appliquer le volet politique des accords de Minsk 2 exactement comme en septembre 2014 avec les accords de Minsk 1. Ce qui implique donc que la guerre va reprendre…

L’Ukraine  ne reconnait  pas la réalité de la guerre civile (mais une invasion russe), elle ne reconnait pas  les novorusses comme un belligérant (et donc n’a rien à discuter avec  eux). Les  milices novorusses ne sont donc pas, de facto, des formations militaires reconnues et donc devraient, selon le point 10 et selon l’interprétation de l’Ukraine, être dissoutes. De plus, cerise sur le  gâteau, l’Ukraine ne reconnait pas la perte de la région de Debaltsevo et d’autres localités et ne les inclue pas dans la zone à statut spécial (vz, fortruss, kyiv post).

Le Ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a accusé Kiev s’éloigner fortement des accords de Minsk (vz) et a appelé l’Allemagne et la France à accomplir une  démarche auprès du gouvernement ukrainien (vz, rt, youtube). La  DNR et la LNR ont publié une déclaration commune (colonel cassad) selon laquelle aucun accord ne sera possible avec Kiev tant que les décisions du mardi 17 mars 2015  de la Rada et de Porochenko ne seront pas révisées (vz). Andreï Pourguine, le Président du Conseil populaire de la DNR (vz) et  Denis Pushilin, le représentant officiel de la DPR dans le groupe trilatéral de contact de Minsk (novorossia.today) ont également acté  que Kiev tourne le dos aux accords de Minsk.

Deux jours plus tard, les USA approuvent la loi votée par la Rada (sputnik news). On attend toujours la réaction de la France et de l’Allemagne, parties prenantes des accords de Minsk…

Petit tour dans la tête de Porochenko… (youtube)

• Porochenko, qui se sent chaud bouillant, envisage de déclencher une guerre contre la Russie ! Lors d’une entrevue avec son homologue roumain, Porochenko envisage d’intervenir pour rattacher la république sessésionniste de Transnistrie (wikipedia, novorossia.today, novorossia) à la Moldavie. Petit problème, il y a des troupes russes stationnées en Transnistrie fortruss) Donc attaquer la Transnistrie, c’est déclencher une guerre contre la Russie… Comme l’Ukraine n’arrive pas à faire intervenir la Russie à l’est du pays, elle va essayer de la faire intervenir à l’ouest, histoire d’avoir “sa” guerre contre la Russie…

La Transnistrie lui répond par une lettre (fortruss) qui revient en termes non diplomatiques à lui dire de “s’occuper de ses oignons” :

We, the residents of Transnistria, were  quite surprised by the manifested concern for the restoration of the  historic state borders from Petro Poroshenko and, in turn, intend to  express consent, provided, however, that Ukraine will return to its  historical homeland, that is, to Russia, to restore the territorial  integrity of the Russian lands. What actually Your citizens of Ukraine  have been demanding for more than a year. 

Dear Mr. Poroshenko, we’re surprised  that You started with the integration of foreign states, not starting  with your own. In order to show us an example of how to come to terms  with your historical homeland, now You just must demonstrate on your own  example and restore the historic injustice of the collapse of the Great  Union, the nuclear super-power. 

In case You deny Russia to return its  rightfully Russian land, then we will be forced to refuse You, too,  because if You do not find the strength to return home, then what right  do You have to return us somewhere? 

Sincerely we hope that You come to your  senses and integrate into the Russian Federation, where people will  start to live normally and not like now – only existing and surviving. 

With respect, the residents of Transnistria.

Coïncidence ? L’OTAN va ouvrir une représentation en Moldavie ce printemps (rt). Pas de doute, certains à Washington veulent vraiment leur guerre avec la Russie…

• Un peu de poésie dans de monde de brutes…  Voici, pour ceux qui ne parlent pas le russe, la traduction du poème de Pouchkine “A ceux qui calomnient la Russie” (16 août 1831) par Louis Martinez dans l’édition de poche Poésie/Gallimard des poésies de Pouchkine (pp 151,152). Ce  poème répondait à des discours à l’Assemblée nationale française,  notamment de La Fayette, demandant une intervention militaire en  faveur des Polonais soulevés. Finalement les think tanks de M. Soros and Co n’ont rien inventé…

Pourquoi tout ce tumulte, oracles des nations ?
Et pourquoi contre nous fulminer l’anathème ?
D’où cette indignation ? Les troubles de Pologne ?
C’est un débat qui seul touche les Slaves.
Vieux litige qu’arbitre un destin familial :
Il ne vous revient pas de trancher la question.
De tout temps, ces tribus
   ont guerroyé entre elles
   et maintes fois dans l’orage
   l’une ou l’autre a chaviré.
Qui sortira vainqueur de la lutte inégale
Du fanfaron Polaque ou du Russe loyal ?
- Vous fondrez vous, ruisseaux slaves, dans la mer russe ?
- Mer, te tariras-tu ? C’est toute la question.
Laissez nous. Vous n’avez pas lu
nos annales ensanglantées.
Cette querelle de famille
est étrangère à votre esprit
   et muets pour vous le Kremlin et Praga (1).
   Vous vous laissez absurdement séduire
   par les héros d’un combat sans espoir
   et surtout vous nous haïssez…
   Mais pourquoi ? Répondez : serait-ce d’aventure
parce que dans les murs de Moscou incendié
   nous n’avons pas plié sous l’impudent vouloir
   de celui qui vous faisait trembler ?
   Parce que nous avons fait descendre dans l’abîme
l’idole qui pesait sur la tête des rois ?
   Rachetant de tout notre sang
   l’honneur, la liberté et la paix de l’Europe ?
Terribles orateurs, eh bien, passez aux actes !
Nos guerriers d’Izmaïl (2) auraient-il oublié
l’art de visser leurs baïonettes ?
Croyez-vous sans effet la parole du tsar ?
   N’avons-nous pas déjà lutté contre l’Europe ?
   Le Russe a-t-il perdu l’habitude de vaincre ?
Manquerions-nous de bras ? de Perm à la Tauride,
Des ardeurs de Colchide aux froids rochers finnois,
   du Kremlin naguère ébranlé
   aux murs de la Chine immuable,
   ne verra-t-on pas se lever
   la Russie, hérissée d’acier ?
   Envoyez-nous, fiers orateurs,
   vos enfants aveuglés de rage :
   les plaines de Russie leur assignent leur place
   près des tombeaux où gisent leurs aînés.

 

(1) Praga est un faubourg de Varsovie sur la rive droite de la Vistule dont la population avait eu à souffrir de l’armée russe lors de la répression de l’insurrection de 1794.

(2) Izmaïl était une place forte turque à l’embouchure du Danube qui a été prise par les Russes en 1770, 1790 et 1809.

(notes résumées de l’édition Gallimard).

• En image, cela donne ça…

• L’Ukraine met fin aux accords de facilitation de passage de frontière entre l’Ukraine et la Russie. A présent, il faudra un passeport et sans doute un visa pour franchir la frontière (russia insider). Les populations frontalières apprécieront…

Mercredi 18 mars 2015

• Premier anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. A cette occasion, je vous soumets deux documents : le discours de Poutine lors du rattachement et un documentaire russe sur les événements ayant conduit au référendum et au rattachement (monavista.ru). Information connexe, la Crimée a signé ses 2 premiers contrats d’investissement pour un montant de 30 millions USD et plus de 200 contrats seraient à l’étude (fortruss). Poutine a déclaré que le pont enjambant le détroit du Kerch pout relier la Crimée à la Russie devrait être construit le plus tôt possible (fortruss).

Reconstitution des évènements qui ont conduit à la réunification de la Crimée avec la Russie -15 mars 2015. Récits de Poutine, Choïgu et autres personnalités. Malheureusement il n’existe qu’en version russe pour l’instant (sputnik newsmonavista.ruyoutube). Avec 4 722 385 vues sur Youtube en une semaine… Analyse de De Defensa sur le rattachement de la Crimée et ce documentaire  (de defensa).

Interview de Poutine sur ce documentaire - 18 mars 2015 (soundcloud)

Allocution de Poutine sur le rattachement de la Crimée – 18 mars 2014 (youtube)

• Conférence de presse du leader de la résistance à Kharkov (video youtube, transcript anglais fortruss)

• Liste nominative des pertes humaines dans les forces armées ukrainiennes. Le Comité des Mères de Soldats a établi une liste des pertes (materi.com.ua via fortruss). Selon leurs données au total il y aurait 6305 morts, 1454 blessés et 2520 portés manquants (disparus ou déserteurs).

• Parallèle entre l’Allemagne nazie et l’Ukraine de Porochenko. Comme durant la seconde guerre mondiale, l’armée régulière perd la confiance du gouvernement après de lourdes défaites. De plus la motivation et la qualité de cette armée, alimentée en hommes par des vagues de mobilisation forcée de moins en moins efficace, sont de plus en plus faibles. En ce qui  concerne la dernière vague de mobilisation, 70% des appelés fuient l’incorporation et sur les 30% incorporés, le tiers déclare vouloir se rendre à la première occasion (fortruss) !

Ce qui conduit le gouvernement à s’appuyer de plus en plus sur des formations de volontaires politisés. Pour Hitler c’était les divisions SS, pour Porochenko, ce sont les bataillons de la Garde Nationale. Porochenko vient de décréter un jour de “célébration de la Garde Nationale” pour “Compte tenu de l’importance et le rôle de la Garde Nationale de  l’Ukraine dans les tâches pour assurer la sécurité publique et la  défense de l’Etat, la protection et la préservation de la vie, les  droits, les libertés et les intérêts légitimes des citoyens,…” Cette journée sera célébrée chaque année le 26 Mars (ru.tsn.ua). Les résidents du Donbass apprécieront…

Rappelons que l’entrainement des forces armées d’Ukraine par les USA (entrainement reporté) ne concernait que la Garde Nationale et que celle-ci a reçu de nouveaux chars de combat début mars (auto.tsn.ua)… Exactement comme pour les divisions SS qui disposaient du meilleur matériel et du meilleur entrainement…

Jeudi 19 mars 2015

• La Russie  a convoqué une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies à huis clos sur la question de l’échec des accords de Minsk 2 (ria novosti)

• Les pays baltes en pleine paranoia. Le ministère  de l’Intérieur de Letonnie prépare son “guide en cas d’attaque” conseillant par exempe aux habitants “de se munir de haches”  et de surveiller la ligne côtière pour repérer des opération de débarquement ennemies ou encore de préparer un sac de  survie contenant de l’argent, des papiers d’identité, une carte  bancaire, un téléphone portable de réserve, une hache, un poste radio,  un couteau, des médicaments, des vivres et d’autres produits de première  nécessité (sputnik news).

La Lithuanie, qui vient de réintroduire la conscription, engagera dans l’armée les chômeurs et les détenus… Le journal Vzgliad rappelle aussi les événements du 18 mars à Vilnius lors du passage d’un train de conscrits russes allant vers Kaliningrad ; la gare avait été cernée par la police et des militaires qui pensaient avoir à faire à une invasion (vz, sputnik news).

• Continuité de l’offensive du gouvernement ukrainien contre Kolomoïski. Il  est cette fois question du contrôle de l’entreprise Ukrtransnafta qui gère pas moins que tous les oléoducs et gazoducs du pays, donc du lourd (sputnik news) ! . Déclaration de Kolomoïski selon lesquelles un proche de  Porochenko, Kononenko, l’a évincé (en remplaçant l’ancien directeur proche de Kilomoïski) de la direction de Uktransnafta.  L’oligarque s’en prend aussi au journaliste qui avait sorti l’histoire de sa triple nationalité (israélien, chypriote et ukrainien) (vz, lb.ua, youtube, gordonua.com, colonel cassad). Le tout assorti d’un tombereau d’insultes particulièrement salées (selon les journaux)…

Il a pas l’air content, Kolomoïski  (youtube)

Vzgliad fait une longue synthèse des événements lors de la “descente” de Kolomoïski dans les bureaux d’Ukrtransnafta (vz). Cela sent de plus en plus mauvais pour l’oligarque. La police a placé les bureaux de Uktransnafta sous protection (unian, dnr-news). Porochenko a infligé un blâme à Kolomoïski “pour violation des règles d’éthique professionnelle” et comportement qui le déshonore en tant que fonctionnaire d’Etat. Il s’est même fendu d’un décret pour ce faire (ria novosti, dnr-news) et enfin  des renforts de gardes nationaux ont été envoyés dans la région de Dnepropetrovsk (dont Kolomoïski est gouverneur) pour “prévenir des émeutes” (unian). Les journaux ukrainiens se demandent si Kolomoïski va conserver encore longtemps son poste de gouverneur de Dnepropetrovsk…

• Interview de Porochenko à Euronews sur sa “confiance” dans l’UE (euronews). Le lendemain, l’Ukraine interdit Euronews dans le pays (tass, sputnik news, korrespondent.net, pravda.ru, slon.ru). A cela 4 raisons possibles selon les journaux :  l’Ukraine est décue de la position de l’UE, cela lui permettrait de ne pas payer une dette vis à vis d’Euronews,  l’Ukraine n’arrive pas à influencer le contenu de la version ukrainienne d’Euronews et enfin la rédaction ukrainienne à Lyon serait composée de journalistes pro-Yanoukovitch…

Vendredi 20 mars 2015

• Petit état de la dette d’état ukrainienne. Une part conséquente (environ 20%) de la dette souveraine (7 milliards USD) a été rachetée par le fonds d’investissement américain Franklin Tempelton pour le compte de la  famille  Rothschild (histoire d’avoir une minorité de véto sur les décisions de restructuration). Le gouvernement russe est le deuxième détenteur en valeur avec 3 milliards USD. (bloomberg, reuters, fortruss, mignews).

Chants patriotiques et prières : les armes secrètes de l’Ukraine… Vu le contexte économique et militaire sans oublier  la paranoia des services de sécurité (les “conseillers” de l’OTAN en Ukraine se plaignent même d’être considérés comme des espions… gazeta.zn.ua), je ne vois plus que ça comme solution pour Kiev… Le ministre de la politique d’information (lire “ministre de la Vérité”), Youri Stets, a expliqué à ses compatriotes comment gagner la guerre de l’information: prière au lever et hymne national au coucher (politnews.net).

• A Marioupol, contrôlée par le bataillon Azov, la population vit dans la terreur des arrestations arbitraires dans une ville ou un tiers soutient Kiev, un tiers les novorusses et un autre tiers reste neutre (russia insider, youtube). Faute de gagner les coeurs, la mairie de Marioupol va saturer les oreilles en installant des hauts parleurs qui diffuseront des chants patriotiques, tous les jours a midi (marsovet.org.ua) et bien sûr, chants obligatoires pour les enfants marsovet.org.ua)…

• Les allemands combattant du côté de l’armée ukrainienne (en clair des allemands nazis) seront automatiquement déchus de leur nationalité allemande. C’est ce que Wolfgang Bosbach, président de la  commission parlementaire allemande de l’Intérieur, a déclaré. Le cas serait différent pour un allemand combattant du côté des novorusses en raison du “statut juridique flou des  républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk” (sputnik news). En clair également, il est permis pour un allemand de se battre contre des nazis… Ce qui en soi est une bonne nouvelle !

• Début de discussions tripartite (Russie, Ukraine, UE) sur le gaz à Bruxelles rassemblant le ministre russe de l’énergie Alexander Novak, le ministre ukrainien de l’énergie et de l’industrie du charbon Vladimir Demchishin et le vice president de la Commission Européenne de l’énergie Maros Sefcovic (kyiv post, russia insider.). Il n’y a pas a priori grand chose à attendre de ces discussions. L’Ukraine croit au père Noel et demande de payer le gaz russe moins cher et de faire payer la Russie 30% de plus pour le transit du gaz vers l’UE (sputnik news)… La Russie explique gentiment que c’est niet ! Le contrat en cours est signé jusqu’en 2019 et il n’est pas question de le renégocier (sputnik news). Et moins gentiment, via la Turquie avec laquelle la Russie va construire le remplaçant de South Stream au plus vite (sputnik news)… En effet, la Turquie vient d’interdire le passage de navires transportant du Gaz Liquéfié (GNL) par le Bosphore, ce qui implique que les USA ne pourront pas approvisionner (c’est à dire vendre) du GNL à l’Ukraine par cette route (tass). L’Ukraine est donc bel et bien pour l’instant totalement  dépendante de la Russie pour son approvisionnement en gaz même si elle essaye de se fournir en Europe, via la Hongrie par exemple (sputnik news ). Et quand le Turkish Stream sera opérationnel, dans un an ou deux, l’Ukraine perdra tout moyen de pression géopolitique que lui procure pour l’instant son statut de pays de transit du gaz russe vers l’Europe.

Samedi 21 mars 2015

• Nouvel épisode de la série documentaire Roses have Thorns sur la crise Ukrainienne : Part 15 – The Fall of Slavyansk (June 29 – July 7, 2014) (youtube)

• La Russie déclare qu’elle ne permettra jamais une révision des accords de Minsk 2 (sputnik news). En termes diplomatiques, “jamais” veut dire “plus de négociations”… “Nothing will be rewritten. The Minsk agreements are the result  of 17-hour-long talks. The documents were signed by representatives  of Kiev, Luhansk and Donetsk with the participation of Russia and the  OSCE [Organization for Security and Co-operation in Europe].They have  been unanimously approved by the UN Security Council” a déclaré Lavrov. La Russie ne menace pas, elle agit. Aussi faut-il voir cette déclaration comme un (ultime ?) avertissement avant une réaction russe.

• Sondage de la population en Ukraine réalisé entre le 6 et le 16 mars 2015 (peremogi, rb.com.ua,ria novosti, communiqué de presse en russe rb.com.ua, présentation en russe rb.com.ua)

Evolution de la situation de septembre 2014 à mars 2015 (page 2  rb.com.ua)

Détérioration de la situation (В целом в не правильном) : 48% (+12% par rapport à septembre 2014)

Amélioration de certains secteurs et détérioration d’autres (В чем-то в правильном, а в чем-то – нет (з/о)) : 44% (-4% par rapport à septembre 2014)

Amélioration de la situation (В целом в правильном) : 8% (-8% par rapport à septembre 2014)

Evolution de la stabilité politique de août 2009 à mars 2015 (page 3  rb.com.ua)

Situation instable (В целом нестабильная) : 79% (-11% par rapport à août 2009, -8% par rapport à septembre 2014)

Situation stable (В целом стабильная) : 16% (+7% par rapport à août 2009, +6% par rapport à septembre 2014)

Aucune stabilité (Насколько стабильная, настолько и нет (з/о)) : 5% (+4% par rapport à août 2009, +2% par rapport à septembre 2014)

Le soutien au gouvernement (page 4  rb.com.ua)

13% de la population soutiennent le régime (Поддержка), 8% le respectent (Уважение), 12% sont indifférents (Безразличие) 56% se mefient du régime (Недоверие), 13% le haissent (Ненависть) et 13% ne se prononcent pas (Затруднились ответить).

La confiance dans les institutions (page 5  rb.com.ua)

Eglise (Церковь) : Font confiance 62%, Ne font pas confiance 24%, Ne se prononcent pas 14%

Armée (Армия) : Font confiance 57%, Ne font pas confiance 34%, Ne se prononcent pas 9%

Organismes publics et bénévoles (Общественные, волонтерские организации) : Font confiance 57%, Ne font pas confiance 34%, Ne se prononcent pas 9%

Medias (СМИ) : Font confiance 32%, Ne font pas confiance 58%, Ne se prononcent pas 10%

Partis politiques (Политические партии) : Font confiance 8%, Ne font pas confiance 81%, Ne se prononcent pas 11%

Approbation de l’action politique (page 6  rb.com.ua)

Président  Porochenko (Президент Украины П. Порошенко) : 33% approuvent son action, 57,6% désapprouvent, 9,3% ne se prononcent pas

Premier ministre  Iatseniouk (Премьер-министр Украины А. Яценюк) : 23,5% approuvent son action, 68,1% désapprouvent, 8,4% ne se prononcent pas

Président du parlement Vladimir Groisman (Председатель ВР Украины В. Гройсман) : 22,7% approuvent son action, 61,6% désapprouvent, 15,7% ne se prononcent pas

Intentions de vote aux législatives par région (Запад : Ouest, Центр : Centre, Юг : Sud, Восток : Est) et en global (УКРАИНА В ЦЕЛОМ) (page 7   rb.com.ua)

Bloc Petro Porochenko (Блок Петра Порошенко) 13,2 %

Association “SAMOPOMICH” (Объединение “САМОПОМИЧ”) (wikipedia) 8%

Parti Radical O. Liachko (Радикальная партия О. Ляшко) 5,7%

Patrie (ВО “Батькивщина”) 5,6%

Bloc de l’opposition (Оппозиционный блок) 5,3% (0,7% dans l’ouest, 14,7% dans l’est)

Secteur Droit (Правый сектор) 4,4%

Svoboda (ВО “Свобода”) 2,7%

Front Populaire (Народный фронт) 2,5%

Autres (Другие) 5,4%

Abstention (Не пойдут на выборы) 23,1% (31,7% dans l’est)

Ne se prononcent pas (Затруднились ответить) 24,1% (26,9% dans le sud)

Evolution des principaux partis politiques de septembre 2014 à mars 2015  (page 8  rb.com.ua)

Bloc Petro Porochenko (Блок Петра Порошенко) : 13,2 % (-14,2% par rapport à septembre 2014)

Association “SAMOPOMICH” (Объединение “САМОПОМИЧ”) : 8 % (+6% par rapport à septembre 2014)

Parti Radical O. Liachko (Радикальная партия О. Ляшко)  : 5,7 % (-1,6% par rapport à septembre 2014)

Patrie (ВО “Батькивщина”) : 5,6% (-1,1% par rapport à septembre 2014)

Bloc de l’opposition (Оппозиционный блок) : 5,3% (+3,8% par rapport à septembre 2014)

Secteur Droit (Правый сектор) : 4,4% (+2,9% par rapport à septembre 2014)

Front Populaire (Народный фронт) : 2,5% (-4,1% par rapport à septembre 2014) avec un pic à 19,8% en novembre 2014)

Intentions de vote aux présidentielles par région (Запад : Ouest, Центр : Centre, Юг : Sud, Восток : Est) et en global (УКРАИНА В ЦЕЛОМ) (page 9   rb.com.ua)

Porochenko est toujours largement en tête avec 19,2% en global, suivi de loin par Timochenko 5,3%, Liachko (О. Ляшко) 5% (wikipedia), Hrytsenko (А. Гриценко) 4,2 % (wikipedia), Tyahnybok (О. Тягнибок) 2,5% (wikipedia), Tihipko 2,1 % (wikipedia) et  Iatseniouk 1,7%. les autres personnalités (Другие) regroupent 6,3% des  intentions de vote.  A noter que 10,1% des sondés sont contre toutes les  personnes citées (Против всех), 20,1 % n’iraient pas voter (Не пошли бы  на выборы) et 23,9% ne se prononcent pas (Затруднились ответить).

Evolution de l’opération “anti terroriste” dans le Donbass (page 10  rb.com.ua)

Amélioration : 47% (-7% par rapport à septembre 2014)

Détérioration : 39% (+1% par rapport à septembre 2014)

Sans opinion : 14% (+6% par rapport à septembre 2014)

Quelle option pour la crise dans le Donbass ?  (page 11  rb.com.ua)

Option militaire (Силовой вариант наведения порядка властью) : 24% (+3% par rapport à septembre 2014)

Option politique (Достижение компромисса путем переговоров) : 66% (-4% par rapport à septembre 2014)

Sans opinion : 10% (+1% par rapport à septembre 2014)

Quelle évolution de la crise dans les six mois à venir ?  (page 12   rb.com.ua)

Escalade militaire du conflit et extension des zones de combat (Дальнейшая эскалация конфликта, расширение его территории) : 18%

Cessation progressive des hostilités et gel de la situation (Постепенное прекращение активных боевых действий и замораживание конфликта) : 36%

Réglement pacifique du conflit (Начало процесса мирного урегулирования конфликта) : 31%

Sans opinion : 16%

L’avenir du Donbass (page 13  rb.com.ua)

48% de la population voit l’avenir du Donbass comme une région de l’Ukraine (В составе единой Украины), 22% ne se prononcent pas (Затруднились ответить), 20 % voit l’avenir du Donbass en tant que républiques indépendantes (Независимая республика / республики) et 10% voit le Donbass réunifié à la Russie.

Application de l’accord de Minsk 2  (page 14   rb.com.ua)

Pour 65% de la population l’accord ne sera pas appliqué contre 14% pour le oui. 3% de la population ne sait pas et 18% est sans opinion

• Forum  USA UE Russie à Bruxelles : “Zero-Sum? Russia, Power Politics, and the post-Cold War Era” (youtube)

Participants : Secrétaire général OTAN Jens Stoltenberg, Représentante de l’UE Federica Mogherini, Assistant Secretary of State Victoria Nuland et Chairman of Russia’s  Federation Council Committee on International Affairs et Konstantin Kosachev, Président de la commission des affaires étrangères du conseil de la fédération de Russie. Modérateur : David Ignatius, associate editor du Washington Post… Donc plutôt des faucons pur rapace pour l’ouest et un ours coriace à l’est…

Petits morceaux choisis des répliques de Konstantin Kosachev à ses interlocuteurs:

13 min 50 : “Il faut arrêter de parler de Poutine, mais parler des Russes et de la Russie qu’il représente”

19 min 00 : “Depuis le début nous essayons de dialoguer avec l’Europe de l’Ukraine, de résoudre les problèmes et de prépare l’avenir”

27 min 54 : “Kiev n’a jamais essayé de négocier avec les séparatistes, je ne peux pas m’exprimer en leur nom”

33 min 42 : “Que ferait l’OTAN si un de ses pays membres se disait cyber attaqué par la russie ? vous bombarderiez ? ou vous cyber attaqueriez ? la non transparence de l’OTAN dans ce domaine nous pertube”

41 min 30 : “Ce qui est bon pour l’OTAN n’est pas forcément bon pour l’Europe, la Russie est sytématiquement exclu du dialogue sur l’avenir de l’Europe”

45 min 35 : “4 pays ont ratifié le traité de Non Prolifération CFE ??? Russie, Ukraine, Bielorussie, Kazakhstan mais aucun pays de l’OTAN”

56 min 36 : “Les avions de l’OTAN non plus n’allument pas leur transpondeur a bord, pourriez vous affirmer le contraire ? Jens Stoltenberg : je l’affirme “

59 min 48 : “Nous sommes dans une relation parfaite avec la Chine”

Sans oublier les deux questions de personnes dans l’audience à partir de 1h07mn15 : “L’europe a déstabilisé le Moyen-Orient, la Syrie, la Libye, peut-elle se permettre de faire pareil en Russie ?” et “La Russie a commencé la crise avec l’Ukraine en 2013 non pas parce qu’elle allait signer un accord avec l’OTAN mais parce qu’elle négociait avec l’Europe, aussi je voudrais demander a Jens Stoltenberg et Federica Mogherini si la porte reste ouverte à d’autres pays pour l’OTAN”

Dimanche 22 mars 2015

• Affrontement Kolomoïski Porochenko suite (et fin ?). Taquin, Kolomoïski aurait fait bloquer tous les comptes de Porochenko dans la banque Privatbank (privatbank.ua, wikipedia) qui est la plus grande banque d’Ukraine et qui appartient à Kolomoïski  (dnr-news). Selon Vzgliad, les journaux ukrainiens écrivent que les comptes de Porochenko dans la banque de Kolomoïski sont bloqués à cause d’un “problème technique”. Vzgliad relève que cet incident est  survenu après la condamnation par Porochenko des agissements de Kolomoïski dans les bureaux de Oukrtransnaft. Selon des estimations, le montant des fonds de Porochenko dans la banque de Kolomoïski pourrait être de 50 millions de dollars (vz). Une analyse de l”opposition entre Porochenko et Kolomoïski par Oleg Tsarev  (sputnik news).  Dernier rebondissement dans cet affrontement. Kolomoiski se serait barricadé avec une dizaine d’hommes dans les bureaux de Ourktransnafta à Kiev (sputnik news).

• La DNR (République de Donetsk) met en place un système multidevise comprenant la Hryvnia, le Rouble, le Dollar et l’Euro (colonel cassad).

• Petit moment de culture. L’histoire de l’Ukraine vue sous différents angles

Short History of Ukraine. Oles’ Buzina 23.12.2014 | Eng. Subs (youtube)

Ukraine – The Birth of a Nation (2013)  Part 1 of 4  From Rus to Ukraine  (youtube)

Ukraine – The Birth of a Nation (2013)  Part 2 of 4  Ukraine or Little Russia?   (youtube)

Ukraine – The Birth of a Nation (2013)  Part 3 of 4  Together Forever (youtube)

Ukraine – The Birth of a Nation (2013)  Part 4 of 4  Independence (youtube)

Source: http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-25-03-15/